dimanche 31 août 2014

Le rangement continue...

http://www.lapagedujour.net/aout2014/trenteetunaout2014.htm

Le blues aussi un peu.
Mais bon.
Le virus de ma p'tite femme, je dois l'avoir parce que j'ai la nausée et que mes boyaux ils ont pas été normaux.
Ceci dit, quand tu fais ta merde au sens figuré après l'avoir fait au (pas) propre, tu prends sur toi de profiter enfin d'une offre que t'as prise à la télé et que tu n'as pas encore regardée.
Eh ben OCS, c'est bien.
Trois bonnes séries découvertes, cong...
Black sails, the leftovers et Ugly Betty.

samedi 30 août 2014

Hu.

http://www.lapagedujour.net/aout2014/trenteaout2014.htm

Ca pourrait résumer toute la journée.
Mais non.
Deuxième lecture d'embrassez-moi et des directions pour voir comment le jouer.

Rha.
Et au final, j'ai compté :
Une intervention sociale.
Le projet avaricum.
Un passage de texte par coeur dans une bibliothèque.
Un projet pour le festival des déglingués.
Embrassez-moi.
Les deux pièces annuelles de Maleluka (normalement).
Bon.
J'ai encore peut-être la place pour le projet théâtre de la saison 3 du feuilleton ? (là pas d'info, mais si je peux y participer...)

Y a que ça pour me sauver :)
La tête ailleurs, t'oublies la douleur.

vendredi 29 août 2014

Ouille.

http://www.lapagedujour.net/aout2014/vingtneufaout2014.htm

Mais c'est de ma faute.
Je me suis donné le credo sois grand. J'ai vu grand.
Ca a pris du temps, mais je préfère ça.

Je peux ressortir même la sauce créée dans une autre campagne, détachée de celle que je joue le mardi en semaine.
Ca m'a permis d'oublier un truc triste hier, tombé sur l'enterrement d'un jeune de 18 ans (mais avoir l'occasion de voir un vieux monsieur pisser contre une église).
Ca m'a permis d'oublier que j'ai mal (mais j'en causerai le moins possible de ça).
Ca m'a permis d'oublier que ma femme, elle est malade comme un chien.
J'espère qu'elle sera en forme demain.

J'ai écrit plus de 8 pages sur un scénario qui n'en prendra que trois et demi.
Mais ce sont 8 pages qui répondaient à plein de questions.
Je vais donc pas me plaindre de moi même.

Et puis j'attaquerai le théâtre demain, comme ça, du coup :)

jeudi 28 août 2014

On change.

http://www.lapagedujour.net/aout2014/vingthuitaout2014.htm

Allez, je me suis rendu compte pour la troisième année de suite que si je devais avoir un jour PARFAIT de résolutions, ben ça serait le 28 août.
28 pour 28.
Août parce que ça fait 8
Mais passons.

De toutes les manières, cette année, c'est le cas.
C'est le jour de relance des lectures théâtre et écriture. Plouf.
J'ai fini en gros ce que j'avais programmé pour la prochaine partie où je suis maître de jeu dans un jeu où on se partage le boulot en mj...

En gros. J'ai un peu de texte encore à pondre.

mercredi 27 août 2014

On reprend de nouvelles activités :)

http://www.lapagedujour.net/aout2014/vingtseptaout2014.htm

Quoique.
Pas sûr.

Finalement, c'est lire, chat, chien, télé.
Mais on va essayer de se bouger le cul demain.
Y a du texte à apprendre, des dioux.

mardi 26 août 2014

DD next

La page du jour :
http://www.lapagedujour.net/aout2014/vingtsixaout2014.htm

Les deux ignobles coupables du fait que je n'ai rien fait aujourd'hui :
http://www.rpgnow.com/product/120992/TimeZero-Operative

et surtout (parce que l'autre m'a surtout occupé hier) :
http://www.amazon.com/Players-Handbook-Dungeons-Dragons-Wizards/dp/0786965606

J'en donne ma revue ici :
http://www.pandapirate.net/casus/viewtopic.php?f=24&t=23972&p=1229366#p1229366

Mais bref, rien de transcendant si on est pas rôliste.
Par contre, ayant rencontré des théâtreux aujourd'hui, peut-être que si j'en réunis 4 jeudi, je peux leur proposer une initiation :)

lundi 25 août 2014

Time Travel

Pour cause de joueurs absents (ou d'autres non communicants), plouf, lecture cette après-midi au lieu de jeu, ma femme étant trop absorbée par ce qui reste à faire post vacances pour l'idée de solo que j'avais en tête.
Je suis susceptible sur le jeu de rôle, si on ne veut pas jouer, je me dis toujours que c'est parce que je suis pas bon.
Ce qui n'est pas vrai.
Mais je n'ai pas les joueurs que je voudrais il faut dire aussi. Je regrette les grandes heures à Angoulême avec la dream team Jean-Claude, Sam, Fred, ma femme, puis ensuite Sandrine...
Enfiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin bref.
Lecture d'un de mes dadas en jeu de rôle, une version time travel du jeu fétiche de l'année dernière qui a l'intelligence de proposer des tas de jeux sur différents thèmes.
Ca va nourrir la campagne de l'année prochaine. Le jeu en lui même n'intégrant pas de magie, je vais le faire à ma manière et ne phagocyter qu'une partie du background du jeu d'ailleurs pour coller à ma campagne actuelle et permettre l'ouverture aux mondes parallèles que peuvent représenter tous les autres jeux que je possède sur la même licence que le jeu en question.
Je sais que j'aurai aussi à lire l'ancêtre en plus d'attaquer la relecture de ma deuxième pièce.

Alors prions pour que mes yeux soient forts.

La page du jour :
http://www.lapagedujour.net/aout2014/vingtcinqaout2014.htm

dimanche 24 août 2014

Week-end off

Pars.
Sois grand.

Ne pas se laisser aller à la médiocrité.
Et là, d'un coup, je me dis : je préfère jouer avec peu de joueurs, bien et investis, moins souvent, que plusieurs fois, mous, pas proactifs.
Je me tâte parfois sur l'utilité de faire partie d'un club où finalement peu de gens interviennent sur un forum pour dire oui ou non à telle proposition de partie.
J'attends l'assemblée générale la semaine prochaine pour tester la sauce avant de savoir comment mon année rôliste sera organisée.
Je préférerais pouvoir faire jouer ou jouer les dimanches après-midi et un autre soir le vendredi ou le samedi.
Je sais que je vais devoir me concentrer sur moins de choses que ce que j'aurais voulu.
Mais on va en rester au chiffre magique : ne pas dépasser trois.

Une semaine de glande qui s'achève, en ce jour anniversaire de la mort de mon chat.
La bonne chose a été d'aller hier voir le spectacle de Charli Encor (ch'uis pas sur de l'orthographe) à Graçay.
Un bon contact et j'ai bien rigolé de ce numéro de clown moderne. Ch'uis moins fan de son personnage de Bébé Charly, mais y a du potentiel, effectivement, pour animer des trucs avec.
En espérant qu'il puisse recevoir du monde dans "son espace" :)

J'ai écrit cinq petits textes, deux manquent, voire trois, pour ensuite essayer de s'imposer la contrainte de les lier en une petite (ou grande conclusion).
Lundi annoncera vraiment la reprise (apprentissage de textes, relecture de la deuxième pièce, écrire), avec sans doute un truc ou deux administratifs à lire.
Je sais que je serai certainement aussi partagé dans la lecture des trois directions jeux de rôle de cette année et que j'ai de la matière - mais grave - à lire.
Faut que je trouve le temps pour mes yeux.
Et je pense que le 23 juillet comme date de second anniversaire, c'est fini, je préfère mettre le 23 août.
Parce que je revois encore l'oeil de mon chat qui s'éteint quand je lui injecte le poison mortel et que je sais que j'ai manqué une occasion de changer des trucs dans ma vie ce jour là.
C'est le symbole d'une mémoire qui s'estompe. Mais qui s'estompe de trop. J'en ai assez de me souvenir de rien parfois. Tout disparaît si facilement alors que ça serait cool de garder des images, non ? Des vraies, dans la tête.
Il y a peut-être une condition de santé que j'ai qui explique ces effacements.
Peut-être.
Tant pis, je sais qu'on doit surtout vivre pour l'instant présent. Mais disons que j'aimerais parfois me réfugier dans les belles images. Et que je n'y arrive jamais.
Tous les visages, les noms, les rencontres s'estompent et me font de plus en plus penser que la vie n'est qu'un rêve, d'une certaine manière.
Peut-être que la seule manière d'avoir l'impression de laisser une trace est d'être un artiste qui laisse des oeuvres ou un parent.
Sinon, vient parfois le sentiment du " à quoi bon ?".
Et pour lutter contre :

http://www.lapagedujour.net/aout2014/vingtquatreaout2014.htm

vendredi 22 août 2014

Le Roi du quartier

Je suis le roi du quartier...
Ouais.
Le premier qui m'emmerde, je fais ma loi, je lui pète la tête.
Ouais. Paf, la tête.
Le premier qui essaie de me piquer une gonzesse, je lui fais sa fête. 
Ben tiens, on va pas se laisser emmerder.
Je préfère écumer la nuit, tranquille, à la fraîche, quand y a moins de bouseux dehors.
Ça, pour sûr, sans déconner.
J'ai pas vraiment délimité une rue, précise, de là où j'aime bien rôder, rencontrer des potes.
Je m'arrête pas à ça.
Je dis pas que je me bagarre chaque soir ou que je me lève une gonzesse à chaque sortie.
Ça serait un peu fatigant.
Mais putain, je suis le roi du quartier et y a personne qui me cherche.
Personne qui connait le quartier.
Y en a qui racontent que je suis une vraie saloperie, que je ne respecte rien.
Eh, sans ça, je ne serai pas le roi du quartier.
Si tu me croises la nuit, avec un regard de chien battu, dégage, change de trottoir.
Il vaut mieux, crois-moi.
Si tu me croises le jour, et qu'il te prend l'envie de me passer le bonjour, le fais pas.
T'as pas envie de prendre une patate.
Tu peux me traiter de gros et croire que je ne suis pas rapide, mais une fois que je t'ai choppé, mon vieux.
Tu peux sentir ta vie défiler.
Alors, oui, c'est sûr, je ne suis pas devenu le roi comme cela, j'en ai pris des coups.
C'est la loi de la rue.
Mais maintenant, aujourd'hui, hier et encore demain, c'est moi le roi du quartier, tu comprends ?
Ouais, j'espère que tu comprends.
Dans la rue, il vaut mieux être de la race de ceux qui ont la lumière dans le cerveau pour avoir saisi qui j'étais.
Quoi ? Tu vas pas me dire que t'as pas pigé de suite ?
Ça y est, tu visualises ? Oh putain, mon vieux, heureusement que t'es pas comme moi, je t'aurais bouffé tout crû.
Je suis le roi du quartier. 
Retourne te coucher si t'as pas su qui j'étais et que t'as donné ta langue au chat.

La page du jour, sinon :

jeudi 21 août 2014

1,21 m...

Ah, ils rigolent.
Bien sûr.
Ah, ils se foutent de moi parfois et je préfère vous taire le nombre de commentaires ou de surnoms que je me suis fardé toute ma vie. 31 ans. Le premier souvenir à quatre ans, blessant, aigu, et qui ne mérite même pas que je l'étale ici.
La seule chose qui a aidé récemment, c'est qu'un des meilleurs rôles de l'histoire des séries télés soit donné à un nain. Je me demande même si c'est pas le meilleur rôle de toute l'histoire des séries télés, d'ailleurs.
Mais pour l'un d'entre-nous qui en a chié comme c'est pas possible en plus pour y arriver... combien doivent subir le quotidien stupide ?
Stupide, oui.
Un quotidien qui serait certainement moins stupide si les gens étaient un brin éduqués, s'ils savaient passer outre l'apparence.
Bon, c'est sûr, pour l'apparence, Internet peut aider. Les chats, tout ça. Pas pour des trucs de cul, hein. Ou pour des pervers dont ça serait le fantasme de voir des nains copuler. Non, je parle des chats pour philosopher, discuter des passions de chacun.
Moi, j'en ai trois principalement.
Une qui est trop classique pour que je vous la tartine plus que nécessaire : les séries télé. Ça a commencé tout petit, tout simplement parce que je sortais moins que les autres gamins.
Les deux autres sont moins orthodoxes : les volcans et le génie génétique.
Y a aussi un peu l'histoire ou la philosophie... Mais ça, c'était plutôt avant que je ne me mette à internet, des passions qui me rappellent un peu mon enfermement. Vous me direz, ça pourrait en être de même pour les séries télé. Mais non. Avec les séries télé, je m'évadais, je me projetais.
Adolescent, j'ai même découvert le jeu de rôle pour pouvoir explorer le sentiment vécu dans les séries télé mais mon groupe s'est dissous après l'université. Je me rappelle de mon personnage préféré, un barbare de deux mètres avec un slip en fourrure et la capacité de se transformer en ours. « Petit ours brun », c'est comme ça que m'appelait ma maman. Le jeu de rôle aurait pu rester une passion, mais je n'ai pas pu continuer sur table car je me suis retrouvé après les études dans un service d'analyses de données, un peu isolé, dans une sorte de placard avec deux collègues qui n'avaient pas le profil.
Alors je rêve...
Je rêve d'un jour où le génie génétique pourrait permettre de corriger mon achondroplasie et où je pourrai descendre dans la caldeira d'un volcan...
Je rêve souvent.
Le plus souvent, je rêve éveillé, avec mes potes, sur internet, partageant ma passion. J'en ai deux, surtout, un américain et un suisse qui tiennent des blogs de tous les endroits qu'ils ont visités.
Quand je m'endors, les images restent et je ne fais plus un mètre vingt-et-un.
Je ne suis pas un géant non plus.
En fait, je ne suis rien. Ou peut-être un oiseau ou une caméra qui plonge dans le décor, s'envole près des puits de lave, descend les chaudrons ardents.
Vivre pour ses rêves.
Oui, que faire d'autre ?
Trouver d'autres amis hors de la toile ? C'est pas si facile dans un monde qui n'est pas fait pour vous ou quand vous n'avez pas une personnalité exubérante.
Trouver une partenaire, une compagne ? Même réponse. Surtout que ce n'est pas parce qu'on est un nain qu'on devrait se contenter de trouver une naine, vous voyez ?
Mes goûts sont les mêmes que les vôtres. Mes fantasmes aussi. Mais je ne veux pas parler de ces fantasmes là. Ils sont de toutes les manières irréalisables comme la plupart de vos fantasmes.
Ça reste quand même sans doute le plus dur, pour nous, pour toute personne qui a un handicap : trouver quelqu'un qui sait passer outre...
On apprend à être seul.
Et j'ai appris, croyez-moi. J'ai appris.
Jusqu'à ce qu'un jour... un jour... je reçoive un message de la sœur de mon pote suisse.
Un sale message.
Pour m'annoncer la mort de mon pote, intoxiqué par des vapeurs.
Clara.
Clara qui se confie à moi, qui s'épanche sur la mort de son frère jumeau et qui me révèle qu'elle a aussi un handicap : la schizophrénie.
Ouais.
Est-ce que mon destin d'un mètre vingt-et-un était de pouvoir seulement rencontrer une handicapée, est-ce que seuls ceux qui souffrent à l'intérieur, dans la chair ou la tête, sont à même de se rejoindre ?
Je ne crois pas. Je pense que tout le monde peut souffrir, que tout le monde est un volcan. C'est juste la brume imbécile de l'inéducation qui voile les perceptions et empêche certaines vérités.
Enfin... peu importe.
Je ne me fais pas une raison. Je ne préfère pas.
Demain, je pars pour Genève, pour rencontrer Clara. Elle vit dans une ferme. Elle a deux chats et deux moutons. J'ai toujours voulu avoir un chat, mais je suis allergique. Les chats de Clara sont d'une race spéciale, hypoallergénique, ou presque.
C'est con...
Mais c'est ce qui m'a décidé.
Et peut-être qu'ensuite on pourra partir voir l'Etna, si les nouveaux médicaments de Clara sont compatibles avec le voyage. Du moins, c'est le plan.
1 mètre vingt-et-un, en haut de l'Etna.
Putain.
Quel volcan serai-je quand je me trouverai là-haut ?


Plouf.
J'ai une tendresse pour les nains en jeu de rôle et peut-être en vrai aussi.
La page du jour, sinon :

http://www.lapagedujour.net/aout2014/vingtdeuxaout2014.htm

mercredi 20 août 2014

Sereine

J'enfonce ma lame dans sa chair, sereine.
Tranquillement, elle fait son chemin. J'entends le bruit mat de la lame qui perce les poumons et effleure le cœur.
Elle n'est pas surprise, elle n'est pas en colère. Elle se contente de me sourire et me tend la main. Je serre mes deux poings sur le manche de ma lame et tourne de quelque degrés. Sa main saisit mon épaule.
«  Ma fille... » Me dit-elle.
« Maman... » Réponds-je, avant qu'elle n'ait pu rajouter quoi que ce soit.
Lorsque le bout de la lame déchire le cœur, perce l'oreillette, je vois le sourire de ma mère s'élargir, des images affluent, écho aux flots de sang qui remplissent les poumons fatigués par de si longues années de souffrance.
Je n'écris pas cela pour excuser qui que ce soit, le passé torturé et meurtri de ma mère, sa haine du même type d'homme qui était celui de mon père, la symbolique du talion, ma quête de justice...
Qui suis-je pour comprendre ce qui a fait de ma mère celle qu'elle était. Qui suis-je pour juger la manière dont elle s'est débarrassée de mon père, la même que j'utilise en ce moment.
Un cœur, deux cœurs, combien de cœurs déchirés ?
« C'est facile... C'est si facile... ta mère a tué ton père, a tué plusieurs autres hommes dans les recoins les plus sordides de cette planète... et tu te contentes de rendre justice... »
C'est ce que certains diraient si ma vie était un film ou un reportage à la télé.
Tu parles.
« Une pomme ne tombe pas d'un prunier... elle a ça dans le sang... »
Tu parles encore.
« Combien de personnes a-t-elle déjà tuée de la sorte ? »
Ce n'est pas la question.
« Vous n'avez rien compris, elle fait ça par amour. Elle ne laisse pas sa mère décrêpir des mois de plus, oublier son identité ».
Les gens ne savent rien. Les gens ne savent pas. Des milliards de gens qui meurent sur cette planète et des milliards de vérité. Ce n'est pas parce qu'on finit tous par mourir d'une manière ou d'une autre qu'il y a ces fichues vérités.
Les gens ne peuvent savoir que ce qui leur arrive. C'est tout.
La lame racle légèrement les côtes, je la bascule à nouveau dans le même angle avec lequel je l'avais enfoncée.
La main de ma mère glisse de mon épaule, son regard porte maintenant vers le plafond, une bulle puis un filet de sang coule de ses lèvres presque blanches, figées dans un dernier sourire. Un voile passe devant les yeux. Pas de hoquet supplémentaire. Un voile, c'est tout et c'est la fin.
Je fixe son visage meurtri, ses traits rongés par la maladie, je ne peux m'empêcher de m'arrêter sur les veines, en croix au-dessus de ses sourcils. J'ai les mêmes quand je suis fatiguée.
Un instant, je songe que j'ai de la chance d'être anosmique. Je n'ai pas à supporter l'odeur des médicaments, de la maladie, du corps qui se relâche ou du sang qui perle maintenant sur l'oreiller.
Le sang.
Sereine, je retire la lame et la nettoie sur l'oreiller, je n'ai pas à faire attention à ne pas y prendre des cheveux de ma mère, elle n'en a presque plus.
Tranquille, je range la lame dans son fourreau et je me retourne vers le miroir posé sur la table de chevet.
Je n'ai pas de croix qui se dessine sur mon front.
J'enjambe alors la fenêtre et m'enfonce dans la nuit, sereine.
La nuit noire.
La lune n'est pas pleine, elle ne m'accorde pas ce cliché.


Ben oui, article encore en avance.
Mais voilà. Une autre journée à rien, la fiction est plus vraie que le vrai de toutes les manières bien souvent.
Et si je tentais 100 nouvelles de ce genre ? Hu ?
http://www.lapagedujour.net/aout2014/vingtetunaout2014.htm

mardi 19 août 2014

Si bémol

Je ferme les yeux.
Je ferme les yeux.
Rien.
Je les ouvre.
Rien encore.
Je ferme à nouveau les yeux.
Toujours rien.
Je continue à les fermer.
Un point. Fugace, rapide, d'une couleur indéterminée.
Je rouvre les yeux.
Rien, bien sûr. Du moins, rien qui ne mérite d'être nommé. Mais il est vrai que si peu de choses le méritent.
Je ferme mes yeux, mais cette fois-ci, je m'allonge. Je m'abandonne. J'arrête même quelques secondes de respirer.
Le point, puis un autre, puis plusieurs... Toujours d'une couleur indéterminée.
Je respire, les yeux fermés. J'arrête à nouveau.
Les points réapparaissent et commencent à danser. C'est si rapide. On m'avait dit que ça me prendrait du temps. Mon cœur ralentit. Je ne soulève toujours pas ma poitrine. Les points deviennent des lignes, parfois des chiffres, des runes ou des caractères que je ne peux comprendre, comme s'ils étaient écrits dans la langue originelle, au cœur de la source.
Des couleurs apparaissent parfois dans les dessins. Les primaires seulement. Je plonge dans mes ténèbres encore plus profondément, plus question que j'ouvre les yeux ou que je m'entende respirer tant que les lumières sont là.
Les lumières, les lignes, les points commencent à grésiller, une sorte de note de musique qui apparaît. Un la... non... un si bémol. Je m'étonne. Je ne me savais pas l'oreille absolue. A mesure que la note monte en intensité dans ce qui me sert de caisse de résonance, je perçois autre chose, les lignes, les courbes, les lettres s'organisent, vibrant en écho avec la note et ma chair, mon cœur, mes veines à fleur de peau... Je songe un instant... non... je sais que le si bémol est la musique des clapets de mes veines empêchant le sang de redescendre.
Vient maintenant la chaleur, la chaleur de la lumière et du son qui m'enveloppe, comme dans un souffle de vent qui passerait à travers une caverne juste au moment où le soleil perce son entrée.
Je vois.
Je n'ai pas les yeux ouverts.
Mais je vois.
Je ne suis plus chair ou souffrance, je ne suis plus vie et entropie, je suis la vibration de l'univers, je suis l'écho de tout ce qui est, je suis l'harmonie.
Je ne sais combien de temps dure cet instant, puisqu'il est hors du temps, hors de tous les champs de perception étriqués par la chair, nos sens ou notre éducation. Je sais juste que c'est comme ça que j'étais avant, comme ça que je serai après, comme ça que je serai toujours, peu importe les enveloppes charnelles, minérales ou végétales que j'ai occupées.
Un mot se forme.
Un seul.
Sois.
Du moins est-ce comme ça que j'ai envie de le ressentir. Je me dis que d'autres le nommeraient différemment. Mais j'abandonne toute pensée parasite et je deviens encore plus fort la vibration, la douce chaleur, le si bémol.
Vibre. Chauffe. Chante. Si.
La vibration.
Je la deviens si fort, que je finis par exploser, par devenir des milliards de points lumineux, d'ondes, de couleurs ou d'étoiles.
Je deviens.
Je suis.
Si.


La page du jour sera : 
Et on va dire que les trucs administratifs seront conclus demain ou après demain.
J'aurais pu parler de mon rêve de l'après-midi, sans doute pénétrant...
Mais peut-être qu'il faudrait que je médite, pour devenir un si bémol :)

Sable noir.

Elle glisse doucement les pieds dans l'eau, elle sent le sable s'enfoncer sous ses doigts de pied.
Le sable est noir, l'eau est glacée.
Au loin, le soleil n'en finit pas de mourir.
La brise se lève, elle ne frémit pas.
Elle respire.
Plus loin que l'horizon et le soleil qui se couche, elle voit.
Plus haut, aussi.
Dans cinq ans, dans trente ans.
Elle voit encore.
Elle sait qu'un autre jour qui se finit, sur la même plage de sable noir, dans la même eau glacée après qu'un volcan aura recouvert de ses cendres le paysage dans son dos, elle sera là.
Elle sait qu'elle sourira comme elle le fait aujourd'hui, là, au milieu de tout, dans son centre de l'univers.
Parfois lui vient la pensée fugace que ceux qui n'ont pas de centre de l'univers doivent être bien tristes. Puis elle se rappelle que ce n'est pas tant qu'ils n'ont pas de centre, puisqu'on est chacun le centre, c'est juste qu'ils ne savent pas regarder.
La vague se retire, ses pieds s'enfoncent dans l'ébène.
Elle sourit.
Elle sait que ce n'est pas le sable, l'eau, le vent ou le soleil qui forment le cœur de sa création.
Elle le sait.

C'est son sourire.
L'eau glacé lui baigne à nouveau les pieds. La même eau qui a baigné tant de ces rochers ou de ces coquillages transformés en sable noir.
Elle sourit encore.
Même quand le soleil sera mort, elle sera en train de sourire.
Vous comprenez ?

(et sinon, j'ai pas commencé tout ce que je devais, mais c'est déjà pas mal pour quelqu'un qui a du mal avec les choses matérielles :))

lundi 18 août 2014

Boum

Boum.
Un volcan qui explose, des entrailles de la terre remuée, des flots de boue noire et la maison où je suis, une grande maison en bois, qui s'écroule.
Sommes-nous proches de la fin du monde ?
Nous parvenons à fuir...
Je finirai par trouver dans le fossé d'un champ une bête qui ressemble au monstre qui aurait fait exploser la terre, provoquant les terribles rejetées d'ichor noire.
Et puis il y a aussi un cour de danse où je me retrouve à soulever deux partenaires masculins en dépit de ma force, avec la sensation pure et absolue que la seule voie est effectivement de se muscler pour tenir mieux certaines de mes douleurs.
Un étrange cour de danse dirigé par Jenny qui me demande quel rôle je veux jouer dans ce spectacle, et où l'envie d'être une sorte de clown blanc qui n'y comprend rien me saisit.
C'est juste qu'à la fin du rêve Jenny s'effondre victime d'une sorte de crise cardiaque. Mais le parallèle est facile à comprendre.
La danse, c'est le désir de créer et de se libérer. Jenny représente le mentor et l'âge de Nigel Findley qui est mort à l'âge de Jenny d'une crise cardiaque.
Le monstre qui fait tout exploser et la capacité de survivre ou de s'en sortir est un écho à certaines décisions faisant table rase du passé.
Tadam.
Boum, la journée se termine... Un peu trop de tout ce qu'il ne fallait pas avant la reprise.
Quelle reprise ?
Recontacter les gens, refaire des papiers, se donner quelques horaires et objectifs.
On verra tout ça demain.
Je regarde tout de même mon compte.
Ai-je bien été dérobé plus que ce qu'il y avait en liquide ?
Tadaaaaa.
Non.
Mais en vérifiant ce que j'avais retiré, je dirais que je suis tout de même plus proche des 250 euros perdus, et si on rajoute à ça le rachat pas prévu d'un portefeuille (pas moche) et d'un blouson (à un prix islandais), plus les 150 euros qui ont merdé sur la carte bleue, eh bien, nous aboutissons à facilement 450/500 euros de dépenses non prévues.
Soit effectivement le PC que j'aurais bien voulu avoir pour bosser des vidéos un peu mieux.
Taaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaant pis.
On vient de recevoir les impôts.
Et y en a pour le double.
Bon, ça, tu me diras, c'est pour tout le monde. Mais vu le peu que je touche, je reste étonné qu'à deux, vu le salaire de ma femme, on paye.
Ça veut dire qu'à moins que le smic, moins que le smic, attention, sur chacun, tu payes des impôts.
Gruiii.
Elle est nase, hein, la réalité ?
Pour pallier à la douleur de la conduite ou au contrecoup du lâcher prise après avoir tenu le coup, j'ai sans doute un peu trop bu.
Mais demain, je reprends comme je peux la gym ou quelques exercices de yoga, en plus d'avoir à m'occuper de cinq chats...
Ma femme n'arrête pas de se relever.
Moi, j'ai trouvé des trèfles à quatre feuilles en pagaille dans mon jardin.
Un autre signe que ce que je dois faire est ici et pas en Islande et que l'Islande puis l’Écosse étaient un processus d'éveil.

Je tente de ne pas me coucher trop tard pour essayer de me réveiller avant que ma femme ne parte au boulot.
Ici, les premiers jours, les rêves seront plus forts que la vraie vie.
Puis j'essaierai de mettre plus de rêve dans la vie :)

La page du jour :
http://www.lapagedujour.net/aout2014/dixhuitaout2014.htm

dimanche 17 août 2014

Demain, Bourges et Merci Nigel...

Demain, Bourges et Merci Nigel...
Enfin pas Bourges...
St Germain du Puy...
C'est seulement quand on rentre chez soi que c'est la vraie date du retour...
J'ai fini mes vacances sur un truc important, un truc que je prends jamais le temps de faire pour raison de panique visuelle : lire un livre en entier.
Hors des heures passées habituellement sur le pc ou devant la télé, c'est plus facile d'essayer de trouver les heures nécessaires.
Et j'ai donc passé quelques heures, avec des pauses, mais pas trop tout de même, plongé dans la trame d'une intrigue parfaitement huilée de mon auteur fétiche pour mon jeu de rôle fétiche.
A bien y réfléchir, avec tout ce que le voyage m'a éveillé au niveau du théâtre et en considérant que mon vrai talent de conteur, d'écrivain (quand c'est le cas) ou d'acteur est né avec le jeu de rôle, c'est bien avec Shadowrun que tout a commencé et même plus précisément en lisant un article sur la mort d'un des principaux rédacteurs de la gamme.
Je n'avais jamais fait attention aux noms avant et c'est sur plusieurs années que j'en ai appris sur Nigel.
Un type capable d'être un écrivain, un auteur de jeu, un scientifique et un amateur de musique en même temps (je ne sais pas s'il jouait mais pour sûr il était un connaisseur), moi, ça me pose.
J'ai, comme je l'ai dit plein de fois, toujours été fasciné par le génie et surtout le génie qui arrive à associer QI et QE, ce qui semblait l'apanage de Nigel Findley.
Près de 20 ans après sa mort, donc, c'est une sorte de mémoire personnelle que j'ai envie d'entretenir, la dernière chose que je tire de ce voyage : avoir un modèle.
Quand je parlais de ne pas sombrer dans la médiocrité, c'est plus facile quand un modèle peut t'inspirer.
On peut facilement te demander la question bateau : avec qui passerais-tu une journée si tu en avais les moyens ?
Les trois noms que je cite sont immanquablement Alexis (dessinateur de Fluide parti bien trop tôt), Nigel Findley (parti bien trop tôt aussi) et Léonard de Vinci.
S'il fallait en rajouter deux autres, je tartinerai bien Champollion et Einstein.
Des hommes de science ou d'art donc, Nigel Findley étant des deux.
Je me suis commandé (y a que les frais de ports qui coûtent) deux de ses ouvrages en VO (que j'avais déjà lus en français mais en version tronquée) pour maintenir un niveau d'anglais acceptable.
Je rentre donc tout à l'heure, je me pose comme une merde le dimanche et j'active à nouveau le théâtre, le yoga et le jeu de rôle en semaine, en rajoutant si possible un peu plus d'anglais (pas évident tout seul) et éventuellement un truc le dimanche matin avec la chienne (pour qu'elle obéisse un peu mieux la garce:))
Ah la la la.
Il est sûr qu'une journée ne passe pas pareil quand tu lis, va voir la grand-mère de ta femme ou joue au poker en famille le soir..
Pas pareil.
Mais c'est pas pour autant que tu n'en retires pas quelque chose d'aussi grand que tu as ressenti en vacances. En vacances, je me suis confronté à de l'Invisible et à la puissance de la Nature et à la volonté de vibrer encore plus. En lisant, c'était tout autant, en ayant envie de faire vibrer par le jeu d'acteur ou le jeu de rôle ou l'écriture.

samedi 16 août 2014

Retour

Avant le départ...

Un rêve.
Road trip, serions-nous des individus avec le potentiel de survivants d'une apocalypse, des découvreurs d'autres personnes avec des professions un peu interlopes. La scène finale du rêve est chez une sorte de grand ancien capable d'isoler les gens dans le temps et l'espace, il a comme servant premier un petit bonhomme un peu rond qui fait l'amour à des femmes pour lui et moi, échappant à une punition majeure du grand ancien, je suis une sorte de voleur qui devient en fait l'équivalent du chat botté. Je revois encore une vieille dame se perdre dans le temps et l'espace alors que moi et ce petit bonhomme avons réchappé.
Des bouts d'un vieil Angoulême, de potes des beaux-arts, de vieux vêtements du passé traînent aussi dans ce rêve. Mais le gardien d'un vieil appartement avec des pouvoirs incommensurables, c'était bien fou.
Après l'arrivée...
Un autre rêve, à la sieste, avec un paquebot un peu moi que je dois ramener au port.

Le soir...Ma dernière claque du séjour aura été de commencer un livre de Nigel Findley, mon auteur fétiche dans l'avion : 2XS. Les traducteurs ont fait un excellent boulot car la première version de la traduction sucrait la moitié facilement des signes. Comme l'année prochaine, ça sera les 20 ans de sa mort et comme je n'ose imaginer tout ce qu'aurait pu pondre en 20 ans cet auteur s'il n'était pas parti trop tôt, j'ai envie de lui rendre hommage en me resservant de certains des matériaux qu'il a écrit.
C'est pour ça qu'il faut que je trouve quelques joueurs motivés pour donner dans le jeu pour lequel il a le plus écrit, mon jeu fétiche, en incluant bien sûr quelques éléments personnels de ma campagne des 28...
J'ai une forte idée de la manière de mener les choses...
Il faut savoir tout de même (oui, oui) que je n'ai jamais été autant habité que lorsque je faisais jouer des bons joueurs motivés au jeu qui me plaisait le plus.
Les bons joueurs motivés avec du temps régulier sur la chose.
Bons et motivés, c'est ce qu'il y a de plus difficile à trouver maintenant.
Mais quand je lis la psychologie des personnages de cet auteur et comment il savait rendre les détails de l'univers ou la précision des sentiments, je repense à ce que j'ai ressenti à Corrimony : Pars, sois grand.
Dans le sens de vas-y, ose.
Une vieille envie en somme de ne pas vouloir faire dans la médiocrité dans les activités passions : théâtre, jeu de rôle ou voyage (ne pas être médiocre en vacances, c'est important, j'aurais pété les plombs sinon, au vol de mon portefeuille).
Je me promets donc pour l'année prochaine de rendre hommage à mon auteur fétiche en reprenant Shadowrun (dont il était le développeur lorsqu'il est décédé) et en rendant justice à la sueur et la crasse de la rue.
Quitte à n'avoir que deux ou trois joueurs.

Un bon voyage, décidément que ce dernier voyage.
Un qui t'apprend à jeter des vieux habits, à prendre des décisions claires et à savoir où tu veux aller.
Un qui te fait grandir.
Ça a l'air hautain, mais la médiocrité, je n'en veux plus.
Soit les choses seront amusantes et pleine de vibrations, soit les choses seront pures et pleines d'émotions, mais je ne me contenterai pas de trucs moyens, en jeu comme à l'écrit.
La vie est trop courte, autant passer le reste un pied au-dessus de la merde que dedans.
Alors, évidemment qu'avec les handicaps, c'est plus facile à dire qu'à faire.
Mais se laisser emmerder le moins possible parce que qui est emmerdant est aussi une manière de lutter contre la médiocrité.

La page du jour, tiens :

vendredi 15 août 2014

Retour aux sources

Retour aux sources.
Une route simple depuis Fortrose pour regagner Glasgow, plonger sur les traces des lieux que j'aime bien.
Tomich, pour montrer à ma femme ce petit village découvert tout seul l'année dernière.

Plodda falls aussi, mais sans martre, mais avec des midges.



Corrimony encore une fois, pour déjeuner aussi dans le calme.
Drumnadrochit, pour goûter un whisky.


Glencoe pour prendre une demi-pinte d'une bière parfumée à la bruyère issue d'une brasserie qui aurait 400 ans.

Et Glasgow (enfin plutôt un de ses environs, proche de l'aéroport – Peasley) pour dormir et s'en jeter d'autres.
La bière, le whisky, les paysages sauvages, la nature, les pubs, les arrêts au bord du chemin... tout ça quoi.
Je retiens quelques images, bien sûr, de cette journée au volant et entre des arrêts.
La mercedes de deux américains qui a crevé les deux pneus du côté gauche à Glencoe. Le mâle des USA était assez con pour fumer pas loin de la station service.
La serveuse allemande de l'hôtel où on dort : très aimable, très serviable et qui a passé un an toute seule au Laos pour s'occuper d'enfants.
Se poser au Clachaig Inn, important le Clachaig Inn.
La tranquille sérénité de Corrimony et ma p'tite cérémonie rituelle pour me débarrasser de tout ce dont je n'avais plus besoin dans mon sac médecine là-bas.
La beauté finalement du Loch Ness que j'estimais surfaite mais je n'avais jamais pris le temps de l'observer en voiture étant soit conducteur, soit trop malade pour ce faire.
La cascade de Plodda Falls où je serais resté volontiers plus longtemps au-dessus du vide si je n'avais pas été attaqué par les midges.
Un regret ?
Un seul. Le vol du portefeuille bien sûr.
Une image, une seule de touuuuut le séjour ?
Kràfla. les quatre éléments ensemble ça met sa patate.
Une deuxième, ça serait d'être descendu dans un volcan.
Une dernière, ça serait peut-être d'avoir vu un dauphin si près depuis la page à Fortrose.
J'en rajouterai deux, ça serait la gay pride de Reykjavik et la Lost Valley à Glencoe (je ne compte pas Corrimony, je n'y vais pas que pour les images).
Je reviendrai donc d’Écosse persuadé que c'est plus beau que l'Irlande, plus mon truc que l'Islande (manque d'arbre là-bas) et ne sachant pas s'il faut que leur référendum prochain leur accorde l'indépendance.
Je serais écossais, je la voudrais sans doute. Ils ne vivent pas tout à fait comme les anglais.
Allez, je vais me pieuter. Réveil tôt demain pour rentrer en France.
La page du jour, tiens...

jeudi 14 août 2014

Dans le coin...

Dans le coin...

Hu.
Je pensais qu'on baladerait en dehors de la Black Isle aujourd'hui, qu'on pousserait même jusqu'à la distillerie Glenmorangie, qui est un whisky qui se tient bien, en supermarché français, pour le prix qu'il coûte et comme j'ai participé à un petit concours sur cette distillerie au cours des derniers mois, c'était l'occasion.
Bon.
En fait, non, on s'est contenté de deux bleds et de leurs environs : Rosemarkie et Cromarty


Dans le premier, une longue balade sur la plage ne nous a pas permis de voir des loutres et une deuxième balade sur le chemin des fées nous a menés à une cascade où j'ai pris une claque spirituelle. Même sentiment que dans cette église à Lünd en Suède, être pris et saisi par quelque chose, au niveau des jambes et se recharger.
L'arbre mort qui reçoit les pièces des gens qui remercient les fées avait quelque chose d'effectivement magique.
Comme je l'ai déjà dit, je crois aux égrégores, à une réalité créée par la foi de nombreuses personnes, une réalité dont la nature n'a pas à être discutée ici (elle est essentiellement spirituelle), mais il y a quelque chose qui reste, une empreinte.
C'est cette empreinte qu'on peut lire dans différents lieux de culte quelle que soit la foi.

Ensuite, eh bien, nous nous sommes dirigés vers Cromarty où visiblement nous aurions pu passer largement la journée en faisant un long chemin côtier.
Au pub, nous avons pu goûter la bière de la brasserie locale (recommandée par notre hôte) et déjeuner dans le style pub, non loin d'une famille avec un gamin de trois ans rebelle et un père qui nous affichait son sourire de plombier chaque fois qu'il se penchait. Mais c'était bon enfant. J'aime cette ambiance familiale qu'on peut aussi trouver dans les pubs.
Le musée de Cromarty m'a mis une claque lorsque j'ai lu les lettres d'un soldat de la guerre 14-18 à sa mère ainsi que la lettre envoyée par le commandant de la compagnie pour signaler la mort du dénommé Campbell. Sa sœur, qui avait 11 ans à l'époque de la mort de son frère, a gardé la mémoire de tous ces événements et elle est morte à 104 ans. Il y avait aussi une étonnante église (dans la quelle on a fait la sieste) qui avait trois balcons pour accueillir plus de personnes.


Et bien sûr la longue balade à faire.
La seule chose qui gâche le paysage là-bas, ce sont les énormes stations de forage (enfin je suppose que c'est ça) qui envahissent la baie.
Ma femme est contente, elle a pu voir deux chats.

Moi, j'ai pu trouver mon trèfle sur le sol d'un cimetière et me balader un bon moment dans les bois.
Peu de route faite, donc. Mais c'est pas plus mal. Ça prouve qu'il y a encore des tas de choses à faire dans les Highlands ou à revoir.
Des images de la journée que je retiens ?
Les putains d'algues sur la plage de Rosemarkie et la vitesse à laquelle la marée est montée quand on est revenu de la balade des fées...
Le pub, peinard, à midi, décontracté du slip : lasagnes et frites ou scampi et frites. Blurb. Mais caution salade un peu quand même.
Faire la sieste dans le balcon nord de l'église.
Découvrir une maison abandonnée et une voiture accidentée sans doute depuis près de quarante ans, avec les pneus encore quasiment intacts.
La fichue cascade et sa souche aux pièces. Ah bon sang, les claques spirituelles, j'en ai pas si souvent dans l'année.
Balader au-dessus des hauteurs de Cromarty, peinards, en longeant les champs d'orge.
La forme ou la hauteur de certains arbres. Je sais définitivement ce qui me manque le plus là où je vis : être proche de la forêt. L'idéal, c'est le chemin dans la forêt à côté d'un cours d'eau ou de la mer (exactement les deux balades d'aujourd'hui), mais juste la forêt.

On est pas toujours dans la pure cathédrale du vivant que j'ai parfois expérimenté en voyage, mais tout de même... 
C'est de là que vient une partie de notre déconnexion et de notre état de déprime : ne plus être en harmonie avec les lieux où nous sommes censés vivre en tant qu'animaux.
Enfiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin bref.
On finit la dégustation des bières de la Black Isle, on passe éventuellement une fois au pub d'en face (soit disant excellent avec sa carte de 208 single malts) et on se prépare doucement pour le chemin du retour. On le fera surtout demain après-midi. On va essayer de trouver un truc cool à faire dans la matinée.
La page du jour, en attendant : 

PS : page du 25 août terminé (j'ai toujours un trou pour la page du 23 que je ferai de chez moi) et pub effectivement excellent. Un des patrons, un américain est un fin connaisseur de sa carte le cochon.


Finir la journée sur un Ledaig que je ne connaissais pas, c'était le petit plus bonus:)

mercredi 13 août 2014

Vallée perdue et dauphin.

Lost Valley...
Glencoe, jour 2.
Ouais, je pourrais me contenter de dire juste ça...
L'année dernière, c'était ma première balade tout seul et j'étais assez naze dans la deuxième partie de la montée que j'ai arrêtée avant l'endroit où je voulais me rendre.
Là, non, pour aller jusqu'où j'aurais voulu l'année dernière, j'ai abandonné ma femme une heure et demie dans la vallée où elle en a profité pour voir des biches traverser le cours d'eau et passer d'un versant à l'autre de la vallée. Quant à moi, armé de tamarins confits pour des boosts d'énergie, je suis allé dominer la vallée. J'aurais volontiers posé mon cul plus longtemps, une fois là-haut, mais je n'allais pas faire attendre ma femme plus qu'elle ne l'avait déjà fait.
Des images restent...
Traverser la rivière pieds nus, parce que le débit était plus important que l'année dernière.
S'inquiéter pour les gens qui prennent le mauvais chemin pour traverser la rivière et qui risquent de se casser la figure (mieux vaut des pieds mouillés que s'exposer méchant à se casser la gueule).
Ma balade au-dessus de la vallée nous a coûté du temps, et le déjeuner de midi fut seulement à 15 heures et des patates. Tout le séjour, je me suis étonné de voir des gens manger à n'importe quelle heure, mais aujourd'hui j'ai compris (parfois tu ne gères pas la longueur de ce que tu avais prévu de faire).
Les deux chiens tête plate (ah pitin, c'est quoi la marque de ces chiens rigolos, tout petits et queue en tire-bouchon?) qui galopaient devant nous sur le chemin du retour.
La sensation des pieds dans l'eau froide...
Du coup, avec la petite balade sur une presqu'île du Loch et dans la carrière d'ardoises que j'avais visitée l'année dernière, plouf. Journée finie. Pas besoin d'aller au pub, on a tout le confort dans le chalet et autant en profiter un peu. Le pub, c'est bien pour se réfugier, la soirée d'hier était déjà quelque chose.
Les autres images qui pourraient revenir de cette journée sont :
Le pompiste de Glencoe qui se plaint du prix de la bière en Norvège et sur Paris et qui parie sur l'indépendance de l’Écosse le mois prochain. Il m'a bien fait marrer.
Les fichus trèfles trouvés dans la carrière, pour compenser tous ceux perdus dans mon portefeuille.
La putain de vue de Lost Valley tout simplement...
Ma femme qui fait les noms des animaux en morceaux d'ardoise dans la carrière.
La tranquillité ressentie dans Lost Valley, putain. Je ne dirais pas que c'est le paradis, il ne fait pas forcément souvent beau... Mais les paysages... la vie sauvage.
Ah putain. Je me sens capable de prendre un abonnement chaque année pour une visite de deux ou trois jours dans le coin :)
La page du jour, bêtement :


Dolphin
Fort Rose.
Quoi ?
Je me dis qu'on est con. Trop de route pour le peu de jours qu'on passe ici.
Parce que ça donne quoi comme temps en dehors de la conduite pour aller de Glencoe à ici sur la Black Isle ?
Aller à Corrimony, un de mes centres de l'univers. Se connecter pendant quelques instants, le temps de comprendre : Pars, sois grand.
Être grand.
Au figuré bien sûr.
Une petite pause à Drumnadrochit.
Un putain de bon repas dans un des meilleurs italiens où j'ai mangé, le même que celui que j'ai pratiqué l'année dernière pour fêter la fête de ma femme.
Faire une petite balade à Inverness avec la rivière qui menace de déborder.
S'arrêter à l'office de tourisme de la Black Isle pour prendre quelques informations et me faire offrir un nouveau portefeuille sympa par ma femme.
S'arrêter à la Black Isle Brewery pour prendre quelques produits de leur crû (ils font dans le bio mais notre hôte vient de m'apprendre qu'un autre gars en faisait des bios, encore meilleures selon lui).
Balader à Fort Rose puis aller au bout de la pointe après le golf pour observer un dauphin.
Discutailler le bout de gras avec notre hôte, chez qui nous logeons, un anglais qui s'est installé voici neuf ans avec sa femme en Écosse parce qu'il adore marcher (bien qu'il ait peur de monter sur un bateau ou sur un avion).
Hu.
Pas une journée physique (on s'abstient des commentaires sur la douleur), le genre de journée qui mériterait, après qu'on ait fait la route, qu'on reste quelques jours sur place.
Mais eh.
Le mec qui se plaindrait de quoi que ce soit (même la pluie quasi permanente en conduisant – mais pas en baladant) serait un gros nain nain, n'est-il pas ?
Là, je me sers un des nouveaux produits de la Black Isle, la Smoked Oktober et ma femme me dit qu'elle est faite avec du rat mort (car elle en a vu un devant la brasserie).
Je goûte.
Huuuu.
Il faut que je vive d'autres expériences de ce genre en Belgique, LE pays de la bière.
C'est aussi ça ce qui est bien dans un voyage, ça te donne envie de revenir à certains endroits mais aussi d'en découvrir d'autres et là comme ça, ça serait :
- La Belgique, un voyage de découverte des bières.
- Un tryptique Canada, Yellow Stone et état de Washington pour en prendre plein la gueule au niveau de la nature ou d'autres geysers.
- La Nouvelle Zélande ou retourner en Tasmanie...
- Faire en bagnole des pays du Nord dans un trip Hollande, Danemark, Suède, Norvège et peut-être Finlande et états Baltes.
- La Thaïlande, mais plus à cause de trucs vus sur cuisine télé.
- Le Japon (l'autre pays du single malt avec l'Irlande et l'endroit où nous sommes)...
- Retourner en Écosse, dans des endroits pas visités ou déjà vus. Une semaine dans l'Est me dirait bien pour faire la campagne et une autre ambiance que celle des Highlands.
Enfin, bref...
Ok, une journée pas mal dans la voiture et sous les nuages... Mais posé, devant la fenêtre au premier étage, avec du bleu qui commence à apparaître dans le ciel, je n'ai eu qu'une seule chose qui m'a réellement gâché ma journée : la mort de Robin Williams.
Bien que j'ai une leçon énorme à en tirer. Si un type comme lui pouvait être dépressif et avoir un tel talent, il y a sans doute un écho avec le potentiel que je n'ai jamais exploité en moi et mon état aussi semi-dépressif et de dépendance.
Pars, sois grand.
Abandonne les vieux oripeaux.
Bien sûr.
Comme si je n'en avais pas déjà perdu certains en vrai :)

La page du jour :
http://www.lapagedujour.net/aout2014/treizeaout2014.htm

Je mettrai en ligne plus tard, ce soir ou demain les dernières du voyage, je dois faire un bond d'une journée dans le futur pour faire la page anniversaire de mon chat fétiche.

lundi 11 août 2014

Petits yeux.

Jour 15... La tête dans le cul.
Alors, ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère à l'aéroport de Reykjavik, alors que tu n'as rien pour dormir à des kilomètres à la ronde, vas-y qu'il y a des panneaux interdiction de dormir dans l'aéroport (du moins au sol) et vas-y que je te balance des annonces pour te le rappeler bien fort à partir de deux heures du matin et que je t'assène aussi de l'air froid.
Un peu rêche.
Du coup, j'ai pas vraiment dormi.
Mais ce n'est pas grave.
Je vais essayer une autre technique pour le sommeil : 4 fois une heure ou une heure et demi dans la journée.
Paraît que ça marche.
C'est sans doute une des premières fois que j'ai envie de prendre l'avion pour dormir.
Mais eh. Je le prends porte 28C et j'ai la place 28C, pour quelqu'un qui en a fait son chiffre fétiche... c'est plutôt cool.

Bien plus tard... en fin de soirée.
Dans la série incidents de parcours : avion qui arrive une demi-heure en retard, attente de la navette de location de voiture 25 minutes, problème avec la carte bleue qui nous oblige à raquer 30 euros de plus par jour en prenant une assurance dont nous n'aurions pas eu besoin avec la visa premier, pluie absolument toute la journée.
Le pire, reste la dépense non prévue, mais impossible de faire autrement. C'est 450 euros non prévus que nous aurons coûté ces vacances, tiens.
Et j'en profite, d'ailleurs pour noter les numéros de référence des papier qu'on va devoir envoyer à nos banques respectives pour se faire rembourser s'il y a eu des achats pendant que les cartes ont été volées et que je n'ai pas eu le temps de faire annuler la chose.
F1650F05 pour la carte pass.
0808201405446 pour la carte visa premier de la Banque postale.


Avec beaucoup de retard, donc, le temps de poireauter sans doute une heure de plus que ce qui aurait dû, nous sommes arrivés à Glencoe sous la pluie persistante pour nous poser comme des merdes devant une émission de Jamie Olliver (Que personnellement j'adore).
Ensuite nous sommes allés dans mon auberge fétiche, le Clachaig Inn où l'ambiance était au rendez-vous (des français d'une chorale, venus en curieux), un couple qui jouait au backgammon et aux échecs en pichant comme des sales, trois tchèques venus taper le carton musical avec trois briscards qui animaient la salle.

J'ai sacrifié à la tradition du Haggis après la tradition dans l'après-midi d'un arrêt obligatoire au Green Welly Shop pour acheter les deux bouteilles de Ledaig (jeune certes, mais Ledaig tout de même) qu'il restait.

J'ai aussi goûté, avec ma femme, qui s'est laissé aller (en dépit de la fatigue) un whisky nommé le « as we get it » dont je pourrai parler plus en avant quand je serai connecté.
Pour achever cette journée très mal commencée (pas dormi, le mec au haut-parleur qui te réveille) et très bien finie (Le clachaig inn et l'ambiance), je m'en vais goûter ce que j'ai voulu goûter tout le séjour du Brennivin que j'ai acheté en mignonnette avec une liqueur et une eau-de-vie de boulot.
C'est sans doute gâché, après le « as we get it ». Mais allez, on y va...
Gloups.
Analyse.
Un fond de carvi peut-être.
Pas totalement inintéressant, mais pas de subtilité particulière, et sans commune mesure avec ce qui fait la dégustation d'un whisky. Ça peut se boire, quoi.
Ça doit pouvoir se tenir dans certains cocktails, peut-être avec de la rose, du gingembre ou du litchi.
Trois images de la journée ?
Un type, à trois heures du matin, qui marche perdu dans l'aéroport, manquant affreusement de sommeil, quasi zombi.
La chouette ou le hibou dans l'arbre tout proche du cottage où nous logeons et qui s'est laissé photographier à moins de 2 mètres.
L'ambiance du Clachaig Inn. Cinq années que je vais en Écosse, et pas une seule fois loupé. C'est dire.
Je ne crois pas que je serai capable de bosser la page du 21 août ce soir, par contre, parce que comment dire ? La journée a été rude. J'ai dû conduire en dépit des douleurs parce que physiquement ma femme n'aurait pas été capable (je supporte mieux le manque de sommeil qu'elle), on a eu la déception de devoir raquer plus que prévu, on a pas vraiment dormi autrement qu'un peu - et très mal - sur la chaise de l'aéroport ou le fauteuil de l'avion...
Bonne nuit journal.
Bonne nuit (ou journée) les gens:)

La page qui concerne la journée :

samedi 9 août 2014

Arc en Ciel.

Jour 14...
Le programme est fait.
Lever plus tard que d'habitude, marcher en ville la journée, profiter si possible de la parade de la gay pride.
Je serais bien sorti en ville hier soir, mais les bières au compteur étaient la limite. Je n'aurais pas pu boire un coup et pour le coup, eh ben, ça aurait quand même été mieux de sortir à plusieurs.
J'ai bien entendu, par contre, qu'ils étaient du genre à circuler la nuit et à venir chez les uns ou les autres jusqu'à minuit ou une heure du matin.
Ensuite, on balade encore un peu, on fait une exposition, si possible, et puis ben bêtement la route vers l'aéroport où nous allons passer la nuit afin d'être deux heures en avant pour un vol prévu normalement à 7 heures 30 mais repoussé à 8 heures.
A priori, il devrait y avoir moins de français à bord.
Eh eh eh.
Bon, non, je déconne.
Tous les français ne sont pas des cons. Mais y a un apprentissage du savoir-vivre qui est manquant chez pas mal, c'est tout. Et pour le fait, je dis cela parce que ça nous laissera un peu de chance de ne pas être trop nombreux à attendre un vol (quoique, ils ont un million de touristes par an, concentrés sur trois mois d'été, c'est pas forcément si sûr cette affaire là).
Il n'y a pas possibilité de dormir à des tarifs raisonnables à côté de l'aéroport. La nuit va être un brin compliquée. On a déjà vécu ça.
C'est possible quand tu voyages de faire quelques efforts que tu ne ferais pas au quotidien.
Je remercie donc mon foie de ne pas m'avoir attaqué ce matin en dépit des trois pintes d'hier... et je lui en souhaite autant sur une ou deux soirées écossaises
:)

Ah oui, essayer de trouver ça :
Ghosts, Witchcraft and the Other World: Icelandic Folktales I
(fait, merci amazon.co.uk)Bien plus tard, à l'aéroport de Reykjavik.
Hu.
La claque.
Une longue balade dans Reykjavik et surtout le point d'orgue, rempli d'émotions de la gay pride.
J'ai vraiment senti une communion incroyable, c'est dommage qu'on avait pas le temps d'être plus de certains événements (trop court pour nous)...
Mais je ne résiste pas au plaisir de donner la page du jour du 20 qui en traite (avant que j'ai le temps de la retravailler mieux sur mon pc fixe).
http://www.lapagedujour.net/aout2014/vingtaout2014.htm

Je retiens particulièrement trois moments de cette journée, de toutes les manières.
L'exposition photo de Ragnar Axelson à la bibiliothèque de Reykjavik.
La gay pride. Putain. Des larmes. Et une incompréhension de la connerie crasse des contestataires des droits aux LGBT.
Le petit jardin public avec des statues fabuleuses sur le chemin du retour. J'aurais eu le temps, j'aurais volontiers passer une heure...

Et sinon, la page du jour d'aujourd'hui :

Dans le cul, Lulu...

Jour 13
Hou... Mon rêve était étrange et décrivait les errances d'une sorte de type certainement scientifique pris dans une intrigue fantastico-policière dans une sorte d'hôtel danois ou scandinave. Il y avait des règlements de compte en pagaille et mon vieux, il en arrivait même à éliminer certaines personnes sans doute impliquées dans un énorme complot mafieux avant qu'à la fin on ne se rende compte que de manière un peu facile tout était un film et que l'histoire racontait finalement le délire de ce scientifique alcoolo.
Je me souviens même de mes commentaires sur la taille du sexe de ce scientifique quelques semaines après les événements qui apparaît à poil dans une scène où tous les personnages de l'intrigue sont dans leur peau de comédiens et mélangés différemment.
On se demande toujours comment les autres gens rêvent. Les personnages d'un rêve sont généralement des bouts arrangés de notre psyché, mais moi, le plus souvent, je ne suis que spectateur, je suis rarement acteur du rêve, je plonge parfois un peu dans les émotions d'un des personnages mais il est rare que je n'en sois qu'un. Un peu comme le principe sans doute des films du futur où, lorsqu'on pourra enregistrer les émotions des acteurs, on pourra choisir de vivre un film en points de vue multiples, en plongeant de l'un à l'autre des personnages.
Le plus fort dans un rêve, je trouve, c'est même le registre des émotions qui sont, pour mon compte, les plus vraies ou disons pures qu'on puisse ressentir. Il n'y a aucune interprétation des émotions d'un autre, il n'y a que les multiples émois du soi avec lui-même et peut-être, parfois, avec la Source pour ceux qui y croient, le fameux inconscient collectif, la zone étrange de partage et de perception dégagée des frontières de la veille qui peut expliquer certains rêves prémonitoires où le fil linéaire du temps tel que nous le percevons n'a pas forcément cours.
C'est certainement ce que je trouve de plus con dans le statut d'être humain, celui de ne pas pouvoir tirer plus de substances de tous ces rêves.
Bien sûr, certains diront qu'il ne s'agit que du cerveau qui classe, stocke, trie et élimine ou emboîte certaines données de la journée. Mais je n'ai pas cette sensation quand je rêve et l'important c'est ce qui définit ta perception de la réalité, pas forcément la réalité elle-même.
Je ne sais pas si tout n'est qu'illusion, mais si c'était le cas, l'illusion la plus proche du réel que nous sommes, ou de l'illusion de réel, serait quand même nos rêves.
Bon.
Sinon je ne retrouve pas mon manteau.
Avec mon portefeuille dedans et sans doute l'équivalent de 200 euros et deux cartes bleues.
Normalement les gens du Nord sont honnêtes.
Mais le camping étant occupé à 75 % de français, c'est un peu moins sûr.
Nous devons attendre neuf heures, voir si la réception s'ouvre, sinon, j'espère que je ne vais pas gâcher la journée de mes deux camarades d'aventure.
Quand je disais que le rêve était moins compliqué que la vie...

75 % de français au moins, jour 13.
75 % de français et c'est la merde.
Les toilettes et les chiottes sont immondes, la cuisine est dégueulasse et je me fais piquer mon portefeuille avec 200 euros dedans, deux cartes de crédit et tout le bazar.
Sans compter l'attente très longue de l'accueil parce que le gars de l'accueil s'est bourré la gueule la veille avec certaines personnes du campement.
Je n'ai pas été vigilant.
Un oubli de ma veste et des rats français ont sauté dessus.
Français. A 100 %. Je suis définitivement devenu misanthrope avec les pays du Sud : il n'y a pas le sens de l'accueil, de la réception et de l'honnêteté caractéristiques des pays du Nord (évidemment que c'est lié au froid et au fait que le voyageur crevait si tu lui disais merde). Mais quand même.
Remarque, les points positifs dans cette histoire de merde...
Un putain, bien que lent, de bon flic auprès de qui je fais ma déposition. Il s'est bien foutu de ma gueule, mais gentiment, avec l'humour islandais auquel je suis réceptif puisque que je pratique l'autodérision.
Une visite de l'ambassade française de Reykjavik avec un employé qui avait demandé sa nomination et qui a eu du mal à supporter l'hiver mais qui a pris un peu de la couleur locale au niveau de l'humour et de la placidité.
Une excellente happy hour dans un pub appelé « The Lebowski Bar » en hommage au film. L'happy hour, c'est traître. Mais j'avais bien besoin de ça.
Un non pétage de plomb étonnant en dépit de la longue attente le matin, de la matinée totalement gâché et du fait qu'on ait quasiment rien fait à cause de moi. Je n'ai pas ressenti cette sensation de viol que j'avais déjà eue en étant cambriolé ou en me faisant niquer une autre carte bleue.
Comment dire ?
Oui, j'ai perdu 200 euros.
Oui, ça a été galère.
Mais bon.
Avec l'aide des parents de ma femme, on s'en est sorti au niveau des assurances (IM-POS-SI-BLE à appeler depuis l'étranger : RI-DI-CU-LE).
Avec l'aide de ma femme et d'Anne-Laure, empathique sur le coup, je n'ai pas eu à m'en mordre les doigts, car c'est bien un vol, et rien d'autre.
Si ce n'était le théâtre, ça scellerait mon envie définitive de me casser d'un pays où on ne respecte pas certaines valeurs que je considère essentielles.
J'ai retrouvé il y a quelques semaines un sac à main au supermarché, il ne m'est pas venu une seule seconde à l'esprit de piquer la thune.
Là, j'ai eu affaire à un de ces gros enculés qui font que je serais un misanthrope et un désabusé presque intégral si ce n'était que l'art ou l'empathie me sauvent.
Bref.
J'ai un regret, sur hier, avoir emporté une fois ma veste à la cuisine crade et l'avoir oublié un peu.
J'ai une envie, en rédigeant ces lignes, coller une patate au voleur et je sais que je l'aurais fait si je l'avais pris la main dans le sac.
J'ai une certitude, une fois que j'aurai écrit ces lignes, je ne ruminerai pas le vol.
Je crois au destin, aux signes qui te disent : abandonne ta vieille peau, mue.
J'ai donc bien perdu tous les trèfles à quatre feuilles cueillis en Irlande (sauf ceux que j'avais pris pour les autres).
J'ai aussi perdu ma carte de rhésus sanguin que j'avais depuis ma naissance et qui a traversé tous mes portefeuilles.
Les cartes, le permis, la carte vitale, les deux cent euros à la limite... (plus si on considère le rachat d'une nouvelle veste à un tarif relativement islandais).
Qu'apprendre de tout cela ?
Jeter le passé. Repartir à zéro ou du moins sur les bases qui me font envie depuis des mois.
Ça sera théâtre, écriture et puis voilà.
Je ne me raccroche à aucun écho.
Des images de la journée ?
Oh bien sûr.
L'air bonhomme du flic du village situé à 13 kilomètres d'Hella : Hvolsvöllur.
La discussion avec l'employé de l'ambassade qui ne traite que peu les dossiers de vol, plus depuis trois semaines avec l'arrivée des touristes français, alors qu'à Rome c'était monnaie courante.
L'excellente ambiance au bar, détendu par la double bière de l'Happy hour.
La tranquille sérénité qui se dégage de l'appartement où nous résidons, la demeure d'une particulière qui loue son propre appartement, avec son intimité en partie dévoilée. J'ai pu feuilleter un livre de photos érotiques parlant des positions sexuelles (en islandais, mais avec des photos) ou lire un conte traditionnel (en anglais).
Ma femme a définitivement envie de revenir.
Moi, j'ai envie d'éviter les français comme la peste, du moins, les cons, les râleurs, les grandes gueules, les sales ou les hypocrites. Et il y en a vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup en Islande (allez savoir pourquoi). Il y en a aussi des très bien. C'est juste que sur la moyenne, eh ben, on a des leçons graves à prendre du Nord, c'est tout. Et pour éviter les français en vacances, faut bien réfléchir : où vont-ils le moins en masse ?
Non parce que, si je pars, c'est pour causer en anglais aussi. Mais quand la moitié de ton séjour, t'as eu l'occasion de parler français, eh ben, walla quoi. Ça fait pas dépaysement. Changer de langue est une composante essentielle du voyage. Changer de mentalité aussi.
Mais je râle, et de fait, c'est comme toujours.
Un voyage, c'est les pertes, les peines, les gains et les joies et ça te construit en quelques jours bien plus rapidement que plusieurs mois dans ton année si tu as su ouvrir les yeux (et dans mon cas les ouvrir assez pour ne plus croire que les gens sont sympas – ou du moins savoir que si un camping est quasiment uniquement occupé par des français, c'est pas le pays où tu te trouves, mais la France qui règne).
Allez.
Je ne me prends pas la tête plus que ce chemin d'écriture.
Je livre la page du jour, et c'est marre:)
http://www.lapagedujour.net/aout2014/neufaout2014.htm

Et la page du jour, faite une heure avant d'apprendre que je l'avais eu dans l'os.
http://www.lapagedujour.net/aout2014/dixneufaout2014.htm