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samedi 3 août 2013

Orage...

Orage...
Il pleut, il tonne...
Un orage vient de s'inviter au-dessus du ciel d'Evry-Gregy
J'ai presque envie de regarder toutes mes vacances et d'essayer de voir ce qui m'a le plus transporté.
Corrimony, le cercle de pierres près de Cookstown, la chaussée des géants, la rencontre avec Eric Gregory, la discussion dans l'avion au retour avec un certain Joe, diminutif de Joseph.
J'ai bien aimé Joe. Vraiment. Je regrette de ne pas lui avoir demandé son adresse email. Mais il ne faut pas oublier que les anglosaxons ont le contact très facile, mais qu'ils ne cherchent pas forcément à maintenir des liens.
Joe était place 13 B, ma femme 13 C et moi, 13 A, on lui a demandé s'il préférait la fenêtre ou le couloir. Je n'aime pas trop les fenêtres a-t-il fait.
Tu n'aimes pas trop les fenêtes ? Hu ? C'est donc que tu as un peu peur de l'avion, non ?
Du coup, comme moi aussi, j'ai peur, j'ai parlé avec lui, tout le long du vol.
Il a retrouvé un amour d'adolescence d'il y a 32 ans voici un an. Une française qui l'a recontacté après qu'ils se soient séparés, aient eu un mariage chacun et un divorce. Il partait la rejoindre jusqu'à lundi avant de passer 11 jours en Slovénie.
Joe, il a travaillé comme ingénieur et il a deux endroits qu'il adore par dessus tout au niveau des paysages, un coin du Nord de l'Italie et une île de Grèce.
Il a été 6 mois en Italie et aussi en Corée, quand il était plus jeune. Il est fan de festivals et de concerts, il en a vu plus de 500. Il m'a parlé de la brasserie locale de Belfast : Hilden.
Et j'en passe : le fils de son amie d'enfance qui vient quelques jours bosser avec lui dans son entreprise spécialisé dans le traitement de l'eau, la manière dont les coréens boivent de la bière (chacun sert quelqu'un d'autre), sa fille qui s'endort sur son bras après avoir dit je n'aime pas trop l'avion, un atterrissage difficile en Corée avec des ailes qui touchent le tarmac, son amie d'adolescence qui a vécu à New York et à Londres ce qui facilite grandement le rapport entre eux...
Je pourrais aussi parler du vendeur du magasin de liqueurs et d'alcools de l'aéroport de Belfast, je lui achète deux bouteilles de single malt irlandais et il me parle d'un excellent blend d'une nouvelle maison qui vient de se monter, il me donne même l'adresse du site où il commande son whisky, ils n'ont pas mis une blonde juste là pour vendre mais un mec qui s'y connaît et avec lequel on peut se connecter.
Je pourrais aussi causer de la dame du B&B ce matin, 35 ans, un physique d'une actrice que j'ai vu dans une série télé, un peu desperate housewife, éminemment sympathique et attentionnée qui nous fait un petit déjeuner d'enfer et nous prête un pèse-dinde (si si si, ça existe) pour peser nos bagages.
Je pourrais causer de l'émotion en voyant dans le cimetière près de la vieille croix celtique située à Ardboe l'image d'un jeune gars qui aurait eu mon âge et qui est décédé d'un accident de canoë à l'âge de 23 ans.
Il y a la pointe de regret de n'être pas retourné au cercle de pierres d'hier, bon sang.
Je mets le lien :
Il ne tonne plus. Il pleut sans doute toujours.
Ma femme est contente d'avoir retrouvé sa Kilda. Horus est content d'avoir retrouvé mon pied pour se frotter dessus. La chienne a fait un peu la fête après avoir mis un instant à capter qu'on était revenus.
Et les vacances sont déjà derrière nous. Moins derrière moi que les autres années puisque j'ai les pages du jour à faire sur plusieurs semaines, mais quand même, derrière nous.
Envie d'Irlande, d’Écosse à nouveau, de Canada, de Japon, de Suède, d'Islande, d'Italie, de Corse, de Grèce, de Marrakech, des États-Unis, de Nouvelle-Zélande, d'Australie...
C'est la force d'un voyage, de donner envie de voyager encore, en dépit de tes appréhensions ou de tes peurs, pour mon cas prendre l'avion.
Se dépasser.
Devenir aigle ou corbeau.
J'ai perdu du poids. Les derniers repas ne passaient pas bien. Des relents de vieux démons.
Mais ce que j'ai laissé, je vais le retrouver, plus fort, encore, le transcender dans les pages et puis j'ai hâte de voir la petite vidéo que j'ai fait de Beaghmore, de la chaussée des Géants et de Corrimony.
Hâte de lire aussi pour mon jeu fétiche le supplément sur l'Irlande.
Non pas que ça soit plus beau que l’Écosse ou que le Canada, mais les gens, putain, les irlandais sont communicatifs et sympas.
C'est à peine si j'entends la pluie maintenant.
Les images de la croix celtique, du trèfle que j'ai trouvé non loin, du vent balayant le grand lac s'estompent, un peu comme si tout n'avait été qu'un rêve, un peu comme si j'avais été vraiment embrassé par une fée à Beaghmore et que j'étais maintenant dans un autre temps, dans un autre rêve...
J'ai fait une page du jour qui peut prolonger cet écrit, pour une fois.
Normal. Nécessaire.
Je n'ai pas tout de suite, cela dit, envie de retourner à la réalité, les paperasses pour le statut de handicapé, le boulot, les examens, les arrêts maladies, voire se faire arrêter un an...
J'ai envie de rester encore un peu là-haut, dans les nuages que nous avons traversé Joseph et moi, dans le cœur de l'orage, je viens d'apercevoir une lumière dans le ciel, dans l'espace infini, libre et détache de toutes les contraintes.
Les contraintes ?
Quelles contraintes.
Je sais qu'il est possible de vivre avec juste celles que l'on se donne...

vendredi 2 août 2013

Pas si mal...

Pas si mal...
Réveil tôt le matin par l'alarme incendie. Une petite bête s'est mise dans le capteur du détecteur de la cuisine et ça a été le bordel 5 minutes. Réveillé une heure avant, t'es un peu comme un con pour t'endormir.
Mais je trouve en partant sur le parking mon trèfle d'Irlande du Sud.
Découverte de la ville de Derry. Les remparts, le Guild Hall, les églises sont magnifiques, les centres d'artisanats et d'art aussi. Le reste, heu.... Une pluie battante nous fait nous réfugier au café de la tour où j'achète un dictionnaire d'argot français – anglais et où je prends un exemplaire gratuit du best seller d'un écrivain qui devait faire l'objet d'une inauguration parce qu'il y avait foule de pique-assiette au rez-de-chaussée du balcon où on se trouvait. Nous n'avons pas fait le bog side, les quartiers marchands en dehors de la cité ou le pont qui serpente au-dessus de la rivière.
Je retiens surtout le Guild Hall de la visite. Un bâtiment incroyable... Je préfère passer la visite des charity shop jusqu'à arriver à celui pour s'occuper des animaux où je prends la première saison d'une série télé qui m'est inconnue avec Tom Selleck.
Pluie très battante pour arriver à Cookstown et environ. Mais vraiment très battante, la douleur au dos monte fort. Nous partons voir les alignements de pierre de Beagh moire ou un truc comme ça. Une belle claque. Les pierres, paumées en pleine cambrousse... ont quelque chose du temps des fées en ce jour de Lugnasad.
Je reste pas mal de temps sur le site, fasciné.
Fasciné dis-je. Vraiment.
Direction chercher un restaurant à Cookstown, on choisit l'indien où je goûte un truc soit-disant très épicé mais qui correspond en fait à mes goûts. Un type qui pense qu'on est là pour le festival de musique samedi nous laisse l'adresse youtube de ce qu'ils font.
On échoue ensuite au pub en dépit des réticences de ma femme. Je n'ai pas envie de laisser partir Lugsanad et le nuage sur lequel je plane. Bushmill's, Jameson et Black Buhmill's histoire de laisser la chance aux blend de trouver un moyen de me plaire. Ils y parviennent avec l'ambiance festive du pub et l'observation des clients.
Oui, la pluie, oui, tout n'était pas bien à Derry. Mais le cairn, la bouffe qui état bonne, le fichu dictionnaire d'argot qui a tenu la soirée aussi avec ma femme.
Houps, petit déjeuner tôt demain matin.
Plus d'impressions demain.












jeudi 1 août 2013

De Ballycastle à Buncrana...

De Ballycastle à Buncrana...
Alors... Ballypatrick Forest avec un soleil magnifique, le pont suspendu de Carrick a rede sous un ciel nuageux, la route pas forcément intéressante jusqu'à Londonderry sous un ciel plombé, un arrêt au broch de Grianan Ailigh sous une pluie persistante et un échouage à Buncrana sous une pluie insistante...
On pourrait faire simple cette journée pour la raconter.
Je ne dirai pas que c'est la meilleure du voyage, loin de là, mais le matin, la Ballypatrick Forest, putain, y a des endroits magnifiques. Je ne suis jamais passé sur une route où coulait naturellement l'eau d'une rivière, dans le cairn de la forêt, je n'avais jamais vu une pierre composée de la sorte au niveau minéral, je n'avais pas non plus vraiment goûté encore aux midges irlandaises et force est d'avouer qu'ils en ont là-bas...
Retour à Ballycastle dans un café à côté de l'auberge de jeunesse, espresso et achat de tartes à la rhubarbe, on file vers Carrick a Rede pour passer le pont suspendu. Je suis un peu déçu par la longueur du pont mais qu'importe, sur l'île qu'il permet de rejoindre, c'est un bonheur de passer un moment avant de voir le flot des touristes se pointer.
Achat de quelques trucs au magasin et café de Carricka-a-Rede, déjeuner sur place avec une balade digestive qui nous conduit de l'autre côté du parking de Carrick, jusqu'à une carrière de calcaire abandonnée...
Jusque là, tout bon.
Et puis vlan. Le climat écossais persistant qui se met de la partie et je dois dire pas trop la peine de balader longtemps dehors même si on a bravé les éléments pour la magnifique vue sur tout le terrain alentour qu'on a depuis Grianan Ailigh.
Il est temps vaincu par la pluie d'échouer dans une étrange auberge de jeunesse qui a plein d'autres cordes à son arc : exposition, formation artistique, accueil de groupe....
Le pub où nous nous plantons ensuite est tenu depuis 1940 par la même famille. Le barman et son frère sont sympas et nous racontent des tas de trucs comme le fait que le dernier nom posé à la prison de Port Arthur soit celui de quelqu'un du coin, que la vieille dame qui vient de rentrer dans le bar est la mère du patron, que 40 pour cent des francophones au Canada sont d'origine irlandaise. Les mecs transformaient leur nom en nom français pour éviter d'être recrutés par les anglais.
Bref.
Dîner dans un restaurant où ma femme a la joie de recevoir en même temps que ses pâtes des frites comme « side-order »
Je ne digère rien. Dernier jour d'épreuve après le faux anniversaire ?
J'ai aussi mon bras gauche en compote (normalement c'est le droit) : soit un faux mouvement en portant la valise.
C'est, remarque, le bon moment pour être crevé.
Il pleut comme vache qui pisse tout demain. On ne va pas faire beaucoup de nature, on va visiter Derry. Après le check-out à neuf heures du matin, on consacrera une journée à la plus ancienne cité fortifiée d'Irlande.
Je gratte les piqûres de midge, je maudis mon estomac et je me souviens à quel point je dois reprendre mes exercices de musculation quand je constate à quel point j'ai eu mal en conduisant et comment la douleur reste.
Pas une mauvaise journée. Juste le sceau du départ qui met la nostalgie.
La page du jour, tiens :
Je ferai la prochaine demain matin.

On doit partir seulement à neuf heures et pour cause d'une caution pour les clés de la chambre à récupérer aux foutues neuf heures, j'aurai le temps, je suppose...

mercredi 31 juillet 2013

Poteen

Poteen
Elle est très gentille la dame de l'auberge de jeunesse. Elle a réussi à m'avoir un verre de poteen qu'elle m'a filé à l'heure de la sieste. J'en ai bu un peu cette après-midi mais ma flasque vide de whisky fut salvatrice pour finir le breuvage ce soir.
Pas dégueulasse, une bonne mise en bouche pour la version du ledaig dont j'ai perdu un tiers de la bouteille dans la voiture...
Mais enfin bref...
La journée fut consacrée au Glen Arrif avec la balade sensée amener aux cascades. Balade fermée tout comme de nombreux bouts de la balade scénique. D'aucuns auraient pu être très déçus et nombreux le furent sur le parking des touristes, mais tant pis, on a fait la reine des glens de la région de l'Antrim en acquérant la certitude que pour le côté sauvage, il n'y a que l’Écosse... Le chemin était en ciment quasiment tout le temps, assez large pour limite laisser passer une voiture et si parfaitement délimité qu'il n'y avait aucun risque de se perdre. Le centre d'information un peu kitsch avec ses animaux empaillés, dont une loutre avait quelque chose de suranné.
Reine. C'est sûr que comparé à l’Écosse, les choses se posent là.
Pause-déjeuner à Cushendale (???), beaucoup d'huile dans mes légumes et une side salad pas mal composée des pickles pour ma femme. Immangeable pour elle qui n'aime pas le vinaigre. La pavlova en dépit de la douceur de la meringue me semblait plus industrielle que celle de la veille...
Pause sieste et récupération de la poteen auprès de notre hôte.
Mais pluie, pas mal de pluie. Beaucoup de pluie entre la fin de notre balade du matin et le repas du midi.
L'après-midi n'a consisté qu'à balader dans la bonne cité de Ballycastle et faire quelques couses...
On échoue au O'Connors pour dîner. On commande Guiness et Tobacco onions... Mais le serveur vient nous signifier que les cuisines ne fonctionnent plus, le gaz est out....
Shit happens lui dis-je, il nous offre les tobacco onions, toujours ça d'économisé avec ce qu'on a perdu au parking ce matin en ne pouvant pas faire l'attraction principale de Glen Arrif...
Tant pis, on rentre à l'auberge après quelques courses, on y mange et on balade un peu sur le bord de mer avant de songer à aller se coucher.
J'ai fini la poteen sur les quais, je suis en train de goûter un verre de ledaig (le rebelle, celui qui a disparu au tiers) en profitant des bons conseils de l'auteur de la bible du whisky à qui je n'accorde cela dit pas crédit sur tout vu comment il note certains blends...
Je ne peux m'empêcher de me dire que la température du whisky devrait être l'objet de plusieurs études... Est-ce la même chose de boire un verre servi à 5, 10, 15, 20, 25 ou trente degrés ?
Je suis un peu déçu que la bouteille de Jura en 35 cl que j'ai achetée au marché du coin ne soit pas aussi bien cotée que je l'aurais voulu par l'auteur de la bible du whisky. Mais peu importe... On ne peut pas être d'accord sur tout avec un spécialiste.
Les cinq images du jour ?
Anne marie qui me file la Poteen.
Le serveur désolé que les cuisines soient à court de gaz...
Le coucher de soleil sur Ballycastle.
La forêt de Ballycastle dont on a fait qu'un tout petit bout.
Le fichu verre que je viens de me servir et qui n'a aucune entrée dans la bible du whisky.
Allez, je descends bosser sur une page du jour et je laisse le lien de ce jour...

mardi 30 juillet 2013

La chaussée des géants...

La chaussée des géants...
Les pieds dans l'eau sur les roches taillées par un étrange caprice de la terre, le visage vers le soleil perçant les nuages, le corps au vent, j'étais bien, j'étais au centre ce matin.
On a eu de la chance.
On est arrivé avant les touristes, on a eu marée basse et on a pu être tout seul un moment avant que la journée ne soit assez pourrie au niveau du climat, dans une pure ambiance de soleil, vent, pluie, fortes pluies...
Je pense vraiment que les photos méritent plus que mon discours éventuel sur la chaussée des géants.
Je peux laisser quelques impressions.
C'est vaste dans le décor autour.
Ce n'est pas très grand au niveau du nombre de colonnes.
C'est infiniment mieux le matin ou le soir, sans les fucking tourists.
C'est pas tant mystique que total. Total, oui, la nature au comble d'un de ses caprices.
C'est à regretter qu'un des chemins latéraux ne se poursuive pas pour cause d'éboulements.
Ça donne envie d'être au centre de tous les éléments.
C'est par contre absolument sans géants en dépit de la légende.
Fin de visite sous la pluie, on file vers Bushmills, le con, je n'avais pas vu qu'il y avait un taste tour l'après-midi, je prends des tickets pour le midi. Comme d'habitude, pas de bol, là parce que c'est l'heure de manger, nous n'avons pas l'occasion de visiter l'usine en plein travail. Notre hôtesse est sympa et parle pas mal français, elle est allé déjà deux fois dans l'Hexagone. Je tenais à voir une grande usine pour comparer avec les plus petites écossaises. Ici, tout est fait jusqu'à l'embouteillage et la manière de maturer de chacun des alcools de la maison est expliqué.
En fin de visite, je goûte le dix ans en single malt et le 12 ans spécial, réservé en vente quasi exclusivement dans l'usine.
Ils ne valent pas le Connemara ou les Redbreast. Mais ils restent intéressants à avoir à la maison à la place d'un speyside.
Déjeuner tard dans une sorte de fast-food de Bushmills. Serveuse sympa, clients américains intéressants (dont le père qui participe aux olympiades des flics et des pompiers dont nous avons vu la pub à Belfast), repas copieux pour pas trop cher. La soupe en morceaux et le pavlova ne sont pas du goût de ma femme...
On visite après une petite balade dans Bushmills le Dunluce Castle, extérieur et intérieur, en ruines, avec de la pluie en retrouvant par hasard les américains...
Une petite balade dans Whiting Bay, toujours sous la pluie par intermittence et il est temps de rentrer pour rester un moment dans le pub local, pour les locaux, l'Harbor Bar où il est extrêmement facile de sympathiser avec les gens. Un local a essayé de m'apprendre à taper en rythme avec deux cuillères mais je suis particulièrement peu doué pour ce genre de trucs manuels et je n'ai aucune formation musicale. Un des locaux Paul m'explique qu'il n'est jamais sorti des UK et qu'il n'aime pas le whisky écossais. Je peux comprendre pourquoi en goûtant le black bush (un des blends de Bushmill's): les impressions dans le palais ne sont pas les mêmes. Cela dit, en dehors de l'effet absolu du whisky très cher que j'ai goûté, j'ai quand même l'impression qu'il y a moins de subtilité dans les whiskeys irlandais, plus formatés pour tel ou tel goût avec tel et tel arôme.
Repas le soir à l'auberge de jeunesse. Un peu crevés.
Je garderais trois images seulement de cette journée, ça serait sans doute quand même :
- La chaussée des géants.
- L'usine Bushmill's, un géant aussi.
- Le pub ce soir.
J'ai moins bu que les autres soirs, mais le midi avait quand même entamé la journée et la toux et le mal de crâne aidant, sans compter la rebelle attitude de mon estomac, on est bien comme ça.
Demain, forêt et un peu plus de nature dans quelques-unes des vallées étroites (glen) de la région avant de commencer à sérieusement compter les heures avant notre retour.
Ah si, nous avons pu à nouveau tester les œufs de canards. Eh ben j'aurais tendance à dire qu'il y a plus de différence dans les blancs que dans les jaunes au niveau du goût. Ça m'a fait penser qu'il faut absolument que je goûte un œuf d'autruche ou de casoar un jour.
J'ai également rêvé que je partais quelques mois au Canada. Je sais que ça fait bizarre après ces séjours en Ecosse, Irlande et Tasmanie.
Mais le Canada a quelque chose de spécial : plus de nature, les produits des pays que j'aime bien, ses propres produits, une mentalité sympa, l'écho de mon écrivain de jeu de rôle préféré (et trop tôt disparu).
J'ai envie d'un trip sur les traces de la vie de cet homme là, au moins retrouver l'endroit où il repose et où il a vécu avant de mourir il y a près de vingt ans déjà.
Quelle merde.
Alors bref, quoi, je sais que s'il y avait une opportunité de quelques semaines ou quelques mois pour un truc dans mes cordes, c'est volontiers que je m'envolerais là-bas.
Mon besoin de nature serait parfaitement satisfait et ma nécessité d'invisible aussi.
J'ai également eu une idée à la con pour un scénario à faire à la rentrée, qui se situe en Irlande. Je peux même y mélanger une ambiance à la Walking Dead...
On verra ce que ça donne.
La page du jour, tiens :
Houps... Il y aura peut-être du retard dans la livraison, le réseau ne fonctionne pas ce soir, bougre...


lundi 29 juillet 2013

Ballycastle...

Ballycastle...
Tout con le titre ce soir, mais c'est là où nous avons échoué sur la côte Nord de l'Irlande, un bon point de départ pour les nombreuses ballades qu'on peut faire dans la région.
Journée courte sur le plan des découvertes puisqu'on a abrégé certaines possibilités de marche cette après-midi pour cause de mauvais temps et de désir de pouvoir se poser au plus vite à Ballycastle.
Un village portuaire et balnéaire dont nous ne connaissons surtout qu'un pub, le O'connor, ce me semble où nous avons encore pris de la Guiness et consommé local.
Soupe de panais ou rutabagas, je ne sais plus pour ma femme et un truc encore mieux que les onion rings, qu'ils nomment tobbaco onions.
Moi, j'ai encore tenté le classique : saucisses aux poireaux avec la purée, sauce guiness et un brin de black pudding, je dois avouer que ça a été très bien pour de la nourriture de pub.
Vraiment très bien.
Je me suis laissé aller à tenter un blend classique le Honey Bushmill's (servi avec de la glace), bon, ça se laisse boire, mais on constate ce faisant tout le monde de différence entre un truc absolument de détente facile qui peut se boire par plusieurs verres et amener à la cuite et le single malt. Je suis assez impatient de tester un ou deux échantillons chez Bushmill's qu'on va visiter demain matin avec la chaussée des géants.
Mais j'oublie l'ordre chronologique.
Petit déjeuner en face d'asiatiques discrètes, je n'entame pas la conversation, c'est dommage, j'aurais bien voulu. Mais tout ceux qui se levaient avaient l'air de vouloir rester dans leur bulle ce matin.
Balade au Botanic Garden et dans le quartier de la Reine (l'Université), sympathique. On aurait aimé avoir plus de temps mais les deux pavillons qu'on croyait fermés le matin étaient ouverts, ça nous a permis de voir plein de plantes tropicales.
Deux heures de temps consacrées aux bus pour aller louer la voiture à l'aéroport...
Un arrêt pour déjeuner à midi sur un bas côté d'une route de campagne un brin misérable. La campagne proche de Belfast n'est pas forcément fantastique partout.
Un mélange de soleil et de douches écossaises le long de la route scénique qui nous a mené ici avec deux arrêts principaux, l'un en bord de falaise, l'autre dans un village très ancien. Je passe le petit stop pour regarder un peu la gueule de la scène d'un festival de musique folk.
Il faut aussi compter la fatigue de la marche d'hier, assez longue.
Non, comme d'habitude, si je devais me contenter de quelques images, ça serait :
- Les dessins de certaines feuilles tropicales dans les pavillons exotiques....
- L'université de Belfast.
- La gentillesse de notre hôte, Anne-Marie, ici à l'auberge de jeunesse. Elle adore Tobermory comme nous et a promis d'essayer de trouver un local qui pourrait me faire goûter du pottee (l'alcool de patate fabriqué illégalement un peu par tous ici).
- Le trèfle (mon premier irlandais) trouvé enfin près de l'auberge de jeunesse
- Des nageurs en combinaison qui restent longtemps dans l'eau dans le village balnéaire où nous nous sommes arrêtés à 16 heures.
- L'ambiance tranquille du O'connor... Bons serveurs, bonne bouffe, pas de chichis.
- L'envie de découvrir un peu plus certains des commerces de Ballycastle, mais eh... On est là aussi pour profiter un peu de la nature, ce qu'on espère faire les deux prochains jours en dépit du fait que la météo ne soit pas annoncée comme excellente.
- La sympathie et la bonhomie du loueur de voiture qui nous a donné de bons conseils et m'a fait rire en disant que le clavier avec le code pour sortir du parking était de l'irish technology et qu'il me faudrait peut-être m'y reprendre à plusieurs fois avant de pouvoir sortir.
Bref.
La page du jour...


dimanche 28 juillet 2013

Page du jour, page du jour, ne te verrais-je point venir...

Page du jour, page du jour, ne te verrais-je point venir...
Petit déjeuner à l'auberge de jeunesse. Un seul mot : Eric fait des pancakes et c'est super.
Balade dans Belfast.
Au chapitre des choses faites...
- le city hall et ses magnifiques peintures sur des guerriers chinois.
- Forbidden Planet sur Ann Street. Ils ont un rayon jeux de rôle extrêmement succinct (Shadowrun, réédition de Donjons et Dragons 2 et du Pathfinder). J'achète des dés qui sont destinés à devenir mes fétiches. Après tout, je me dois bien d'avoir des fétiches après avoir perdu tous les miens.
- Le Titanic Quarter (et tout ce qui va autour avec un café remarquable où tu payes ce que tu veux quand on te sert un café, je m'arrange pour laisser un Dieu n'existe pas, croyez en vous, dans prayer garden...
- St Georges Market, un petit coin fabuleux où nous mangeons un truc plus ou moins indien et végétarien et des gâteaux italiens.
- Un tour à la cathédrale Saint Anne. Une pure énergie dedans ;
- Un autre tour à St Peters... Dans la salle de prière, sensé être silencieuse, une grenouille de bénitier
essaie de parler à Dieu.
- Le John Hewitt un pub très couru où j'ai l'occasion de causer au moins une heure avec Joe, un gars du crû qui nous raconte des anecdotes du temps des troubles, la bonne manière de préparer son poisson pour sa femme, son oncle qui a fait la guerre et qui aurait pu être rejeté comme un moins que rien si son sergent ne l'avait aidé et j'en passe...
- Le Duke of York, tout aussi connu. Je teste un single malt:le redbreast. Good stuff.
- Un restaurant italien le soir. Portions copieuses, je n'ai pas le nom en tête, je demande à ma femme... Speranza ou un truc comme ça.
- L'Averys, le pub le plus proche de l'auberge de jeunesse avec son liquor store attenant. Comme un con je commande un truc que je pensais à 5 pounds 90 et je me retrouve à payer 14 pounds et à faire la vraie différence entre un whisky assez onéreux et un dans les prix basiques.
Si je ne devais conserver comme d'habitude que quelques images, ça serait :
- Le nombre incroyable de bimbos décolorées et habillées courts. Le soir, elles sont courageuses à se geler les miches pour se déplacer de club en pubs.
- L'impression de félicité lors de mes deux courtes méditations dans les deux cathédrales de la ville, la catholique et la protestante, les lieux sont empreints de la foi des fidèles.
- La pauvre asiatique dans le complexe de restaurants et jeux de détentes qui attendait d'inviter les gens à jouer à un jeu de hockey.
- Joe, dans le John Hewitt, un vrai mec de Belfast qui cause, qui cause, qui cause et fait rire et donne des conseils utiles et pratiques...
- Le Connemara 12 ans d'âge version tourbée. 125 livres la bouteille monsieur mais une véritable rencontre de whisky.
- Le portefeuille en pneu recyclé que ma femme m'a conseillé d'acheter au St Georges Market. J'y retournerais bien demain, moi, tiens... quitte à louper le botanic garden et à avoir quelques munitions intéressantes pour notre dimanche demain... Surtout qu'on ne sait toujours pas comment on va accommoder les œufs de cane qu'on a achetés...
- Mon absolu étonnement en constatant auprès des vendeurs du Forbidden Planet (spécialisé en goodies et comics) que les seuls jeux de rôle qui arrivent sur Belfast sont les quelques trucs qui se battent en duel sur leur maigre étagère...
- La couleur de mes bras. Je n'ai semble-t-il jamais été aussi bronzé de ma vie.
Non, décidément Belfast, en dépit de ta saleté en certains endroits et du peu de civisme de certains, je t'aime. Tu es une ville pleine d'énergie et vibrante de ses habitants expansifs, joyeux et pressés de mettre le passé de côté...
La page du jour :
(avant que je ne me rende encore compte que ça fait deux jours que j'en ai pas fait d'avance).

Houps, ma femme me signale deux fautes et que je n'ai pas parlé du mur, parlons-en...
Ouais, c'est bizarre ces grilles fermées entre les rues des deux quartiers et ce mur qui traîne sur certaines longueurs, tout comme ce pont piéton barbelé et recouvert sur le dessus de vieilles bouteilles qui passe au-dessus de la grande voie...

Mais il me semble que de toutes les manières c'est sans doute le cliché auquel nous pouvions le plus nous attendre en arrivant à Belfast. Du coup, ouais. J'ai zappé. Ca relevait de l'évidence.
Au niveau des muraux, j'ai plus été marqué par les décorations près du Duke of York. Je ne sais pas pourquoi, sans doute plus mises en valeur, ou mieux faites. Allez savoir. Je crois qu'il aurait fallu visiter avec un guide pour les décrypter et savoir de quels héros ou victimes les illustrations causaient.

Je me suis juste contenté du feeling. Et les principaux feelings, c'était bien plutôt l'ambiance des quartiers que juste les murs, celle des cathédrales, des pubs et du marché.
Et je dois avouer que s'il n'y avait qu'une seule chose à retenir, ça serait les pubs. Vraiment. On a pas ce partage en France. Ni autant de bruit.




samedi 27 juillet 2013

Belfast...

Belfast...
On quitte Tobermory le cœur un peu lourd et les tripes en compote.
On fait la route dans le même état. Au Green Welly Shop j'achète une itération du ledaig en mignonnette introuvable en grande bouteille ainsi que la bible du whisky d'un certain Murray.
Je veux me renseigner sur les whiskies écossais et ceux des autres pays, j'apprends les 18 étapes de la manière de tester un whisky selon l'auteur, il y en a une ou deux qui m'ont échappé jusqu'à présent (un comble, mais allez aussi prendre la précaution de ne pas vous être lavé les mains avec un savon fort ou de laisser une main posée une minute ou deux sur le dessus du verre pour qu'après la condensation vous puissiez sentir). La lecture de ces quelques lignes me permet de supporter les vingt-cinq à trente minutes du vol vers Belfast.
Dans le bus Belfast Aéroport, un gars à qui j'ai demandé s'il était du crû (non, il est de Glasgow) me file quelques bonnes adresses à visiter, toutes dans le guide du Routard, mais avoir l'avis du pote du gars, un local, est important.
Nous tentons, après avoir lutté avec nos valises pour les transporter à l'auberge de jeunesse, de découvrir un des pubs les plus anciens et typiques de Belfast : le Crown Liquor Saloon. Nous y dînons.
J'ai occasion de discuter avec un indien (hindou hein) installé pas loin de York et avec un anglais dont la femme est de Lyon.
Nous baladons ensuite pour éteindre la griserie provoquée par mon irish coffee et mes trois pintes (la Guiness est plus légère ici, elle a aussi des notes d'amande ou de noisette en haut du palais) et nous découvrons, entre chien et loup, de magnifiques décors ou bâtiments dans Belfast...
Pitin, ils ont su y faire pour réhabiliter de l'ancien avec du neuf. Tout ce qui est proche de la cathédrale, beaucoup d'anciens entrepôts est fantastique. Les lumières du soleil qui prend ses valises, filtrées par la brise marine, sur les bâtiments donne une ambiance presque féérique
Pas assez dormi, je suis crevé.
Je poste donc mes images de la journée (et j'y reviens ce matin avant d'aller balader).
Une corneille qui nous attend à l'arrivée à Belfast, écho de ce brave corbeau de Tobermory.
Le type en complet veston qui attend sa correspondance dans le pub, j'aime les mecs qui ont réussi, ce bonhomme sympa marié à la française, je n'aurais pas été avec ma femme, je pense que je l'aurais accompagné dans la demi-heure qu'il lui restait pour attendre son vol.
Un groupe de jeunes pour certains relativement défoncés près de l'hôtel de ville, l'un d'entre-eux me propose de la marijuana.
Non merci. Bien que je me demande si ça ne serait pas le traitement idéal pour les douleurs du dos et du bras. Ça c'est assez bien passé pendant les vacances mais la charge des valises et la marche en ville se fait sentir ce matin.
Les décors de Belfast, offerts à nos yeux ébahis avec un nombre conséquent de pubs où il fait bon vivre.
Je suis vraiment crevé (bon, quelques heures après avec une connasse qui a réveillé tout le monde parce qu'elle était coincé en dehors de sa chambre et qui a bien gratté et chouiné plus d'un quart d'heure à la table, hu...)
Eric, de Dijon, le type de la réception, un français qui a décidé de bosser l'été ici, c'est pas très dur de bosser dans une auberge de jeunesse si on en a envie...
Les jeunes de l'auberge font toujours du ramdam en dessous de notre chambre. Mais tant pis. Je dormirai du sommeil du juste.
Ou du profond (ah ah ah).

La page du jour, au fait :