samedi 1 août 2015

Une pensée, comme ça, pour le japon...

Jour 12...

Juste en face de moi, dans cette magnifique cabane que ma femme a loué, je vois une image avec une montgolfière, des fleurs de cerisiers et un immeuble et des symboles, je suppose japonais.
Nous sommes dans un tout petit hameau nommé Camrose. Non loin de là, à deux kilomètres et quelques se trouve une free-house où j'ai goûté le cidre « dry » de Camrose, un truc plutôt pas pour les fillettes mais avec un vrai arôme de pommes un peu pourries qui titre assez sévère (7 degrés). Et tranquillement installé sur la petite table de la cuisine, vient ensuite un cidre nommé le Black Dragon (un cidre gallois du crû également) mais en « médium dry » seulement (c'est-à-dire plus sucré, mais avec un taux d'alcool supérieur à ce qu'on a en France). Je lui trouve un peu de vanille, de pomme passée et d'orange à l'odeur et un excellent goût, bien plus facile que le «  dry » qui n'est pas pour les fillettes (mais que j'aime aussi, j'aime tenter l'âpreté).
Je pense, je ne sais pas pourquoi, que cette journée fut la meilleure.
Elle a commencé par un excellent petit-déjeuner avec le fabuleux lait de la ferme, les œufs de la ferme et même un bout de boudin noir fait avec le sang de cochon de la ferme (ils mettent un peu d'avoine dedans, mais de toutes les manières, c'est quelque chose). La fermière nous a invités à regarder la traite des vaches et ce fut une expérience, en effet, de voir cette concession à la technologie tout en gardant un côté finalement humain à la chose. Nous nous sommes rendus ensuit au hameau de Nevern, avec une très jolie croix celtique décorée de quatre côtés, une croix gravée dans la roche (la croix du pèlerin, là depuis des nombreux siècles et objet certain d'un culte de fidèles), un if nommé le « blooding yew » dont un tout petit bout a rejoint mon sac médecine et les ruines d'un vieux château... Nous avons ensuite visité deux incroyables chambres funéraires avec une pierre très lourde soutenue par trois (ou deux pour la deuxième chambre) pierres dans un équilibre assez incroyable, à se demander comment c'est possible. J'ai des photos pour montrer sur quoi tiennent seize tonnes et c'est à la limite du pas croyable.
Nous nous sommes rendus ensuite à Cwym-yr-Eglwys, un tout petit peu avant Fishguard pour prendre une claque avec la vue qu'on a de la baie, la balade piétonne sur les bords de falaise qu'on a arrêtée au moment où on a vu deux dauphins, les falaises en ardoises dont j'ai prélevé un petit bout pour faire sous-bock. Et je ne mentionne même pas les fleurs, magnifiques, entretenues par les habitants du village avec des parfums tous plus entêtants.
Nous avons échoué pour manger à midi (plutôt près de quatorze heures) à Fishguard qui se meurt en son sommet et qui ne doit vivre que vers le bas (où le ferry peut être pris pour aller en Irlande)... Nous avons décidé de manger dans une petite boulangerie locale où ma méconnaissance du gaélique m'a fait commander une sorte de soupe avec des morceaux de mouton en plus d'un toast fromage oignon.
J'ai une tendresse dans cette ville pour le petit commerce de fruits et légumes et de quelques produits bios où nous avons fait quelques achats plutôt que de passer à l'enseigne de supermarché local.
Après une très longue matinée, nous avons filé vers Camrose, non loin d'Harverfordwest, pour étendre notre linge encore un peu mouillé, profiter de notre plus belle location, visiter le hameau, avant de découvrir Haverfordwest qui ne doit valoir que pour son musée et en partie son château. J'ai tenu à m'arrêter dans une free house à deux kilomètres et demi d'ici et grâce à quelqu'un du crû j'ai goûté un cidre local (ils sont en plein cider festival dans le pays de Galles en ce moment). On s'est bien marrés ma femme et moi, on a joué au steven stud pendant que j'encaissais le Camrose... J'adore les pubs familiaux avec la table de billard dans un coin. Là, on avait le droit à la télévision qui diffusait un Indiana Jones...
Pause.
Tu sais quoi esprit de l'aventure ?
Je pourrais tout de suite, là, nommer les personnes qui comptent le plus : Jenny (théâtre), Stéphane (théâtre que j'adore), Hervé et Anne-Cécile (avec qui on a pas joué depuis un moment), Jérôme et Cécile (pas vus aussi depuis un moment), Bruno et Sandrine, Jean-Claude, Fabrice (le plus vieux pote français), Eric (si loin en Tasmanie, avec ses copains Allan et Steve), Aurèle (c'te p'tit bâtard qui est parti et qui me manque), Johan qui a arrête le théâtre cette dernière saison et qui me manque (tout comme Cécilia), Aurore (pour ce qui risque d'être ma plus forte expérience théâtrale si les choses se mettent en place) et plus encore.
Ouais. En face de ce tableau, qui me rappelle mon envie d'aller au Japon, je pense à l'essentiel, à cette journée, aux magnifiques images aperçues, aux deux accidents évités, aux dauphins, au cidre excellent qu'ils savent finalement faire ici, à la vie, au nécessaire besoin de l'art pour élever l'âme (et il va falloir que je me renseigne sur l'auteur dont j'ai ouvert le livre au hasard en faisant de la bibliomancie et dont les mots disaient en gros d'ouvrir encore plus son imagination)...
Et j'oublie tout ce qui fait chier mon bon, et dont je n'ai même pas envie de causer.
Demain est un autre jour, que j'espère aussi bon.
Je ne sais pas si on pourra être une partie de la journée quasi uniquement en tee-shirt, je ne sais pas si la journée sera encore plus forte qu'aujourd'hui. Mais c'est ça qui fait vibrer, n'est-ce pas ?
Un jour, j'irai au Japon...
Et en Nouvelle Zélande.
Et encore au Canada. Et en Australie.
Mais avant tout, je sais quel sera le prochain sujet de ce que j'ai envie d'écrire...
Mais chut.
J'ai un truc à relire, un truc vieux d'un an et demi à corriger et un truc à écrire au retour des vacances.
Japon.
Oui, mon vieil esprit de l'aventure. C'est peut-être là-bas que j'attendrai un autre de mes centres de l'univers. J'ai pris une telle claque dans le jardin japonais du Golden Gate Park qu'il doit y avoir quelque chose encore de plus grand qui m'appelle là-bas :)


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