mardi 19 juillet 2016

Ljubljana...

Ljubljana...
Le nom à la con, hein, si on essaie de le prononcer à la française ?
Bon, ben voilà, on a fait notre journée dans la capitale par un doux soleil et une température avoisinant les 29 degrés.
Bon. Ok, On a pas tout fait de Ljubljana.
Le midi, par exemple, j'aurais aimé manger typique et là, tintin, parce qu'on était au château, qu'il était déjà presque deux heures, que les restaurants étaient un peu chers pour notre budget et résultat on s'en est tirés pour 17 euros bananes pour deux sandwiches, de la flotte et un cheese cake là où la veille ça avait été royal pour un euro de moins.
Mais comment te raconter Ljubljana et son château ?
Oh, c'est simple, vas-y. M'est avis que ça doit être totalement cool de faire la capitale en trois jours pour tout voir. Mais en une journée, eh bien, on a vu le principal : le château, une partie de parc de Tivoli, les bords de la Ljubljanica, le quartier de Metelkovo Mesto (une sorte de lieu hippie / grunge / libéré bourré de graffitis et chantre de la libération sexuelle), le brasserie Union (enfin juste la partie bar), les principaux ponts du centre-ville.
On a résisté, mais notre budget nous y aidait, à acheter un pot contenant deux truffes blanches à 115 euros.
Ma femme a pu goûté dans un café recommandé par Lonely Planet une glace à la mangue.
J'ai personnellement pu goûter deux IPA, une sur les bords de la rivière et une autre à la brasserie Union où j'ai préféré tenter les trucs qui envoyaient un peu plus niveau goût que la Pills de base et je me finis tranquillement sur la dernière dégustation de la journée : la warrior pale ale de chez Reservoir Dogs (une brasserie slovène) qui a un nez incroyable fr fruits jaunes et un peu de banane peut-être, mais moins d'amertume en durée que ses deux précédentes consœurs de la journée...
Alors ? Tu me demanderas, content toto ?
Oui. Content.
Il nous manque certainement un jour pour être totalement satisfait et une nuit pour voir ce qui se passe à partir de minuit dans le quartier de Metelkovo Mesto, mais ce n'est pas grave.
J'aurais aimé avoir deux heures de plus devant moi pour tout lire de l'histoire de la Slovénie dans la galerie qui lui était consacrée au musée, mais je peux tout trouver sur internet.
Dans le château, le plus remarquable a sans doute été l'exposition de photos du national geographic et l'exposition de marionnettes (et pourtant, j'ai un gros a priori sur les marionnette depuis tout petit qui s'est totalement résorbé cette année, certes)... La vue depuis le château vaut pour découvrir le site, une grande plaine entourée de montagnes. La ville elle-même, n'a rien de fantastique depuis la hauteur, les immeubles de la grande ère du socialisme ont mangé une partie de l'histoire.
J'ai encore fait plaisir à quelqu'un, un beau gosse avec sa belle nana en lui offrant un trèfle à quatre feuilles.
J'ai apprécié de voir des handicapés de type trisomiques être serveurs dans un bar.
J'ai esquivé le fou de service qui rôde dans la ville et les poivrots dans un parc.
J'ai apprécié les formes gracieuses des locaux qui ont des tendances plutôt saines et athlétiques.
J'ai passé une bonne journée.
J'aurais sans doute apprécié de faire le beer tour, mais au final avoir découvert par moi-même ces deux IPA était tout autant intéressant.
Et puis il y avait aussi la cathédrale Saint Nicolas qui était une pure claque niveau décoration d'intérieur et qui avait les plus belles portes (faite pour l'arrivée du pape dans les années 80) que j'ai vu de ma vie (enfin, m'est avis)...
On s'était dit ce matin qu'on retournerait à Ljubljana demain matin, mais je crois que les jours qui nous attendent vont être chargés en découverte de lacs et de montagnes et qu'il y a aussi un village médiéval au programme.
Tant pis.
Une journée, déjà, c'était pas si mal. Surtout qu'on ne se la joue pas noceurs tardifs.
Je te laisse avec le lien de la page du jour :

lundi 18 juillet 2016

Koper...







Bon mon vieux, c'est pas tant le magasin de bières découvert par hasard avec un vendeur excellent avec lequel le feeling est tout de suite passé.
C'est pas non plus être monté en haut du beffroi et avoir pris les cloches de midi presque dans la gueule au niveau du son.
C'est pas forcément pour moi le plus beau chemin de croix que j'ai vu de ma vie dans une église (j'ai adoré le style des peintures de la cathédrale de l'assomption à Koper)...
Ça pourrait être l'excellence de la pizza à la pancetta et aux truffes (si si si sans déconner) à midi, mais non plus.
On pourrait causer du monastère de Sainte Anne, très calme et reposant, en dépit du fait qu'ils se soient fait piquer presque toutes leurs reliques pendant la guerre (ils les avaient mises ailleurs pour les protéger des bombardements et ça n'a jamais été rendu)...
En fait, c'est un tout.
Ça n'a l'air de rien, mais voilà, j'ai vachement aimé Koper. Tout. Chaque magasin où je suis rentré. Le seul bémol était peut-être le duo de poivrots locaux qu'on croisait partout et qui sentait vraiment pas la fleur, mais même eux doivent faire partir du paysage.
Le plus bonus était sans doute qu'il y avait peu de touristes et que la ville était à visage humain en dépit de l'énorme porte-conteneur et de l'immensité des docks situés au faubourg de la ville...
Une bonne journée, je te dis.
J'ai fait une heureuse de la vendeuse du bar sur la station d'autoroute en lui offrant un trèfle à quatre feuilles. Un bonus, mon cochon, un bonus.
Ça va bientôt être l'heure de goûter une des bières achetées dans ce petit magasin de passionnés (pillé de pas mal de son stock par un week-end assez intense) et j'ai hâte de voir ça.
D'autres images ?
J'ai mis un euro au lieu de cinquante centimes pour un cierge dans la cathédrale de l'assomption parce que j'ai vraiment été scotché par le chemin de croix.
Moi et une famille de quatre individus d'une nationalité que je ne connais pas (difficile de percevoir parfois) qui faisons des vocalises pour tester l'écho du beffroi en descendant et le sourire d'un jeune couple et de la caissière en bas (ça mettait de l'animation).
Le greffier gris vachement sympa au pied de l'immeuble où on réside ce soir.
Se poser tranquillement à midi dans cette pizzeria choisie au hasard pour calmer la faim de ma femme et découvrir qu'elle était presque uniquement fréquentée par les locaux...
Le petit expresso commandé dans une taverne ce matin et le petit vieux qui siffle son petit blanc plus vite que je ne bois mon café.
Faire cette petite connerie d'album facebook :
Et la page du jour :

dimanche 17 juillet 2016

Istarko pivo

Glou glou esprit de l'aventure !
Nan mais tu vois, j'ai acheté deux bières artisanales et dans des types différents (blonde et ambrée pour la bura brew et classique et american pale ale pour la slovo), mais faut pas être couillon et sur ses grands chevaux, j'ai aussi voulu voir le niveau de goût moyen des gens du crû. Je suppose que l'Istarko pivo est une des bières soi-disant de base les plus consommées par ici.
Et je me prends à regretter de ne jamais avoir goûté de number one, la bière de là-bas, dis, en Nouvelle-Calédonie, parce qu'il paraît qu'elle est bonne dans son registre.
Mais je reviens à l'istarko : houblonnée, presque sans arrière goût de malt (ou du moins discret), une amertume citronnée qui dure en bouche, une odeur de fruit jaune et sans doute de citron et une attaque en bouche un peu comme les bières blanches.
Je ne suis pas sectaire sur la bière, mon gars. J'aime un peu tout du moment que ce n'est pas de la merde et je dois avouer qu'ici, eh ben, quand tu bois la bière de base de chez toi, c'est quand même autre chose qu'en France où c'est franchement pas la joie, pitin.
Hein ?
Si je ne vais te parler que de la bière ?
Non. C'est juste que planté dehors, avec les oiseaux qui chantent comme hier, le pauvre vieux chien aveugle et diabétique de la maison à côté de nous et la bière installée à côté de moi, j'ai choisi de focaliser sur la bouteille...
En face de moi ma femme explique en français à un chien croate qu'elle n'a rien pour lui et le chien continue à remuer de la queue, heureux d'être en présence d'êtres humains.
Bon, sinon, sans déconner, aujourd'hui on a visité Pula assez rapidement dans ses ruelles et en prenant notre temps dans nos deux arrêts payants : le château qui domine la ville avec son petit musée et puis les arènes.



Sur le château, vu la vue (ah ah ah) et le temps passé, je ne regrette pas les trois euros dépensés par personne. Je dois avouer avoir apprécié les trois expos : l'histoire de la résistance croate aux italiens fascistes puis aux nazis, une exposition de vieilles cartes postales datant principalement de l'âge du boom des cartes (1897 à 1918 – ah ah ah, tu n'étais pas au courant, hein?) et les enfants malades de la tuberculose ou scrofuleux (avec des photos très dures, cependant) du début du siècle.
Sur les arènes, j'ai quasiment préféré voir les techniciens démonter la scène du dernier spectacle, les deux pauvres gars déguisés en légionnaire qui essayer d'attendrir le chaland pour que ce dernier paye 20 couronnes pour poser sur une photo avec eux et l'expo sur les amphores et la production d'huile du temps des romains (hou, j'ai des activités trépidantes, n'est-ce pas?).
C'est un peu cher payé 7 euros par personne (une hausse de 150 % en dix ans) alors qu'on peut voir les arènes depuis l'extérieur des grilles, mais passons... pas de regret, parce que je me revois posé sur les marches de pierres, comptant le nombre de sièges installés dans l'arène elle-même pour le précédent spectacle et me dire, putain, là, on place 1600 personnes, le pied que ça doit être de jouer devant 1600 personnes et le peu de place que cela prend finalement...
Je te cache pas qu'on a profité de notre location pour revenir manger ici à midi et faire une sieste nécessaire (vu que ma femme a toujours le blob, ça passera, mais là, elle est crevée). L'après-midi, nous sommes allés sur la péninsule de Premantura (avec des routes très caillouteuses, tu payes 40 couronnes là où c'était 15 il y a dix ans) pour balader en compagnie sans doute de plusieurs milliers de personnes sur la péninsule qui vaut pour tous ses endroits où tenter de se baigner et pour la faune et la flore relativement préservées...
Je n'ai qu'un regret de l'après-midi, celui de ne pas avoir sauté d'une falaise après avoir regardé des gens le faire pendant au moins une demi-heure. C'était très drôle d'observer cela. J'ai perdu à pierre papier ciseaux avec ma femme qui ne voulait pas que je saute. Ceci dit, vu l'état de mon bras et la hernie au cou, c'était sans doute raisonnable. Parfois, ça fait chier encore, tu vois, de se dire qu'on est limité. Je le ressens normalement surtout dans le marathon théâtre où je ne peux pas faire l'homme fort. Mais bref, j'ai compensé l'incapacité avec l'empathie. Un gamin français d'une douzaine d'années qui faisait le bravache en sautant du plus haut point, mais sans faire un salto car il ne voulait pas aller au lycée en étant mort, m'a bien fait marrer.
Après un bain dans une crique remplie de cailloux, on a trouvé un autre endroit (après que j'ai trimballé ma femme dans des chemins piétonniers trop remplis de ronces) où il y avait enfin du sable et je me suis rebaigné.

Et là, révélation, mon vieux, faut travailler les muscles et la natation c'est ben peut-être ce qu'il me faudrait. Non pas que toutes les douleurs s'estompent (elles sont là après, mais peut-être en bien), mais au moins certains mouvements sont plus aisés et tu fais travailler ce qui doit l'être.
On va essayer en rentrant de briser le cercle vicieux du : je peux pas faire d'exercice à cause des bobos, les muscles fondent d'autant plus et contractent encore plus, donc j'ai plus mal.
Mais passons, on s'en fout.
T'es pas là pour m'entendre me plaindre, t'es là pour m'entendre te dire que oui, si j'avais gagné à pierre papier ciseaux, j'aurais sauté. Parce que c'est ça... quand il y a une décision à prendre où deux personnes ne sont pas d'accord, trancher les choses au hasard (ou à pierre papier ciseaux), c'est pas plus mal. On évite d'être frustré. Le destin a choisi.
Allez, je te laisse. L'istarko est finie (je l'avais commencée à midi) et j'attaque la bura brew en ambrée.

À demain, ma caille...
Ah si, et si je devais te laisser une seule image de cette journée, c'est depuis cette petite table, posée devant le studio de notre location, à observer le ciel et a remarquer deux nuages en forme d’œil avec une sorte de point entre les deux et puis un oiseau qui vole entre les deux yeux. Il y avait quelque chose de presque mystique dans mes quelques secondes d'observation, une mise en abîme, le ciel qui me regarde comme je pourrais regarder mon ciel intérieur et me dire, après avoir déclamé quelques vers du songe d'une nuit d'été dans une arène et dans un amphithéâtre : il n'y a que ça pour quoi je suis fait...  

Houps, l'image con (suggérée par ma femme)

Et puis enfin, la page du jour...

samedi 16 juillet 2016

Poreč et Rovinj

Cher esprit de l'aventure...


Oui, non mais, tu vois, ce matin après la balade dans Poreč, on est allés faire des courses dans un petit magasin et la vendeuse nous a demandé : mais qu'est-ce qui se passe en France ? Pourquoi tout cela arrive ?
Et tu vois, ce matin, chez notre hôte Michaël, quand je lui ai demandé s'il n'avait pas eu envie de faire un livre ou un blog sur la corruption totale qu'il avait observée dans le cadre de sa mission humanitaire, il m'a répondu, de un, se méfier de l'ego et de la raison pour laquelle on fait les choses, de deux, il préfère essayer d'être une bonne personne et de rayonner dans son quotidien, il pense que l'effet boule de neige est ainsi plus probant.
Il m'a beaucoup plus Michaël. On lui a même confié un secret que peu de personnes connaissent. Et j'ai trouvé un parallèle entre sa philosophie et la mienne. Il lui aura fallu un an et demi d'hôpital après un très grave accident qui aurait dû le laisser sans l'usage de ses jambes pour reconsidérer sa vie, tout comme il m'aura fallu la claque de nombreux incidents de santé pour essayer de voir les choses au plus clair.
Mon seul job, c'est un peu de pas être un sale connard et tant qu'à faire d'essayer de procurer des émotions par l'art ou la pensée et de rayonner ainsi.
Je ne dis pas que je ne me projette pas avec l'âme d'un prophète disant aux gens : mais bordel, réveillez-vous.
Mais avant d'être un mystique, je suis un artiste. Encore que... C'est pour moi exactement la même nature.
Mais je divague.
Là, on est pas loin de Pula, dans le sud de l'Istrie, posé dehors dans le jardin, par un temps nuageux et remarquablement frais d'à peine dix-huit ou dix-neuf degrés...
Et je regarde la journée.
La fichue conversation matinale avec Michaël qui nous sert son café, ses croissants et son propre beurre d'arachides, cajous, graines de tournesol.
On rencontre généralement assez peu de purs comme Michaël. Je me plais à m'amuser à regarder notre conversation de ce matin entre un Raphaël et un Michaël. Il m'a informé aussi de ce qui s'était passé en Turquie. Mais enfin, avec le chef qu'ils ont à leur tête, les mecs, sont pas aidés. Enfin pas aidés. C'est pas tellement plus folichon chez nous (bien qu'on ne soit pas encore en démocrature)...
Mais passons.
Si je devais dire ce que je pense de la politique et de la corruption chez nous, je pense qu'il faudrait seulement la volonté d'un homme et d'une femme prêt à foutre en l'air les tenants et les acquis qui perdurent depuis le début de la République. Une sixième république, putain, débarrassée de la lourdeur de nombreux appareils d'états et des privilèges insolents quand le peuple commence à péter les plombs parce qu'il est de moins en moins en mesure d'être heureux.
Il nous manque un héros. Un vrai.
Une personne avec une volonté de fer, un esprit de l'aventure, comme toi...
Tu ne voudrais pas souffler sur quelqu'un ? Non ?
Enfin...
On verra. Mais je crains 2017, camarade, je crains.
Il va falloir que ça pète et ça va péter.
Mais... ah... allez j'arrête, des dioux, c'est pas sérieux de parler comme ça.
Bref, je causais de Poreč...
Une jolie petite ville qui vaut surtout pour sa petite pointe avec de nombreuses ruelles assez bien conservées à l'ancienne. Nous y sommes allés pour la Basilique Sainte Euphémie. Et bon sang, c'était à voir. J'ai adoré voir des vestiges de la chrétienté qui dataient du quatrième ou cinquième siècle. Houps, je lève la tête, une nuée d'oiseaux vient de passer à côté de moi, et j'ai eu un peu peur de me faire chier dessus.

Mais je reviens à Sainte Euphémie. Les trois choses qui m'ont le plus marqué sont le sarcophage censé contenir les reliques de la sainte, une mosaïque représentant un poisson et un magnifique papillon, comme j'en avais vu, qui butinait dans un bouquet de lavandes.
J'ai toujours pensé qu'entre être le berger, le mouton ou le loup, je préférerais être le papillon.
Le papillon avait quelque chose de gracieux, comme la légende de cette sainte, comme le refuge pour chat aperçu un peu avant dans notre balade.
J'ai peine à répéter que j'ai une sensibilité presque égale à la misère des chats que des humains. Un truc en moi qui date sans doute de l'enfance, le traumatisme d'avoir vu tellement de chatons tués par ma mère, je suppose.
Sauver un chat, c'est un peu comme me sauver.
Mais passons. Je recommande la visite de la basilique, donc.
Ensuite, la visite fut un peu plus éclair à Rovinj parce qu'on avait pris le temps la matinée, qu'on était pas partis forcément tôt, qu'on avait pris le temps de faire un chouette pique-nique à l'ombre d'un petit chêne.
Sur Rovinj, oui, il faut voir aussi l'église ou la basilique qui domine la pointe très peuplée de la ville, mais il faut aussi prendre le temps de louvoyer dans toutes les petites rues qui ont des parfums de Naples ou de Venise.
Je suis assez content d'avoir pris le temps de me poser sur un pouf, dehors, les pieds sur des marches d'escalier et d'avoir laissé le temps s'écouler pendant une demi-heure, le temps d'une des bières très locales d'une brasserie artisanale de Buje : la Slovo.
La pagaille des oiseaux continue derrière moi et je me dis que c'est l'heure d'une des trois binouzes que j'ai achetées ce matin, en artisanal, après une petite heure dans la partie haute du frigo du petit appartement où nous résidons.
Je te laisse avec la page du jour

Elle pourrait résumer, au figuré, tout le sens de ce message, de la vie et de ce qu'il faudrait faire. Savoir regarder, accepter, profiter, transcender.
Ne plus juger ou se moquer de soi si on le fait trop.

Allez, à demain, mon vieux...
Oh non.
Je résiste pas à l'envie de te montrer une photo qui pourrait faire mon profil FB tellement je suis couillon des fois (mais il faut rétablir les choses, c'est ma femme qui m'a fait remarquer le truc rigolo)...

vendredi 15 juillet 2016

Nice / Momjan...





Bon, tu vois, j'ai pas eu le temps d'être pendu aux informations.
Je sais le nombre de morts à Nice, après l'attentat d'hier. Je sais que c'est un crétin qu'on a laissé se radicaliser, la faute aux oeillères sur la gueule de pas mal de monde (des autorités responsables aux autorités musulmanes qui ont manqué de discernement)... Mais je ne referai pas le monde, la connerie de la Religion mal enseignée, la bêtise crasse du capitalisme qui a créé des situations dans lesquelles des gens inéduqués étouffent et essayent de lutter à leur (le plus souvent) très mauvaise manière.
Non.
Moi, tu vois, esprit de l'aventure, j'ai commencé ma journée en éclatant de rire après que ma femme ait glissé sur des marches d'escalier donnant dans l'eau.
J'ai rigolé parce qu'elle ne s'était pas fait mal.
C'est que toute chose drôle repose souvent sur un accident.
En revoyant ma femme avec son pantalon mouillé qui me reprochait de ne pas lui avoir dit que des marches étaient glissantes après que j'ai insisté pour qu'elle vérifie que l'eau était chaude, j'ai encore rigolé.
Non, parce qu'elle aurait pu se casser une jambe ou avoir bien pire et ça n'est resté que ça : une chute qui ferait marrer dans un film comique.
Je dois avouer que ça a coloré notre balade de la journée, on en a fait un jeu de moi en gros salaud et de ma femme en pauvre victime.
Mais je me serais marré pareil si ça avait été moi la victime.
Je sais que ce n'est pas toujours facile de rigoler quand il y a des victimes. Et pourtant, je ne peux penser autrement. L'humour, s'il ne peut pas être pratiqué par tout le monde, doit pouvoir prévaloir quelles que soient les circonstances.
Interdit d'interdire.
Je pense à une vanne horrible que pourrait faire Charlie Hebdo en dernière page dans les essais de couverture : zéro anglais décédé sur la promenade des anglais, renommons là en promenade des français pour éviter des morts nationaux la prochaine fois.
Mais je reviens à Momjan, tu permets, parce qu'on fait on était loin, on était ailleurs, à profiter de ce magnifique village en dépit du vent et de la pluie, à visiter une jolie église, un petit morceau de mur des remparts, à déjeuner tranquillement dans une très bonne pizzeria, tout ça, tout ça, on pouvait oublier tout à Piran...
Après une petite balade dans Momjan, pour tenter en vain d'acheter une eau de vie locale mais pour parvenir à voir des cochons dans une niche tonneau, il était venu le temps de se connecter et de prendre une claque, sans envie de rire, en regardant un reportage de deux minutes sur France 24.
Et directement, après le reportage, de t'écrire.
Parce que quoi...
Oui, ma femme a de la famille à Nice, non, personne n'est décédé dans sa famille mais une copine d théâtre que j'aime beaucoup, elle, a perdu son cousin. Et là, qu'est-ce qu'on peut dire. Je lui ai juste envoyé des poutous de loin. Je n'avais rien d'autre à faire.
Juste envie de me dire qu'il faut que la vie gagne sur l'absurde.
Enfin l'absurde... Notre hôte, qui a essayé d'installer des missions humanitaires en Europe centrale a tout lâché parce que même dans l'humanitaire, tout était corrompu et pourri. Il a quitté sans le sous tout ce qui faisait sa vie parce que même une cause pure était vérolée par des intermédiaires.
Enfoirés de salauds qui se font de l'argent sur les dos des victimes, enfoirés de salauds à la tête des banques, des assurances, des corpos ou des religions.
Monde de pourris.
Oui.
Mais et alors ?
Eh bien, mon vieux, encore et toujours, je réponds l'art et la vie.
Essayer de diffuser à chacun l'empathie, le sens d'apprécier les choses et la volonté de vivre en évitant d'être une charogne qui écrase tout sur son passage.
Au propre comme au figuré.
Trois images ?
Ma pauvre femme qui glisse sans se faire mal, la pièce de un euro que je donne à un accordéoniste devant une église et qui est la pièce de plus forte valeur qui lui a été donnée, les deux cochons dans le tonneau.
Deux cochons dans un tonneau.
Un des trucs les plus drôles que j'aurais vu dans mes séjours et qui pourtant pourrait faire sérieusement reconsidérer le fait d'être à nouveau végétarien si je n'avais pas cette tendance à l'anémie...
Deux cochons dans un tonneau.
J'ai envie de garder ça en tête aujourd'hui avant de retourner au restaurant d'hier soir et de boire un verre à la charité et la santé de tous ceux qui restent.

La page du jour, au fait...

jeudi 14 juillet 2016

Jour, 6... Les grottes de Skocjan


Momjan... à quelques minutes d'aller manger dans un restaurant qui fait des gnocchis aux truffes, mon canard, que ici, en Croatie, c'est comme tu veux pour manger facilement des truffes, une des raisons, entre d'autres qui a poussé notre hôte à acheter sa maison en Croatie...
Une belle région pour la nourriture et le vin. On n'en doute pas.
Là, tu vois, on vient de faire la route depuis le petit village de euh...

Et si le lien ne marche, pas, tu cherches...
La route fut uniquement de campagne, très sinueuse, mais nous a permis d'être arrêté à un poste frontière paumé sur une route qui l'était tout autant et de profiter d'un paysage magnifique...
Du fait de sa condition de Blob, ma femme se repose un peu avant d'attaquer le restaurant mais elle n'a pas à se plaindre, son quota de chats pour la journée a largement été atteint, facilement une dizaine, je dirais.
Demain soir, comme on loge au même endroit, on essaiera de profiter du coucher de soleil depuis la terrasse de la maison.
Sinon, faut quand même que je te cause du gros morceau de notre journée qu'on a pu trouvé après avoir sans doute fait 50 kilomètres de trop du fait d'indications foireuses de gps ou de panneaux routiers : les grottes de Skocjan
https://fr.wikipedia.org/wiki/Grottes_de_%C5%A0kocjan
Seule déception, interdiction de faire des photos sur la première partie, mais la claque de sa mère de toutes les manières pour rendre ça en photo vu le peu de lumières parfois.
Je ne compte pas le temps frais matinal ou la pluie comme une déception, comparé à ce qu'on peut subir en Écosse, franchement, ce n'est rien.
Si je devais retenir trois images de ma journée, je garderais une des fresque de l'église de Hrastovlje, l'impression de se retrouver dans la Moria dans les grottes ce matin et simplement la vue depuis la terrasse de notre hôte.
Mais je reprends l'antenne après le restau, tu permets...
…
Ayé... Alors, les truffes, c'était pas les meilleures parce que c'est pas la saison ultime, mais très jolie carte de restaurant (le rino) et excellent petit verre de muscat (en blanc et semi-moelleux seulement, ce qui est un grand plus) bien meilleur que le petit rouge local que j'ai goûté qui a lui plus des accents de vin du pays de l'Aude...
Demain, j'y retourne, quitte à regoûter encore des pâtes locales (des fuzis où un truc dans le genre)...

Je te laisse l'adresse de la page du jour du jour :

Et je te le redis : la nature, les grottes, les plats et le vin...
La bière, un peu moins ici, quoique que je dois avouer que j'ai aussi goûté les deux versions de la bière de base en Slovénie et que ma foi, elle se laisse beaucoup plus facilement boire que toutes nos pressions sans âme dans les bars en France...


mercredi 13 juillet 2016

Slovénie, jour 5 : Razdrto (Rajdeurto)

Tu sais quoi ? Au final, on a pas fait grand-chose, hein...
Le château de Predjama, un fichu sacré château en grande partie troglodyte.
Je te file le lien, tu te démerdes, ok ?
Sa mère, ça valait le coup. Ma femme a pensé qu'on aurait pas le temps de faire les caves du dit château et je ne vais rien regretter, je ne suis pas sûr, en effet, à notre rythme qu'on aurait eu le temps... Une émission semble avoir affirmé qu'il y avait une activité suspecte au niveau de la chambre des tortures et qu'il y avait un écho du passé, écho qui pourrait être d'autant plus drôle que la légende du robin des bois local, un certain Érasme, l'a conduit à finir assassiné par un boulet de canon alors qu'il était dans ses toilettes. Il y a aussi une croyance dans ce château sur le fait de faire un vœu en sonnant une cloche... J'ai fait quelque chose dans le théâtre et ma femme dans le domaine du blob (un nom de code, je vous dis)... Mais je dois avouer que la claque de la visite était justement d'entrer dans la partie troglodyte...
Ensuite, on a fait les grottes de Postonja...
https://fr.wikipedia.org/wiki/Grotte_de_Postojna
Et là, ma couille, là, ma couille, des sculptures naturelles dans la pierre que tu imagines des trucs lovecraftiens ou chtoniens... C'était magique. Incroyable. Fantastique. Et... trop court. Oui parce que bon, impossible de faire les grottes autrement qu'en visite guidée, il faut y aller en petit train souterrain, qu'est-ce que tu veux. J'ai été tenté de me laisser distancer et de passer le double du temps de visite tellement j'aurais été capable de passer toute ma journée dans les grottes.
Et puis, et puis... après avoir trouvé deux trèfles à quatre feuilles, zouh, on a filé vers notre location, un petit studio aménagé dans le haut d'un ancien corps de ferme dans le hameau de Razdrto. Notre hôte, une infirmière sympa, m'a offert une bière que j'ai partagé avec elle et m'a un peu parlé avec fierté de son pays.
Et je peux vous affirmer qu'il y a de quoi être fier. Juste ce que j'ai vu sur la route, perçu de la cuisine ou de la sympathie des gens, eh bien, il y a de quoi être fier.
Bon, ok, bémol, la Slovénie te fait te dire : rha le con, y a tellement de choses que je n'ai pas visitées en France et qui ressemblent vachement.
Mais pas les grottes, pas forcément le manger, pas les gens, pas certains éléments du patrimoine, comme le château troglodyte...
Nan, franchement, je crois que c'est une de mes plus grandes claques de voyage, tous les voyages confondus... Les grottes, putain, les grottes. La claque de sa mère. La pure magie minérale. Des forêts et des cathédrales de pierre. Je ne sais quoi dire. Y a pas de mot quand tu es tout petit, quand tu n'es que fragment et passage dans une histoire de plusieurs millions d'années.
Enfin pas de mot... si...
Putain, moi aussi, j'ai envie de créer, de créer pour ressembler ne serait-ce qu'un peu à ce qu'est capable de faire la nature...
Allez... Je te laisse avec la page du jour du quatorze juillet.
http://www.lapagedujour.net/juillet2016/quatorzejuillet2016.htm

Blam, le facebook album de la première journée...
https://www.facebook.com/ebatbuok/media_set?set=a.10208822229300378.1073741833.1453015063&type=3