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mercredi 24 septembre 2014

Yo.

http://www.lapagedujour.net/septembre2014/vingtquatreseptembre2014.htm

Bon.
On revient avec cette page du jour sur l'Islande.
Je jure sur la tête d'un pouilleux que j'ai eu l'image d'un paquet qui m'était renvoyé avec toutes mes affaires le jour où le portefeuille avait disparu.
J'avais mon instrument de divination personnel qui me disait : c'est bon, t'en fais pas.

Bref.
Comme je le dis dans la page du jour, il va falloir que je visite vraiment la République Tchèque un jour :)

Et maintenant me voilà avec trop de portefeuilles et de vestes de pluie.

samedi 16 août 2014

Retour

Avant le départ...

Un rêve.
Road trip, serions-nous des individus avec le potentiel de survivants d'une apocalypse, des découvreurs d'autres personnes avec des professions un peu interlopes. La scène finale du rêve est chez une sorte de grand ancien capable d'isoler les gens dans le temps et l'espace, il a comme servant premier un petit bonhomme un peu rond qui fait l'amour à des femmes pour lui et moi, échappant à une punition majeure du grand ancien, je suis une sorte de voleur qui devient en fait l'équivalent du chat botté. Je revois encore une vieille dame se perdre dans le temps et l'espace alors que moi et ce petit bonhomme avons réchappé.
Des bouts d'un vieil Angoulême, de potes des beaux-arts, de vieux vêtements du passé traînent aussi dans ce rêve. Mais le gardien d'un vieil appartement avec des pouvoirs incommensurables, c'était bien fou.
Après l'arrivée...
Un autre rêve, à la sieste, avec un paquebot un peu moi que je dois ramener au port.

Le soir...Ma dernière claque du séjour aura été de commencer un livre de Nigel Findley, mon auteur fétiche dans l'avion : 2XS. Les traducteurs ont fait un excellent boulot car la première version de la traduction sucrait la moitié facilement des signes. Comme l'année prochaine, ça sera les 20 ans de sa mort et comme je n'ose imaginer tout ce qu'aurait pu pondre en 20 ans cet auteur s'il n'était pas parti trop tôt, j'ai envie de lui rendre hommage en me resservant de certains des matériaux qu'il a écrit.
C'est pour ça qu'il faut que je trouve quelques joueurs motivés pour donner dans le jeu pour lequel il a le plus écrit, mon jeu fétiche, en incluant bien sûr quelques éléments personnels de ma campagne des 28...
J'ai une forte idée de la manière de mener les choses...
Il faut savoir tout de même (oui, oui) que je n'ai jamais été autant habité que lorsque je faisais jouer des bons joueurs motivés au jeu qui me plaisait le plus.
Les bons joueurs motivés avec du temps régulier sur la chose.
Bons et motivés, c'est ce qu'il y a de plus difficile à trouver maintenant.
Mais quand je lis la psychologie des personnages de cet auteur et comment il savait rendre les détails de l'univers ou la précision des sentiments, je repense à ce que j'ai ressenti à Corrimony : Pars, sois grand.
Dans le sens de vas-y, ose.
Une vieille envie en somme de ne pas vouloir faire dans la médiocrité dans les activités passions : théâtre, jeu de rôle ou voyage (ne pas être médiocre en vacances, c'est important, j'aurais pété les plombs sinon, au vol de mon portefeuille).
Je me promets donc pour l'année prochaine de rendre hommage à mon auteur fétiche en reprenant Shadowrun (dont il était le développeur lorsqu'il est décédé) et en rendant justice à la sueur et la crasse de la rue.
Quitte à n'avoir que deux ou trois joueurs.

Un bon voyage, décidément que ce dernier voyage.
Un qui t'apprend à jeter des vieux habits, à prendre des décisions claires et à savoir où tu veux aller.
Un qui te fait grandir.
Ça a l'air hautain, mais la médiocrité, je n'en veux plus.
Soit les choses seront amusantes et pleine de vibrations, soit les choses seront pures et pleines d'émotions, mais je ne me contenterai pas de trucs moyens, en jeu comme à l'écrit.
La vie est trop courte, autant passer le reste un pied au-dessus de la merde que dedans.
Alors, évidemment qu'avec les handicaps, c'est plus facile à dire qu'à faire.
Mais se laisser emmerder le moins possible parce que qui est emmerdant est aussi une manière de lutter contre la médiocrité.

La page du jour, tiens :

lundi 11 août 2014

Petits yeux.

Jour 15... La tête dans le cul.
Alors, ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère à l'aéroport de Reykjavik, alors que tu n'as rien pour dormir à des kilomètres à la ronde, vas-y qu'il y a des panneaux interdiction de dormir dans l'aéroport (du moins au sol) et vas-y que je te balance des annonces pour te le rappeler bien fort à partir de deux heures du matin et que je t'assène aussi de l'air froid.
Un peu rêche.
Du coup, j'ai pas vraiment dormi.
Mais ce n'est pas grave.
Je vais essayer une autre technique pour le sommeil : 4 fois une heure ou une heure et demi dans la journée.
Paraît que ça marche.
C'est sans doute une des premières fois que j'ai envie de prendre l'avion pour dormir.
Mais eh. Je le prends porte 28C et j'ai la place 28C, pour quelqu'un qui en a fait son chiffre fétiche... c'est plutôt cool.

Bien plus tard... en fin de soirée.
Dans la série incidents de parcours : avion qui arrive une demi-heure en retard, attente de la navette de location de voiture 25 minutes, problème avec la carte bleue qui nous oblige à raquer 30 euros de plus par jour en prenant une assurance dont nous n'aurions pas eu besoin avec la visa premier, pluie absolument toute la journée.
Le pire, reste la dépense non prévue, mais impossible de faire autrement. C'est 450 euros non prévus que nous aurons coûté ces vacances, tiens.
Et j'en profite, d'ailleurs pour noter les numéros de référence des papier qu'on va devoir envoyer à nos banques respectives pour se faire rembourser s'il y a eu des achats pendant que les cartes ont été volées et que je n'ai pas eu le temps de faire annuler la chose.
F1650F05 pour la carte pass.
0808201405446 pour la carte visa premier de la Banque postale.


Avec beaucoup de retard, donc, le temps de poireauter sans doute une heure de plus que ce qui aurait dû, nous sommes arrivés à Glencoe sous la pluie persistante pour nous poser comme des merdes devant une émission de Jamie Olliver (Que personnellement j'adore).
Ensuite nous sommes allés dans mon auberge fétiche, le Clachaig Inn où l'ambiance était au rendez-vous (des français d'une chorale, venus en curieux), un couple qui jouait au backgammon et aux échecs en pichant comme des sales, trois tchèques venus taper le carton musical avec trois briscards qui animaient la salle.

J'ai sacrifié à la tradition du Haggis après la tradition dans l'après-midi d'un arrêt obligatoire au Green Welly Shop pour acheter les deux bouteilles de Ledaig (jeune certes, mais Ledaig tout de même) qu'il restait.

J'ai aussi goûté, avec ma femme, qui s'est laissé aller (en dépit de la fatigue) un whisky nommé le « as we get it » dont je pourrai parler plus en avant quand je serai connecté.
Pour achever cette journée très mal commencée (pas dormi, le mec au haut-parleur qui te réveille) et très bien finie (Le clachaig inn et l'ambiance), je m'en vais goûter ce que j'ai voulu goûter tout le séjour du Brennivin que j'ai acheté en mignonnette avec une liqueur et une eau-de-vie de boulot.
C'est sans doute gâché, après le « as we get it ». Mais allez, on y va...
Gloups.
Analyse.
Un fond de carvi peut-être.
Pas totalement inintéressant, mais pas de subtilité particulière, et sans commune mesure avec ce qui fait la dégustation d'un whisky. Ça peut se boire, quoi.
Ça doit pouvoir se tenir dans certains cocktails, peut-être avec de la rose, du gingembre ou du litchi.
Trois images de la journée ?
Un type, à trois heures du matin, qui marche perdu dans l'aéroport, manquant affreusement de sommeil, quasi zombi.
La chouette ou le hibou dans l'arbre tout proche du cottage où nous logeons et qui s'est laissé photographier à moins de 2 mètres.
L'ambiance du Clachaig Inn. Cinq années que je vais en Écosse, et pas une seule fois loupé. C'est dire.
Je ne crois pas que je serai capable de bosser la page du 21 août ce soir, par contre, parce que comment dire ? La journée a été rude. J'ai dû conduire en dépit des douleurs parce que physiquement ma femme n'aurait pas été capable (je supporte mieux le manque de sommeil qu'elle), on a eu la déception de devoir raquer plus que prévu, on a pas vraiment dormi autrement qu'un peu - et très mal - sur la chaise de l'aéroport ou le fauteuil de l'avion...
Bonne nuit journal.
Bonne nuit (ou journée) les gens:)

La page qui concerne la journée :

samedi 9 août 2014

Arc en Ciel.

Jour 14...
Le programme est fait.
Lever plus tard que d'habitude, marcher en ville la journée, profiter si possible de la parade de la gay pride.
Je serais bien sorti en ville hier soir, mais les bières au compteur étaient la limite. Je n'aurais pas pu boire un coup et pour le coup, eh ben, ça aurait quand même été mieux de sortir à plusieurs.
J'ai bien entendu, par contre, qu'ils étaient du genre à circuler la nuit et à venir chez les uns ou les autres jusqu'à minuit ou une heure du matin.
Ensuite, on balade encore un peu, on fait une exposition, si possible, et puis ben bêtement la route vers l'aéroport où nous allons passer la nuit afin d'être deux heures en avant pour un vol prévu normalement à 7 heures 30 mais repoussé à 8 heures.
A priori, il devrait y avoir moins de français à bord.
Eh eh eh.
Bon, non, je déconne.
Tous les français ne sont pas des cons. Mais y a un apprentissage du savoir-vivre qui est manquant chez pas mal, c'est tout. Et pour le fait, je dis cela parce que ça nous laissera un peu de chance de ne pas être trop nombreux à attendre un vol (quoique, ils ont un million de touristes par an, concentrés sur trois mois d'été, c'est pas forcément si sûr cette affaire là).
Il n'y a pas possibilité de dormir à des tarifs raisonnables à côté de l'aéroport. La nuit va être un brin compliquée. On a déjà vécu ça.
C'est possible quand tu voyages de faire quelques efforts que tu ne ferais pas au quotidien.
Je remercie donc mon foie de ne pas m'avoir attaqué ce matin en dépit des trois pintes d'hier... et je lui en souhaite autant sur une ou deux soirées écossaises
:)

Ah oui, essayer de trouver ça :
Ghosts, Witchcraft and the Other World: Icelandic Folktales I
(fait, merci amazon.co.uk)Bien plus tard, à l'aéroport de Reykjavik.
Hu.
La claque.
Une longue balade dans Reykjavik et surtout le point d'orgue, rempli d'émotions de la gay pride.
J'ai vraiment senti une communion incroyable, c'est dommage qu'on avait pas le temps d'être plus de certains événements (trop court pour nous)...
Mais je ne résiste pas au plaisir de donner la page du jour du 20 qui en traite (avant que j'ai le temps de la retravailler mieux sur mon pc fixe).
http://www.lapagedujour.net/aout2014/vingtaout2014.htm

Je retiens particulièrement trois moments de cette journée, de toutes les manières.
L'exposition photo de Ragnar Axelson à la bibiliothèque de Reykjavik.
La gay pride. Putain. Des larmes. Et une incompréhension de la connerie crasse des contestataires des droits aux LGBT.
Le petit jardin public avec des statues fabuleuses sur le chemin du retour. J'aurais eu le temps, j'aurais volontiers passer une heure...

Et sinon, la page du jour d'aujourd'hui :

Dans le cul, Lulu...

Jour 13
Hou... Mon rêve était étrange et décrivait les errances d'une sorte de type certainement scientifique pris dans une intrigue fantastico-policière dans une sorte d'hôtel danois ou scandinave. Il y avait des règlements de compte en pagaille et mon vieux, il en arrivait même à éliminer certaines personnes sans doute impliquées dans un énorme complot mafieux avant qu'à la fin on ne se rende compte que de manière un peu facile tout était un film et que l'histoire racontait finalement le délire de ce scientifique alcoolo.
Je me souviens même de mes commentaires sur la taille du sexe de ce scientifique quelques semaines après les événements qui apparaît à poil dans une scène où tous les personnages de l'intrigue sont dans leur peau de comédiens et mélangés différemment.
On se demande toujours comment les autres gens rêvent. Les personnages d'un rêve sont généralement des bouts arrangés de notre psyché, mais moi, le plus souvent, je ne suis que spectateur, je suis rarement acteur du rêve, je plonge parfois un peu dans les émotions d'un des personnages mais il est rare que je n'en sois qu'un. Un peu comme le principe sans doute des films du futur où, lorsqu'on pourra enregistrer les émotions des acteurs, on pourra choisir de vivre un film en points de vue multiples, en plongeant de l'un à l'autre des personnages.
Le plus fort dans un rêve, je trouve, c'est même le registre des émotions qui sont, pour mon compte, les plus vraies ou disons pures qu'on puisse ressentir. Il n'y a aucune interprétation des émotions d'un autre, il n'y a que les multiples émois du soi avec lui-même et peut-être, parfois, avec la Source pour ceux qui y croient, le fameux inconscient collectif, la zone étrange de partage et de perception dégagée des frontières de la veille qui peut expliquer certains rêves prémonitoires où le fil linéaire du temps tel que nous le percevons n'a pas forcément cours.
C'est certainement ce que je trouve de plus con dans le statut d'être humain, celui de ne pas pouvoir tirer plus de substances de tous ces rêves.
Bien sûr, certains diront qu'il ne s'agit que du cerveau qui classe, stocke, trie et élimine ou emboîte certaines données de la journée. Mais je n'ai pas cette sensation quand je rêve et l'important c'est ce qui définit ta perception de la réalité, pas forcément la réalité elle-même.
Je ne sais pas si tout n'est qu'illusion, mais si c'était le cas, l'illusion la plus proche du réel que nous sommes, ou de l'illusion de réel, serait quand même nos rêves.
Bon.
Sinon je ne retrouve pas mon manteau.
Avec mon portefeuille dedans et sans doute l'équivalent de 200 euros et deux cartes bleues.
Normalement les gens du Nord sont honnêtes.
Mais le camping étant occupé à 75 % de français, c'est un peu moins sûr.
Nous devons attendre neuf heures, voir si la réception s'ouvre, sinon, j'espère que je ne vais pas gâcher la journée de mes deux camarades d'aventure.
Quand je disais que le rêve était moins compliqué que la vie...

75 % de français au moins, jour 13.
75 % de français et c'est la merde.
Les toilettes et les chiottes sont immondes, la cuisine est dégueulasse et je me fais piquer mon portefeuille avec 200 euros dedans, deux cartes de crédit et tout le bazar.
Sans compter l'attente très longue de l'accueil parce que le gars de l'accueil s'est bourré la gueule la veille avec certaines personnes du campement.
Je n'ai pas été vigilant.
Un oubli de ma veste et des rats français ont sauté dessus.
Français. A 100 %. Je suis définitivement devenu misanthrope avec les pays du Sud : il n'y a pas le sens de l'accueil, de la réception et de l'honnêteté caractéristiques des pays du Nord (évidemment que c'est lié au froid et au fait que le voyageur crevait si tu lui disais merde). Mais quand même.
Remarque, les points positifs dans cette histoire de merde...
Un putain, bien que lent, de bon flic auprès de qui je fais ma déposition. Il s'est bien foutu de ma gueule, mais gentiment, avec l'humour islandais auquel je suis réceptif puisque que je pratique l'autodérision.
Une visite de l'ambassade française de Reykjavik avec un employé qui avait demandé sa nomination et qui a eu du mal à supporter l'hiver mais qui a pris un peu de la couleur locale au niveau de l'humour et de la placidité.
Une excellente happy hour dans un pub appelé « The Lebowski Bar » en hommage au film. L'happy hour, c'est traître. Mais j'avais bien besoin de ça.
Un non pétage de plomb étonnant en dépit de la longue attente le matin, de la matinée totalement gâché et du fait qu'on ait quasiment rien fait à cause de moi. Je n'ai pas ressenti cette sensation de viol que j'avais déjà eue en étant cambriolé ou en me faisant niquer une autre carte bleue.
Comment dire ?
Oui, j'ai perdu 200 euros.
Oui, ça a été galère.
Mais bon.
Avec l'aide des parents de ma femme, on s'en est sorti au niveau des assurances (IM-POS-SI-BLE à appeler depuis l'étranger : RI-DI-CU-LE).
Avec l'aide de ma femme et d'Anne-Laure, empathique sur le coup, je n'ai pas eu à m'en mordre les doigts, car c'est bien un vol, et rien d'autre.
Si ce n'était le théâtre, ça scellerait mon envie définitive de me casser d'un pays où on ne respecte pas certaines valeurs que je considère essentielles.
J'ai retrouvé il y a quelques semaines un sac à main au supermarché, il ne m'est pas venu une seule seconde à l'esprit de piquer la thune.
Là, j'ai eu affaire à un de ces gros enculés qui font que je serais un misanthrope et un désabusé presque intégral si ce n'était que l'art ou l'empathie me sauvent.
Bref.
J'ai un regret, sur hier, avoir emporté une fois ma veste à la cuisine crade et l'avoir oublié un peu.
J'ai une envie, en rédigeant ces lignes, coller une patate au voleur et je sais que je l'aurais fait si je l'avais pris la main dans le sac.
J'ai une certitude, une fois que j'aurai écrit ces lignes, je ne ruminerai pas le vol.
Je crois au destin, aux signes qui te disent : abandonne ta vieille peau, mue.
J'ai donc bien perdu tous les trèfles à quatre feuilles cueillis en Irlande (sauf ceux que j'avais pris pour les autres).
J'ai aussi perdu ma carte de rhésus sanguin que j'avais depuis ma naissance et qui a traversé tous mes portefeuilles.
Les cartes, le permis, la carte vitale, les deux cent euros à la limite... (plus si on considère le rachat d'une nouvelle veste à un tarif relativement islandais).
Qu'apprendre de tout cela ?
Jeter le passé. Repartir à zéro ou du moins sur les bases qui me font envie depuis des mois.
Ça sera théâtre, écriture et puis voilà.
Je ne me raccroche à aucun écho.
Des images de la journée ?
Oh bien sûr.
L'air bonhomme du flic du village situé à 13 kilomètres d'Hella : Hvolsvöllur.
La discussion avec l'employé de l'ambassade qui ne traite que peu les dossiers de vol, plus depuis trois semaines avec l'arrivée des touristes français, alors qu'à Rome c'était monnaie courante.
L'excellente ambiance au bar, détendu par la double bière de l'Happy hour.
La tranquille sérénité qui se dégage de l'appartement où nous résidons, la demeure d'une particulière qui loue son propre appartement, avec son intimité en partie dévoilée. J'ai pu feuilleter un livre de photos érotiques parlant des positions sexuelles (en islandais, mais avec des photos) ou lire un conte traditionnel (en anglais).
Ma femme a définitivement envie de revenir.
Moi, j'ai envie d'éviter les français comme la peste, du moins, les cons, les râleurs, les grandes gueules, les sales ou les hypocrites. Et il y en a vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup en Islande (allez savoir pourquoi). Il y en a aussi des très bien. C'est juste que sur la moyenne, eh ben, on a des leçons graves à prendre du Nord, c'est tout. Et pour éviter les français en vacances, faut bien réfléchir : où vont-ils le moins en masse ?
Non parce que, si je pars, c'est pour causer en anglais aussi. Mais quand la moitié de ton séjour, t'as eu l'occasion de parler français, eh ben, walla quoi. Ça fait pas dépaysement. Changer de langue est une composante essentielle du voyage. Changer de mentalité aussi.
Mais je râle, et de fait, c'est comme toujours.
Un voyage, c'est les pertes, les peines, les gains et les joies et ça te construit en quelques jours bien plus rapidement que plusieurs mois dans ton année si tu as su ouvrir les yeux (et dans mon cas les ouvrir assez pour ne plus croire que les gens sont sympas – ou du moins savoir que si un camping est quasiment uniquement occupé par des français, c'est pas le pays où tu te trouves, mais la France qui règne).
Allez.
Je ne me prends pas la tête plus que ce chemin d'écriture.
Je livre la page du jour, et c'est marre:)
http://www.lapagedujour.net/aout2014/neufaout2014.htm

Et la page du jour, faite une heure avant d'apprendre que je l'avais eu dans l'os.
http://www.lapagedujour.net/aout2014/dixneufaout2014.htm

vendredi 8 août 2014

Landmannalaugar

Jour 12...
Alors... alors, alors...
Un peu long le car 4X4 pour aller à Landmannalaugar.
Je regrette de ne pas avoir ouvert plus les yeux sur les 2 heures et demi d'aller et les deux heures et quart de retour, mais comment dire ?
J'ai souffert.
Le 4X4, en fait, c'est pas du tout le truc quand tu as une hernie cervicale. J'ai eu beau porter la minerve.
Ouille.
Le meilleur moyen d'éviter le ouille était donc de dormir. Puis, il y avait le sommeil en retard.
J'ai pas loupé le meilleur moment : des chevaux guidés par des cavaliers pour être ramenés à leur camp.
Ou des chevaux galopant au bord de la route en liberté.
Conclusion, pas grand-chose à dire, parce qu'avec l'heure déjà quasiment pour arriver sur le site où on dormait (et prenait le bus), et le temps de se poser d'avoir passer quatre heures et demi sous une pluie continue (il a plu toute la journée, pour la première fois de notre voyage et toute la journée, c'est vrai que c'est usant), il n'y a à sauver de la journée que la balade de base (évidemment trop courte puisque les randonnées sont parfois prévues pour plusieurs heures ou jours...)
On a pas eu le temps de se baigner dans la source chaude. Mais on a profité du décor, absolument sublime et qui te donne envie de poser ta tente quelques jours dans l'endroit (à condition qu'il ne pleuve pas).
Je pense à la pauvre mine abattue des campeurs du site où on est. En une semaine, ils n'ont eu qu'un seul jour de beau temps, force est d'avouer que c'est usant.
Demain, on fait route vers Reykjavik pour profiter sans doute d'une exposition ou deux. On compte aussi faire la gay pride demain avant d'avoir à rendre la voiture avant 19 heures 45 et de passer la nuit comme des zombies à l'aéroport.
Je ne garde que trois images ?
Des chevaux en liberté (ça donne envie de monter, putain, mais à tous les coups, je l'ai dans le cul comme avec le 4X4).
L'apéro bière / cacahuètes au wasabi pour se réchauffer après avoir été trempé toute la journée.
La putain de vue sur le plateau de Landmannalaugar. Il y a de quoi circuler des heures rien que là-haut. Alors je n'imagine même pas les chemins de randonnée possibles.
Oui. Donc, pas la plus fabuleuse des journées, parce que je n'ai pas pris le temps de regarder le paysage. Mais je ne regrette rien. Le truc c'est que tu sais que la journée n'est pas foirée quand une balade t'as donné envie de la refaire ou quand tu as envie de découvrir les autres choses que tu n'as pas pu faire.
Bon, c'est sûr, la randonnée mythique de 7 jours, ça, je sais pas si j'ai les capacités.
Mais un truc d'une journée, pitin, une journée à être au milieu de ces étendues sauvages, à même d'être bouleversées n'importe quand par l'explosion d'un volcan.


Huiiirg.



Allez, la page du 8 août.
http://www.lapagedujour.net/aout2014/huitaout2014.htm

Et la page du jour qui concerne aujourd'hui (celle de dans 11 jours).
http://www.lapagedujour.net/aout2014/dixhuitaout2014.htm

jeudi 7 août 2014

Jours 10 et 11 (putain de wifi)

Jour 10...
Ça, c'est la page de ce jour...
http://www.lapagedujour.net/aout2014/sixaout2014.htm
Mais je dois avouer que la page faite ce jour et prévue pour le 16 août est presque auto-suffisante.

Je pourrais causer du très étonnant et remarquable tirage de runes fait hier soir en ce qui concerne le théâtre.
Mais quoi ?
Je connais la voie qui me plaît de toutes les manières.
Je pourrais causer du soulagement à Höfn (Heupneu on prononce, je rappelle) de n'avoir à attendre qu'un petit quart d'heure et de payer seulement trente euros.
Je pourrais causer des français aperçus au Netto de Höfn à qui je déconseille le tour pour aller voir les baleines s'ils ne prennent pas un médoc.
Mais non.
J'ai pas forcément envie de causer en fait.
Je reste sur une petite déception, celle de ne pas être allé au bout de certains chemins pour plusieurs des balades que nous avons faites.
Mais eh.
Soit tu fais un truc à fond.
Soit t'en fais plusieurs.
On a vu des phoques, on a ramassé de la rhyolite (au plus proche possible de l'obsidienne que cherchait Anne-Laure), on a déjeuné dehors, on en a pris plein les mirettes au niveau de la diversité des paysages, on a eu l'occasion de marcher comme il faut, de prendre des photos de dingue (enfin surtout ma femme)...
Alors quoi ?
Fol serait celui qui serait capable de se plaindre de quoi que ce soit dans une journée comme celle-là.
On s'est même payé le luxe d'avoir 15 degrés pour la dernière balade. Hou hou.
Je passe donc l'espagnole un peu mesquine sur la place pour la machine à laver le linge, le gardien un peu con dans la tripotée des espagnols de ses toilettes d'en-bas... C'est inutile.
Je ne retiendrai de fait que trois images de la journée.
Le brave et placide, mais remarquablement efficace garagiste de ce matin.
Le morceau de glace sorti de l'eau qui n'avait rien à envier à l'oeuvre de sculpteurs modernes.



Regarder nager des phoques.
Trouver une pierre un peu fétiche en essayant d'approcher un glacier mais en s'arrêtant à huit cent mètres à peine (en marche un peu sportive à flanc de colline gravillonneuse) d'un glacier.
Oui, je sais, ça fait quatre.
Mais la pierre ne compte pas. C'était juste une manière d'occuper mon esprit à autre chose pour passer la douleur accumulée hier en stressant sur le pneu.
Je n'ai pas non plus envie de parler du bras, du dos ou du cou.
Ça ne sert à rien. Je ne laisse rien de mal gâcher les vacances.
Ça ne sert vraiment à rien.



Jour 11
Skògafoss, depuis le bar restaurant de l'auberge de jeunesse.
J'ai vue sur la cascade.
Je viens de me commander la bière la plus chère de ma vie. 10 euros, putain.
Mais elle déchire. 9,4 degrés, putain.
J'aurais dû prendre mon carnet de notes de la nuit. J'ai rêvé d'un animal entre une loutre et une sorte de prédateur du genre fouine, capable de se transformer en fée. J'ai touché le doigt de cette fée. J'ai été deux personnages, celui qui touche la fée et celui qui met neuf années avant de réussir dans une comédie musicale ou un film qui raconte l'histoire d'une comédie musicale montée en neuf années.
Je suis sorti de torrents boueux et d'eau froide.
J'ai supporté l'annonce de la mort, un dimanche, d'un ami par une autre amie à trois heures du matin, ce qui a été compliqué pour se rendormir. Heureusement que j'ai touché le doigt de la fée en rêve. Des yeux, putain. Des yeux...
Je me suis arrêté par hasard d'ailleurs ce matin sur un site où l'on peut découvrir des gisement basaltiques qui sont dans les croyances populaires des habitations de nains et d'elfes. En prenant un petit film pour immortaliser la scène, mon pied s'est posé devant un trèfle à cinq feuilles.
Je ne suis pas en état, n'ayant pas la connexion depuis le bar restaurant où je me trouve, de pouvoir indiquer parfaitement le nom des lieux de tous les endroits visités.
Mais les images restent.
Fabuleuses, encore, en dépit du manque d'arbres.
Enfin, pour les arbres, on a eu l'occasion de voir un petit bois (qu'ils appellent forêt ici) avec l'arbre le plus grand d'Islande (25 mètres sa race).



Et j'ai encore des tas d'images.
Un fou rire à la caisse du supermarché de Vik en imaginant un plat avec des bananes, de la roquette et du chocolat. Anne-Laure m'a dit que j'avais fait marrer tout le monde dans le magasin.
La marche sur les hauteurs de gneugneu (je retrouverai le nom plus tard ou pas... ) et ma femme qui a peur dans la descente, la pauvre, avec son vertige. Les arbres, peut-être pas si nombreux, mais les arbres qui sont finalement la principale chose qui manque à l'Islande pour en faire un pays totalement parfait (on est obligé de ne pas tenir compte du froid et du niveau de vie).
La mystique de certains endroits : un lac sur un plateau où deux nonnes se seraient noyées, les rochers aux nains ou aux elfes...




La plage de sable noir de Vik. Marcher dans l'eau, les pieds dans le sable, et parfois dans les petits cailloux qui ne sont pas forcément agréables mais qui font partie de l'expérience de la nature.
L'énorme étendue des conséquences de l'explosion de l'Akki en 1783 avec ses kilomètres de lave froide recouvertes de mousse. Une explosion qui a eu des conséquences dramatiques dans presque tout le monde entier.
Le repas à l'ombre des arbres et de la cascade qui coule sous le lac des nonnes.
La claque de toutes les manières en roulant, même si c'est vrai que ça manque d'arbres.
Se poser peinard dans un bistrot à Vik et se faire avoir en commandant la moins bonne des deux bières proposées.
Je revois aussi, presque aussi vivaces que les images de cette journée, les visages croisés dans mon rêve : Françoise (mon ex), Jenny, Aurore, le jeune anima qui m'habite, féru de faire du spectacle, le vieil anima qui m'habite voulant protéger à tout prix le secret de la fée.
Les trèfles à quatre feuilles trouvés par Anne-Laure non loin de la cascade près du site des nains et des elfes.
Un peu baigné par une griserie à laquelle je ne m'attendais pas (ça titre la Lava, bon sang), je me laisse aller à regarder un peu les consommateurs ou les gens qui m'entourent. Personne n'a le visage de la fée. Une serveuse aux sourcils épilés a peut-être ses yeux.
J'entends moins parler français que le reste de la journée.
Pause.
Ma femme vient de me rejoindre.
On a toujours pas de wifi.
Rhoa.
M'en fous. J'ai la vue et la bière la plus chère du monde à finir.
La page du jour :
http://www.lapagedujour.net/aout2014/septaout2014.htm
Et le rappel d'une page que j'ai oubliée de citer, le con :
http://www.lapagedujour.net/aout2014/quatreaout2014.htm
Près de minuit... J'ai pu aller voir la cascade à côté de l'auberge. Je suis le seul à être monté et je reste avec la même impression que deux ou trois des balades d'aujourd'hui : la sensation d'un truc avorté.
Nous n'avons vraiment fait que survoler plusieurs arrêts ou étapes. L'Islande est trop grande.
Tant pis.
Ça nous apprendra à gagner au loto pour pouvoir y passer deux mois en 4X4:)

mardi 5 août 2014

Jour 9... Pffff...

Jour 9... Pffff...
Ah ah ah ah.
You have a wheel with no air ! Me dit la voisine de bungalow.
Ah pitin, sa mère la pute, le pneu crevé.
Le fermier sympa qui tient les lieux nous regonfle la chose.
Bon.Je la regonfle à Höfn (prononcez Heupneu, et ça vous fera marrer) mais tintin, donc, pour les routes parallèles avec des ch'tits cailloux et une journée un peu dans l'errance à attendre un garagiste demain parce qu'aujourd'hui, non, c'est l'équivalent de leur fête du travail (tant qu'à être dans le caca, autant que ça ne dure pas deux heures mais vingt-six).
J'ai tenu avec le pneu qui se maintient plus ou moins jusqu'à 16 heures 30 où nous avons échoué comme des loches à notre destination du soir.
La journée ne fut pas perdue pour autant.

On a pu voir des chevaux de près (remarque, c'est pas dur), faire une balade à Höfn (oh le joli chien), y manger dans un excellent restau (où j'ai goûté un bout de renne haché dans l'assiette de la camarade de voyage, et ma foi, c'est bon). Ça a dû étonner le serveur que ça soit le gars qui commande végétarien. Il y avait aussi une très bonne (et à un tarif exorbitant bien sûr) bière issue d'une micro-brasserie de la région : la vatnajökull (produite par la brugghùs d'
Ölvisholt et faite avec l'eau du glacier).
L'après-midi, ben deux courtes balades, pas trop loin de l'auberge de jeunesse sise dans le lieu dit de Vagnasstađir.



Puis, ben... changement de pneu, tiens, en attendant l'ouverture de l'auberge.
Mais pas une journée perdue pour autant, on a fait ensuite une fichue balade depuis l'auberge de jeunesse vers la plage dans les marais au départ (où je n'ai jamais vu autant de moustiques) puis sur la plage de fou qu'il y a dans le coin.
200 mètres de large au moins, de sable noir et de galet et je ne saurais dire combien de kilomètres de long, le tout avec une fichue couronne de montagnes dans le décor et un glacier qui se dessine au sud.
La claque. La claque en dépit du ciel plombé, de la gadoue et des gouttes de pluie.
Je me suis imaginé artiste à photographier les incroyables compositions de galets dans le sable noir.
En voici quelques-uns, tiens :

On n'aurait sans doute jamais fait la balade si on n'avait pas été forcé de se retrouver un peu bloqués ici et bref, comme j'ai dit ce matin, il faut faire avec le destin.




Du coup, ça nous fera louper la plus grosse dépense prévue en une journée du voyage pour aller sur le glacier demain parce que nous devons être à la première heure chez le garagiste pour faire changer le fichu pneu.
Le destin.
Tant pis.
On se contentera de le voir de moins près le glacier et de faire une balade facile et c'est comme ça, c'est tout.
Le voyage doit toujours prendre en compte des aléas auxquels il faut s'adapter sans résister. C'est une bonne leçon pour comprendre qu'on ne maîtrise pas tout et qu'on peut trouver de très intéressantes ressources dans des choses qu'on avait pas prévues au départ...

Allez, la page du jour (hou, avec les photos du premier jour en Islande :))



dimanche 3 août 2014

Rha, c'est beau.

Jour 8...
Matin tranquille pour se rendre à Eskifjördur, un petit village tranquille sis après une putain d'usine d'aluminium qui défonce le décor et rend encore plus le contraste entre la nécessité de vivre dans la nature et de savoir adapter l'écologie plutôt que le contraire.
Un matin tranquille, parce que j'ai passé une soirée pas tranquille, les boyaux en vrac (hum, c'est peu dire) dans la magnifique (pourtant) guest house.
Le matin les filles, qui chassent les chats (et en ont vu deux à Eskifjördur) ont aperçu un chat noir et moi en allant essayer de le voir, j'ai trouvé ça :



Ah ah ah ah.
J'aime bien en trouver, ça prouve qu'il existe un peu de magie en ce monde (pour moi).
J'en ai collecté pour quelques camarades de théâtre.
J'avais aussi dans la tête le rêve de la nuit, inspiré par plusieurs images de la journée et le feu dans mes intestins où j'essayais de lutter contre une escroquerie à l'assurance incendie en étant une sorte de super-héros. Dans ce rêve, il y avait aussi un personnage avec l'apparence de Gillian Anderson qui était la réincarnation de Jésus Christ, mais en mode super-héros aussi.
Rha.

Enfiiiiiiiiiiiiiin bref.
Après avoir baladé dans Eskifjördur, vu deux chiens sympas et deux chats farouches mais finalement peu d'habitants (du moins pas du tonneau des enfants de la veille qui plongeaient dans une rivière glacée), nous avons redescendu la 96.

Nous avons aussi vu un village dont les noms sont doublés en français. Ça fait toujours plaisir pour comprendre le nom des rues en islandais.

A midi, nous nous sommes arrêtés dans la bourgade de Stöđvarfjördur, négligeant la collection privée de pierres d'une femme décédée voici deux ans pour profiter d'une courte balade et déjeuner sous un nuageux neuf degrés.




La route 1 nous a emmenés l'après-midi sur les fjords de l'Est et un paysage à couper le souffle, particulièrement du côté Dj
úpivogur et tout ce qu'il y a en dessous.
Je peux citer :
- Une balade sur une plage brune, l'eau est glacée, un oiseau défend son territoire, mais pitin, que c'est beau.


- La somme incroyable de monts et montagnes qui découpent de différentes manières le paysage selon la roche dont ils sont constitués.
- Les réserves incroyables d'oiseaux sur les îles au loin ou dans les deux énormes lagunes croisées.
- La putain de vue qu'on a depuis le chalet qu'on a loué à Stafafell.
- Les « oh, ah, uh, putain c'est magnifique, oh putain comment c'est trop beau, ça déchire sa race » exprimés par tous au cours de la route.
- Le regret de ne pas avoir pu s'arrêter plus dans certains lieux qui nécessiteraient de passer plusieurs jours. Rien que marcher sur la langue de terre de plusieurs kilomètres qui clôt la baie où nous sommes, gruiii. Sans compter le fait que si t'es amateur de « à dada », c'est le paradis pour ça.
Ma femme comment à l'instant : « Ça y est, je suis amoureuse de l'Islande, c'est fait, je l'étais déjà avant de partir, mais là, c'est définitif ».
Force est d'avouer, effectivement, qu'il y a des paysages ici qui ne sont pas comme ailleurs, qu'on ne trouve certainement pas souvent dans d'autres pays du monde.
Le type qui nous a loué la location à 2000 couronnes de moins que le prix indiqué a parlé des températures, l'hiver, dans sa région : - 5, parfois -10 mais pas tant de neige que ça.
Hum.
Zou, on part faire une petite balade pédestre, le temps (ah ah ah, il faut bien quelque chose qui ne soit pas fantastique) se couvre après une journée très ensoleillée (sauf pour le repas de midi) et l'annonce faite par la météo de pluie toute la semaine dans la région pourrait contrebalancer l'amour de certains ou l'envie d'autres de faire le voyage...



Trois bières (à deux) plus tard...
Chères les bières, mais honnêtes.
Beau le paysage, très...
Il y a une putain de balade à faire après un charmant cimetière (je sais, j'aime bien les cimetières) et une église toute mignonne à Statafell. Mais diantre. Fichtre. Mince. On a pas assez de temps pour ce faire.
Pas assez.
Je pense qu'il faut deux bons mois pour profiter à fond de tout ce que peut offrir l'Islande.
Argh.
Gagner au loto, pitin.:)




samedi 2 août 2014

Fjord, nature !!!

Jour 7...
7 heures 35...
J'étais maire de Bourges.
Oui.
Et j'ai eu une discussion assez franche avec Laurent Fabius, bien moins connard qu'en vrai et sans doute plus complexe aussi, au sujet de la fonction de maire et de l'orientation politique que je devais ou non choisir. Devais-je rejoindre le PS ? Je n'étais pas certain de vouloir le faire, tenant dans les faits à être plus proche des électeurs et ayant certainement dans mon mode de pensée des idées qui pouvaient plus ou moins appartenir à tous les partis.
Alors, oui, évidemment, j'aurais pu rêver être président de la République.
Mais ai-je eu un appel vers la fonction citoyenne avec l'envie de faire bouger des fronts ou changer certaines choses ?
Certains de ceux qui se lancent dans la politique ne sont pas des requins, mais des idéalistes, j'en suis persuadé.
Bref. Il y a aussi certainement d'autres clés dans ce rêve, plus simples qu'un désir incongru de faire de la politique (enfin, pas incongru, j'ai ce fantasme d'une politique propre, débarrassée des manières très royalistes que nous avons finalement conservées)...
A ce soir...

Le soir, à Reyđarfjörđur...Journée tranquille. Enfin. Pas sur la route menant aux chutes de Dettifoss, pourrie à l'extrême, indiquée comme route gravillonneuse mais on va dire sportive aux endroits boueux. Surtout qu'il fallait se taper un aller et retour.
En échange, cela dit, belle vue et magnifique arc-en-ciel qui habitait la bruine de la cascade...


Route ensuite dans les landes désertiques cernant la route 1 pour faire une pause à midi à Egilsstađir qui n'a eu d'autre intérêt qu'un loulou passant avec sa vieille américaine au moteur vrombissant et qui aurait un lac attenant abritant le frère de Nessie. Deuxième déjeuner dehors cela dit. On avait repassé la barre des dix degrés : onze, sa mère le chien.
Direction par la route 92 ensuite vers Sei
đisfjörđur pour se contenter d'une petite balade et d'apprécier la vue, et pour mon compte une très remarquable ale locale dont je joins ici la photo.

On a fini tranquillement ici même ensuite à Rey
đarfjörđur en passant par la route 93.
Sans trop en faire.
Il y a des jours, avec la route, où on peut moins marcher et où le plaisir est essentiellement celui des yeux... C'est sûr qu'une partie du milieu du pays est morne, désertique, habité seulement par quelques collines, des cailloux, du rare lichen et des montagnes lointaines.
C'est certain que des fjords, t'en as aussi en Norvège ou en Suède.
Mais eh.
C'est certain aussi que je suis dans la plus belle guest house ou auberge de jeunesse que j'aie jamais pratiquée. Une magnifique maison aménagée pour plusieurs personnes avec un salon au premier étage qui donne sur le fjord.
Grui...
Bon, en même temps, ils ont bien le droit à la vue, avec le climat qu'ils se payent l'hiver ou la longueur de leurs nuits.
Allez zou.
Je rends l'antenne en espérant que mes boyaux finiront pas en faire autant, les salauds...
http://www.lapagedujour.net/aout2014/troisaout2014.htm




No whales

Jour 6
Ah ah ah ah.
98 % de chance de voir des baleines ?
Ha ha ha.
Mon cul.
Du coup, un peu dégoûté de la matinée qui a coûté cher, a fait dégueuler ma femme et plein de passagers sur le bateau et ne nous a laissé voir que quelques dauphins par une mer houleuse et relativement agitée...
Je dois confesser avec Anne-Laure, restée avec moi à l'avant du bateau, où ça bouge le plus, un plaisir amusé (sans méchanceté) à deviner quel était le prochain passager qui allait dégueuler. Deux russes sont tombés devant nous. Nous, pas.
Le revers du cachet, c'est que j'ai été défoncé une bonne partie de l'après-midi aussi mais sans cela, j'aurais fini dans le même état que la dame russe pour laquelle les urgences sont venues à la fin du trajet.
Plus jamais je ne fais de tour pour voir des animaux. Non.
Je ne dis pas que j'ai passé une mauvaise matinée, j'en ai appris sur ma résistance au mal de mer avec le cachet et sur ma manière de sourire un peu du malheur des autres pour avoir connu moi aussi le même malheur.
L'après-midi, on a eu le temps que de faire deux choses.
Hverir et ses solfatares.
Kràfla et son chemin de randonnée qui mérite de rentrer dans le top trois des randonnées à faire en moins d'une heure et demi.
Pour Hverir, j'ai particulièrement aimé rester dans la vapeur qui sortait d'une cheminée et l'étrangeté de ces soupes minérales en ébullition qui sentaient un mélange de jaune d’œuf, de petits pois qui auraient brûlé et d'autres éléments à déterminer qui pourraient s'approcher de certains pets.
Pour Kràfla, ça a commencé quand j'ai fait rire les filles en sortant des toilettes avec un rouleau de PQ qui me tombe de la main quand je veux mettre mes gants (je l'avais embarqué sans le remarquer) ou lorsque j'ai fait un rot de ma mort qui tue pile au moment où une jeune femme que j'ai pris pour ma femme une demi-seconde passait et où je lâchai un : putain, j'ai du mal avec les oignons frits de midi. J'imagine la tête de la pauvre fille en passant à ma hauteur au moment d'un bruit qui sortait des tréfonds de l'ignoble...
Mais ensuite...
Je n'ai qu'un regret, ne pas avoir évolué plus au milieu des concrétions magmatiques du centre du site.
Ma femme et moi avons convenu qu'on avait vécu là sans doute la plus belle balade du séjour parce que la plus extraterrestre. C'est un autre monde. Je ne sais pas s'il y a d'autres endroits sur terre pour faire une balade comme ça, mais le dépaysement est effectivement total et il est impossible de rencontrer plus la synergie des quatre éléments.
Nous avons ensuite échoué dans une maison d'hôte perdu au milieu de la lande islandaise. Elle est occupée cette nuit par deux couples et leurs quatre enfants, tous francophones. C'est un peu loupé pour le dépaysement linguistique, mais en même temps, on a croisé facilement un tiers des touristes qui devaient être français.
11 heures du soir, le soleil s'éteint doucement à l'horizon. Il ne doit pas dépasser les quatre degrés dehors. Les gens qui sont avec nous dans la maison n'auraient pas dû y être, ils sont campeurs, mais le froid les a obligés à changer de plan pour la nuit.
Si je n'avais que trois images à retenir de cette journée, ça serait :
- Être en face des russes et tenir mieux la mer qu'eux, avec la résignation, en plus, de ne pas voir de baleines, mais d'en apprendre sur ses capacités de résistance.
- Se rendre compte de la synergie des éléments à Kràfla et de la puissance de la terre, finalement, et à côté de ça du soleil, et de la futilité de vénérer d'autres forces que celles, tangibles, de la nature... La terre incroyablement travaillée par le feu, bon sang...
- L'étrange rêve de ce matin qui a mélangé une amie de Lily, une amie de Jenny, le collège de mon enfance et la certitude qu'on devrait se souvenir plus de nos rêves, ils ne me semblent pas moins réels que le « vrai ».
Alors, bon, bien sûr, il y a la déception du mauvais temps par moment (la houle le matin, la pluie à Hverir) ou de ne pas avoir vu les fichues baleines. Mais Kràfla avec des nuages qui nous esquivent totalement, bon sang.

Je ne doute pas qu'on puisse certainement voir encore mieux dans l'intérieur des terres seulement accessibles par 4X4. Mais eh. Non, rien de rien, non, je ne regrette rien...
http://www.lapagedujour.net/aout2014/deuxaout2014.htm

vendredi 1 août 2014

Jour CINQ

Jour Cinq
Le parc de Myvatn et plein de choses autour.
Une journée de fou au niveau des images...
Les chutes de Godafoss, le parc de Mytvan, la fin de la journée dans un bain naturel, une heure les pieds dans l'eau à plus de trente degrés pendant qu'il fait 6 degrés à l'extérieur...
Je suis entouré par une bande de francophones férus de volcanologie qui font un trip « aventure » pendant 15 jours...
Je n'ai pas de lumière.
Je suis un peu dans le chou.
Je pourrais juste me contenter de laisser défiler des mots et des images :
L'eau, chaude, en chute, baignant des colonnes de lave, accueillant les corps meurtris en fin de journée.
Le volcan HverFjall, battu par le vent, je tente de descendre dans la caldeira, j'y arrive. Le pied. Seul, au milieu de l'ancienne force des éléments, protégé des vents, à reposer sur ce qui fut la puissance de la terre.
La pizzeria du midi, au camping où nous résidons, qui a réussi à me convaincre de deux choses : on peut faire une pâte différente, mais pas mauvaise... La truite fumée d'Islande est quelque chose de supportable par rapport à ce que représente pour moi le saumon fumé.
La lave. La lave putain et tous les jeux qu'elle a su jouer dans ce décor de dingue.
La nature. La nature, même avec des touristes, même avec des français partout, même si tu aurais préféré ne pas entendre parler français, la nature putain.
Le froid, le froid polaire qui nous aide peut-être à ne pas avoir des pluies d'enfer.
Le soleil, le salaud, rasant sur les nuages et inondant l'horizon de couleurs trop nombreuses pour mes yeux de daltonien.
Un arc-en-ciel, un arc-en-ciel dont la réfraction nous suit en voiture nous procurant l'effet d'optique que, pitin, un arc-en-ciel courait après nous.
Les plantes, vivaces, et fortes, qui parviennent tant bien que mal à pousser malgré le climat.

Rha...
On est trop déconnecté de la nature. Trop. C'est ce qui nous perd...

http://www.lapagedujour.net/aout2014/premieraout2014.htm

jeudi 31 juillet 2014

Jour QUATRE

Jour 4
Ah ben non.
Pas 14 degrés en fait.
Mais plutôt 8 ou 9, bien en dessous des moyennes saisonnières. Joie.
La journée est plutôt marquée par des images.
Magnifiques paysages sur la route 1 qui mène jusqu'à la 75 pour remonter sur Saudarkraukur. Le gros regret est le manque de possibilité de s'arrêter pour faire des photos de la vallée sublime.
L'arrêt dans un tout petit bled au début de la 75 dont j'ai absolument oublié le nom pour observer des vieilles maisons en terre avec des toits végétaux...

De magnifiques paysages enneigés au loin sur la 76 qui remonte jusqu'à Siglufjördur.
Une petite balade dans le froid dans l'ombre de ce qui fut un paradis de la pêche au hareng. Bien niché au creux de plusieurs montagnes, la ville est isolée et les petits enfants doivent bien s'embêter l'été, les bougres.
Deux longs tunnels à travers les montagnes pour faire la jonction jusqu'à Olafsjördur (qu'on passe sans intérêt).

Et plouf, la deuxième ville du pays, Akureyri, qu'on a pris la peine de visiter. Elle est particulièrement notable de notre court point de vue pour son jardin botanique, le plus septentrional du monde, parait-il.








Un arrêt dans un café m'a permis de goûter une des bières locales, la brìo, qui se laisse assez facilement boire. Et j'ai aussi testé plus tard à l'auberge de jeunesse la lava, une stout fumée qui n'est vraiment pas désagréable du tout. Ceci compense largement les malheureux essais culinaires des premiers jours.
On s'est fait aussi un peu avoir sur les courses, les magasins ferment plus tôt que dans les villes touristiques... Mais ce n'est pas grave, on avait quelques stocks (toujours prévoir un peu de stock si tu ne veux pas te retrouver à acheter des trucs mous avec des chips dans une station service...)
Je reste impressionné par la beauté des paysages, donc, le nombre de chevaux aperçus sur la route (et de moutons aussi, mais avec l’Écosse, je suis habitué) et l'étrange température estivale, sans doute inférieure aux normes qui fait passer une fin de mois de juillet en dessous de dix degrés.
Après-demain, on ira voir des baleines. Et demain, on essaiera de tester des sources chaudes.
Les animaux marquants du séjour ?
Rien de surnaturel.
Une sorte de border collie sur la route quasi déserte, pas très loin de sa ferme et une chatte, tout à l'heure, qui sort d'une fenêtre cassée pour venir se faire caresser.

On a loupé de peu le restaurant italien ce soir.
Mais je ne désespère pas tester un truc encore plus typique : le bête fast food (mais pas version chaîne bien entendu, version truc local, car les restaurants sont vraiment chers).