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mardi 26 juillet 2016

Monsieur Zombie...

Nan, mais ça a commencé quand j'ai voulu me coucher hier soir et que le matelas s'est enfoncé, y avait pas de planches en bois sous le matelas mais juste une sorte de plaque fine qui ne soutient rien et je me suis un peu déchiré un doigt en essayant de la remettre en place.
Ensuite, quatre et demie de dodo et pouf, en avant vers l'aéroport avec le GPS qui faisait des siennes pour chercher l'adresse...
Quoi ?
C'est ridicule ? Même le titre est ridicule ?
Eh, ma couille, je paye le stress de l'avion (seulement quarante passagers sur les 60 possibles) et de la route effectuée (même si elle n'était pas si longue, on a fait pas plus de mille kilomètres deux cents semble-t-il)...
Et je tente de ne pas réagir de façon primaire à l'incroyable connerie des médias français qui transforment toutes les informations en venin anxiogène qui va transformer les non-pensants en votants pour l'extrême-droite.
Jamais, jamais, ô grand jamais, on ne remonte à la source, un putain de conflit pour le pétrole, des saloperies de consortium qui gagnent tout à la terreur, qu'ils utilisent des armes économiques ou religieuses. Jamais, sauf sur des médias indépendants. Quand est-ce qu'on cessera de causer des conséquences et qu'on causera des causes ?
Va falloir que j'en rigole. On a rigolé, d'ailleurs, à un moment à midi sur la stupidité des juges qui pensent contrôler des mecs qui ont besoin de soins cliniques psychiatriques avec une surveillance électronique stupide.
Les informations du jour sur la mort de ce pauvre prêtre occultent également le carnage au japon du tueur qui a flingué un nombre x de personnes aujourd'hui et ne parlent pas des dizaines de milliers de victimes des lobbies du gasoil, du sucre, des produits chimiques ou de l'alcool.
Personne ne cause de régler certains problèmes de transferts occultes de fonds en légalisant le cannabis.
Le père de ma femme nous a aussi recausé de l'histoire du coiffeur de Hollande qui est la cerise sur le gâteau de la déconfiture absolue de la gestion de la république par nos hauts responsables qui ont besoin de vivre encore dans un régime royal.
Cela met le cerveau aussi zombie que le corps.
Aussi zombie, tu entends ?
Et bien sûr, cela ne sert à rien que je râle, c'est agir chacun à notre niveau qui serait plus nécessaire...
Je vais percer mes propres abcès en sublimant ça par l'humour au retour des vacances en Écosse, mais il n'empêche... Je reste surpris par le peu de courage du troisième pouvoir qui ne fait que commenter des conséquences.
Et je ferme les yeux, je revois les grottes slovène, le petit village croate de Momjan avec son restaurant italien, la balade tranquille au lac de bled, la fichue pizza aux truffes de Koper, les trois ponts de Ljubljana et je me dis quoi ?
Relis tous les conseils que je donne dans les pages du jour depuis juillet. Souffle, respire.
Les choses se changent avec la volonté de chacun. Je ne vois qu'une révolution pour que des choses pètent et qu'on arrête certaines folies. J'espère qu'elle aura lieu sans que les connards (excuse-moi, mais pour le coup, j'ai pas d'autres mots) d'extrême-droite passent au pouvoir. Je rêve d'une extrême gauche qui saurait créer une sixième république, péter la manière dont les états se font enculer par les banques avec la dette publique (alors qu'elle aurait dû rester une histoire de prêt de la Banque de France), défoncer les lobbies des bâtards qui ruinent la planète et les états en ne payant pas leurs impôts (c'est simpliste, mais les raisons de la merde sont très simples) et je m'en vais retourner à ce que je suis, histoire encore une fois de ne pas avoir envie de gerber sur le monde.
Je ne peux pas me plaindre après tout. Vraiment pas. J'ai beau avoir foiré une vocation, je ne suis pas à plaindre, absolument pas et c'est déjà beaucoup, tu ne crois pas ?
Quoi ?
Où était l'aventure aujourd'hui ? Ah, dans ma tête sans doute, bien plus que dans le jardin public de Brie-Comte Robert... et peut-être un peu en vainquant ma peur de l'avion pour regarder le paysage des Alpes se dessiner dans l'aube lorsque nous avons décolé.

Allez, la page du jour : 

lundi 25 juillet 2016

Bye bye Slovénia



Bon, sans déconner, tu vas encore te foutre de ma gueule et me traiter de pochetron et de fainéant...
Je suis installé, peinard après un petit apéritif ou digestif de bienvenue (alcool de mure et petits gâteaux allemands) à l'extérieur d'une auberge de jeunesse sise dans un petit bled à 6 Km de l'aéroport, et je repasse ma journée pendant que la bière que j'ai trouvée dans un magasin spécialisée est en train de rafraîchir au congélateur, entourée de papier toilettes à défaut de sopalin.
Non ?
Tu ne connais pas le truc ?
Si tu veux que ta binouze soit fraîche plus vite, c'est pas compliqué, tu l'enveloppe d'un papier de type sopalin que tu as pris la peine de tremper et paf dans le congélateur.
Ouais, ouais.
C'est pas que psychologique, je t'assure. Même si c'est un truc de poivrot :)
Bref, la journée a été simple. Ljubljana, encore. Mais en plus court que la première fois parce qu'on est arrivés vers onze heures, le temps un peu de balader dans la parc Tivoli et qu'ensuite je faisais la visite de la Brasserie Union qui vaut pour la beauté des installations ultra-modernes et le magnifique petit musée de la bière (et comme je suis con, je mets des photos du bar à chat)



 Ah pitin, comme on avait une guide, moi et les quatre personnes qui faisaient le tour avec moi, le musée a été expédié trop rapidement. Je regrette aussi un peu de ne jamais avoir la moule de pouvoir voir la chaîne d'embouteillage fonctionner mais ce n'est pas un problème majeur.
Ma femme voulait ensuite (déjà plus de quatorze heures) tester un restaurant qu'elle avait vu dans le Lonely planet. Pouf, fermé. On s'est rabattus sur un pub avec des burgers (excellent sur le burger, honnête sur les frites). Puis et quoi ? Restait à flâner dans la rue en esquivant les deux orages de l'après-midi... (et, par ailleurs, le coup de tonnerre que j'ai pris le plus près de moi – j'ai même pas eu le temps de compter UN avant que le boum de retentisse bien fort).
Chance pour ma femme, nous avons découvert un bar à chat et il faut dire qu'après un litre de bière dans la journée – non, parce que tu dégustes au restaurant et puis aussi après avoir visité une brasserie – c'était cool de boire un café spécial du bar (avec plus de lait et de crème fouettée que de café).
On a adoré la mairie qui est magnifique pour son intérieur et ses bâtiments mais auparavant on avait encore fait un arrêt dans un bar incroyable au niveau des cocktails, des pâtisseries et des glaces (où ma femme voulait manger une glace au gingembre pendant que je prenais la même IPA pression que le midi).
Ouais, ouais, la journée, tu marches trois quart d'heure, tu t'arrêtes et rebelote, ok d'accord.
Mais en même temps, c'est la dernière vraie journée de vacances de ma femme (j'espère qu'on aura le temps d'aller à Versailles quand même avant que je ne m'envole pour l’écosse dimanche prochain) et on a chacun trouvé par hasard le truc qui nous fait kiffer : le bar à chat et le spécialiste de la bière (quoique pour moi, j'ai double chance puisque les deux me font kiffer).
Je te conseille, si tu es capable de te matérialiser (eh, j'en sais rien après tout), de faire donc un tour dans cette sympathique capitale européenne (une des plus petites) qui sait rester à visage humain pour la sympathie des gens. Non, je t'assure, c'est un plus sans nom, ça, la sympathie et je peux t'assurer qu'au niveau du service, de l'accueil des gens et du vert, on est pas en manque.
Le serveur de midi (enfin de trois heures, vu qu'on a mangé tard) m'a fait marrer en affichant un grand sourire quand je lui ai dit de garder les 1 euros 20 qui faisait le change des 20 euros qu'on lui avait donné en me disant que c'était son premier pourboire de la journée. Mais de toutes les manières, les mecs ont le sourire ici.
Je finis tranquillement le journal donc avec une Rudeen Black IPA (un producteur local) qui tape dans les fruits exotiques et qui a une excellente amertume en bouche après être passé pour moi sur un brin de cerises noires et de bois...
Je te retrouverai dans la semaine, voire même demain, on ne sait jamais, il m'arrive de m'adresser à toi, après tout, même quand je ne suis pas loin de chez moi, et de toutes les manières, sois assuré que mon blog aura une ouverture Écosse 2016 d'ici dimanche.
Ouais, ouais, pourquoi l'Écosse alors qu'on trouve des bonnes bières aussi ici, qu'il fait chaud l'été (et que j'aime ça le chaud), que la nourriture est largement meilleure que dans tous les pays nordiques, qu'il y a quand même une bonne dose de nature ici aussi, et que les habitants sont formidables (sans compter les vins que j'ai pas eu l'occasion de goûter). Pourquoi l'Écosse alors que la vie y est plus chère que chez nous (sauf pour la bière et la bouffe dans les restaurants), qu'il pleut, qu'il fait froid, qu'il y a des midges, qu'on ne sait jamais comment s'habiller pour sortir ?
Mais enfin mon vieux...
Parce que c'est encore un peu l'aventure... Si, si, si, y a des coins où tu peux encore être tout seul. TOUT seul. Y a des coins où tu peux rencontrer des esprits comme toi. Si, si, si. Et puis parce qu'il y a mon centre de l'univers, là-bas. Mon endroit de reconnexion. Je ne sais pas si j'ai ressenti cette vibration pour la connexion au grand tout ici ailleurs que dans une église ou deux. Mais j'y ai senti le bonheur pur et simple de la joie de vivre et de l'empathie, ce qui est important, et m'assurer que je reviendrai sans peine un jour en Slovénie et en Croatie, d'autant plus que c'est vraiment un paradis des vacances familiales.
La page du jour, au fait : 




dimanche 24 juillet 2016

Sieste











Bon, aujourd'hui, encore plus la journée de vieux mon cochon. On avait deux choses prévues au programme : un tour des deux activités remarquées par ma femme dans le village de Rogatec (à la frontière croate) et une mangeaille traditionnelle dans une auberge / pizzeria ainsi qu'un bain bouillonnant dans un des hôtels de Rogaška Slatina.
Programme effectué.


Jolie visite du château de Rogatec, plus un manoir d'ailleurs, avec de sympathiques expositions sur l'artisanat local (vannerie, verrerie, poterie), une belle exposition d'art ou de photos sur l'habitat tet de jolies salles bien réaménagées. J'ai particulièrement apprécié la cuisine médiévale et le grenier décoré avec des tas d'instruments de cuisine du passé. On a fait ensuite un écomusée (en gros des maisons traditionnelles copiées d'après d'autres maisons traditionnelles pour fabriquer le hameau typique des temps d'avant avec toutes les explications bien claires sur une brochure en français).
Ensuite pif paf, un restaurant typique qui faisait un peu tout où j'ai pu goûter une ginger beer anglaise que je ne connaissais pas (de la witchcraft brewery ce me semble) mais surtout un hors d’œuvre typique des goûts des touristes du coin (hongrois, allemands, autrichiens et russes) : du fromage pané et enfin leurs fameuses saucisses du crû (au demeurant de petite taille et d'excellente texture en bouche, très peu grasses finalement).

J'ai pris un digestif appelé brinjevec (en fait de l'alcool de Genièvre) qui envoie un peu sec au niveau du premier goût et de l'odeur et qui n'est pas fait pour les amateurs de trucs doux et sucrés.
L'après-midi fut la plus honteusement paresseuse de tout le voyage, deux heures dans le grand hôtel et sa piscine bouillonnante avant une petite balade dans le très étrange lieu touristique composé de deux artères piétonnières vides à quatorze heures par un soleil de plomb mais qui se remplissaient de touristes à l'heure de la glace et de l'apéro.
Sur les bons conseils de ma femme (puisque je crois avoir compris ce qu'était leur bière de base), je me suis fendu d'un spritz (qui a le tort, je sais, de mélanger du vin, de la limonade et de l'apérol, que ça ne devrait pas trop se faire quand on est un puriste) parce que j'aime bien le goût de ce cocktail à base de vin...

La route du retour fut plus simple que l'aller (où le GPS nous a fait découvrir des parties très profondes et serpentines de la campagne de la région de Celje dans des routes assez abîmées ou se croiser à deux était plutôt une galère, il faut bien avouer)...
Et pouf...
C'est ma journée dégustation de cochon, j'ai encore deux bières à boire, enfin, y en a une qui est presque finie, bien jolie, avec presque des arômes de fraises ou de fruits rouges mélangés aux fruits jaunes assez classiques du houblon, la Hop and Top (danois, ça madame) qui titre seulement 4 degrés et quelques (ce qui est parfait parce que la deuxième est une coquine qui avoisine les 12 degrés)...
Tu veux que je te cause de la deuxième ? La Heaven and Hell, une bière brune extra-forte avec un nez de chocolat, de pain d'épices et de café et un goût fumé, tourbé et qui tient aussi de ce que t'apporte le nez.
Ah ouais, mon vieux. La journée du gros pichetron, je sais... Mais moi, en vacances, j'ai un peu l'esprit d'aventure pour mon foie et rassure-toi, quand j'ai conduit, je n'avais que le spritz dans le bidon, le petit digestif du midi et la bière au gingembre (4 degrés aussi) étaient passés depuis longtemps.
Je me suis offert un petit verre à liqueur parce que j'avais pas vraiment les moyens de transporter plus de toutes les manières et que j'avais envie de ramener un truc de l'artisanat local verrier qui n'avait absolument rien de kitsch...
Quoi ?
Tu me dis que j'ai bu ce que j'ai bu aujourd'hui pour oublier cette journée de vieux ?
Non mon vieux. Non.
Le meilleur moment de la journée fut sans doute d'être dans la piscine sur une des deux places allongées à strictement rien foutre d'autre que de se demander si je n'allais pas faire aussi une sieste dans l'eau (non parce que j'en ai fait une dans l'herbe et puis une aussi sur un des transats de la piscine couverte)...
Non, dimanche, jour de la glande. JOUUUUUUR de sieste.
Et je vais te dire : c'était parfait. Merci à ma femme d'avoir été là pour ce genre de journée qui n'aurait pas été possible sans elle.
La page du jour, sinon...

(Où j'ai tenté d'appliquer l'adage du jour aujourd'hui)

samedi 23 juillet 2016

Le retour de la malédiction du chargeur maudit...

Ah pitin, tu vois, j'dois m'balader un chargeur de piles pour mon appareil à électrodes et je l'avais déjà oublié en Belgique (il m'est revenu) et ben rebelote.
C'est con quand même cette histoire.
On est deux, on pourrait y penser.
Mais un chargeur discret pendu à une prise eh bien c'est très furtif comme objet. Grmbl. Je l'aime bien ce chargeur justement d'ailleurs parce qu'il est discret, moins encombrant à balader en voyage que d'autres trucs plus lourds.
Quoi ?
Tu t'en fous de mes histoires de chargeur ?
Salaud, va:)
Bon, allez sans déconner, j'ai besoin ce soir de mes électrodes parce qu'il y a eu 260 kilomètres de route, mine de rien et que ça pique un peu, surtout dans les tunnels où la route n'était pas forcément excellente et où les petits à coups de la route ont fait danser des vertèbres qui auraient préféré ne pas bouger.
Je ne me peux pas me plaindre de mon deuxième anniversaire cela dit.





Bon, certes, la balade dans Ptuj fut assez courte (on avait pas mal de route dans les pattes plus un embouteillage de près d'une demi-heure, avec l'énervement de voir tous les allemands, autrichiens ou belges resquiller quelques centaines de mètres en passant par une station de repos pour sortir plus loin, mais passons, je n'ai pas eu à faire de doigt à quelqu'un qui aurait essayé de s'infiltrer après avoir manqué de civisme).
Ptuj vaut surtout en cette saison semble-t-il pour festival de musique (et il y a des lieux très sympathiques pour donner des concerts, notamment le cloître de l'église St Pierre et Paul, mais nous on avait pas le temps de rester pour de la musique. On a assez rapidement circuler dans le centre-ville avant d'aller manger à l'Amadeus (où il n'y avait que quatre clients, nous inclus) du traditionnel de la cuisine slovène. Et là, ok, j'ai été servi avec du gruau compact de sarrasin et des pâtes au cottage cheese en passant par une sorte de brochette de porc, foie de volaille et saucisse accompagnée d'une sauce piquante remplie de légumes pendant que ma femme se contentait d'une salade et de calamars frits avec des frites très bonnes accompagnées d'une sauce tartare maison de très bonne facture. Je recommande l'adresse : Amadeus, Ptuj. Y a bon. Joli cadre, jolie cadre, plats copieux et pas dispendieux pour la qualité et la quantité.



Le clou de notre visite à Ptuj fut la visite du château qui a plus des allures de gros manoir en forme de U. Mais nous avons très apprécié certaines des expositions. La plus remarquable étant celles consacrée aux costumes de carnaval, magnifiques dans cette région, avec des relents de paganisme local très appuyés. Ceci dit, il y avait aussi des tas de portraits des ancêtres du château, ce qu'on nomme des turqueries, l'histoire du château, l'histoire de plusieurs églises locales, une remarquable collection d'instruments de musique anciens et une assez jolie collection d'armes et d'armures (mais pas suffisamment mise en valeur). Je dois avouer avoir kiffer 5 statues qui ressemblent un peu à des caricatures ou alors c'est qu'il y a des hobbits dans la région.
Nous logeons ce soir près de la ville de Celje dans la maison rénovée de la grand-mère de notre hôte qui nous a fait un remarquable pain aux poivrons.
Quoi ?
On dirait des vacances de vieux ?
Ah ben ouais, comme des vieux, on a causé avec un couple de français émigrés du Lot et vivant près de Lyon, et j'ai appris qu'il fallait que je fasse la route du vin appelée Jérusalem...
Je te dis pas que je n'aimerais pas de temps en temps sortir le soir si on était en ville et que c'était facile de rentrer à pied en cas que j'ai bu mes deux bières, mais de un, on ne loge jamais au centre des villes et de deux, ma femme, elle est incapable de tenir la nuit de manière ordinaire et encore un peu plus avec le blob.
Je ne suis pas sûr en plus de pouvoir dégager ma voiture, il y a beaucoup de monde dans le jardin partagé de la maison et la manière de se garer des invités des résidents empêche un brin ma voiture de sortir pour l'instant.
Hein ?
C'est pas de l'aventure ?
Oh putain. Par trente degrés avec un soleil de plomb, un brin si.
Juste un brin, d'accord.
Et si l'exil des anges n'était qu'un conte pour enfants ?
Hu ?
Pourquoi tu me sors ça ?
Tout est conte pour enfants, c'est ce que font les gens après qui est intéressant, c'est le chemin, pas le but. Et crois-moi, en dépit d'un anticléricalisme primaire pour tout ce qui concerne le Dieu unique, on ne peut pas s'empêcher d'avoir des émotions si on est un peu réceptif dans des lieux de culte comme tous ceux que j'ai vus pendant ce voyage ou d'autres voyages.
Et si les esprits de la forêt existaient vraiment ?
Eh eh eh eh... à ton avis mon vieux, est-ce que les esprits de la forêt n'est pas un synonyme pour le mot ange ? Hein ?
Allez, ce fut une bonne journée, j'ai deux bières à goûter, là, je t'en recauserai demain au besoin.
Quoi ?
Et si toi, esprit de l'aventure, tu étais un...
Un quoi ?
Une muse, non, plutôt ?
Oh oh...
Ah non, t'es plus là. T'es déjà parti. Forcément.
La page du jour, quand même...

Ps, la première bière, c'est la Succubus, une IPA slovène, dont le nez me semble plus aller vers des fruits jaunes et de la pomme liane et dont l'attaque en bouche a quelque chose d'acide et du noyau de pêche...

vendredi 22 juillet 2016

Les deux fumeurs de oinj et le p'tit vieux...





Nan, je vais te dire, j'avoue... Y a un moment, tu sais que t'es pas tout jeune, ou du moins que t'es pas un sportif, ou du moins que t'es quand même invalide sur certains trucs, ou en plus tu sais que tes pieds sont tellement fissurés qu'il faut trouver une solution pour marcher moins douloureux (en remettant les bonnes chaussures de marche) et où tu te dis : ça va être la journée un peu brêle du séjour.
Je ne sais pas si on sera capables de refaire autant nonchalant que l'après-midi passée à boire des coups à Plockton quand on avait eu l'incident de voiture et qu'on était bloqués en ne pouvant plus circuler qu'à pieds.



Mais voilà, on s'est contentés de faire les gorges de Vintgar en deux fois plus de temps semble-t-il que ce qu'indique le guide et puis après on était partis pour 40 minutes de virages de fous afin de rejoindre un autre lac, mais hou, midi moins 20, alors qu'on voulait rentrer à Kamna Gorica (là où on pionce, mon cochon) pour le midi.
Bref, on a acheté du local : burek pizza ou burek fromage et des pâtisseries très traditionnelles (qui sont excellentes mais vaguement caloriques, j'aime beaucoup leur gâteau à la crème vanille et fouetté qui ressemble à un de nos milles feuilles mais seulement avec deux feuilles de pâtes, une crème fouetté manière tropézienne et une crème vanille vachement bien montée, y a aussi le Gibanica (Guibanitsa si tu veux bien le prononcer) qui déchire assez.
Mais je reviens aux gorges de Vintgar, si tu veux bien : 4 euros par personne, une foule assez nombreuse, un intérêt certain assez tôt le matin pour la brume qui s'élève de l'eau, une eau très claire et de couleur verte (du fait de la roche), une balade très tranquille normalement si t'as pas quelques pressés du citron qui te bouscule un peu pour avancer (ma femme s'est fait un peu bousculer deux fois). Je ne saurais te dire si ça vaut les 4 euros, oui, sans doute, en prenant son temps, en s'arrêtant où c'est possible pour faire des constructions en cailloux ou juste écouter le bruit de l'eau mais pour qui a découvert de nombreuses gorges dans ses randonnées, ça peut être frustrant de payer pour ça au milieu d'une foule qui doit être infernale aux heures de pointe.
Nous avons ensuite vraiment fait nos merdes et nous ne sommes repartis qu'assez tard pour le village de Kropa situé à 4 kilomètres d'ici. Nous n'avons pas trouvé l'attraction principale, la forge et l'église construite après une apparition de la vierge Marie était fermée. 

Pas grave, avant de visiter le village, nous avons (en dépit des râles joyeux de ma femme en tong, en tachycardie et en tong) grimpé un bon moment dans la forêt après avoir croisé deux fumeurs de shit au loin...

 J'ai laissé ma femme une demi-heure pour essayer de trouver un point de vue d'où prendre de superbes photos de vallées. Je me suis contenté de déclamer seul des bouts de textes que je dois conserver. J'avoue avoir eu deux fois des hallucinations, du genre le mec qui voit des esprits des bois, dues à un petit manque d'oxygène sans doute... Mais enfin, ce n'est pas si grave, j'aime halluciner de toutes les manières.

Nous avons choisi après notre balade dans Kropa (très mignon et charmant) de plutôt prendre l'apéro à la location ce qui m'a donné l'occasion de goûter une édition spéciale de la Lasko, avec plus de houblon (et qui n'a pas un intérêt super majeur, même si le malt est intéressant) et d'attaquer au moment où je t'écris ces lignes de la ashtray heart de la eviltwin brewing (une bière américaine donc) qui sent incroyablement bon (on est presque dans le vin) et qui est peut-être la meilleure smoked porter que j'ai bue de ma vie (soit largement mieux que ce que j'aurais trouvé dans un bar local).
Hu ?
Pourquoi j'ai donné ce titre à cet article ?
Oh ben oui.
Parce qu'après presque une heure de balade (alors que j'avais trouvé les trèfles pas loin d'eux), qui on a croisé ? Nos deux fumeurs de oinj des bois, l’œil un peu éclaté qui nous disent bonjour gentiment, et bam, un trèfle pour chacun.
Et puis surtout, avant de quitter Kropa, j'ai été attendri par un petit vieux sur un banc. Il parlait pas anglais, il a mis quelques secondes à comprendre ce que je lui offrais, mais quand il a souri, cela a fait ma journée.
Voilà.
On aurait pu avoir le potentiel pour s'en aller manger du très traditionnel dans un village pas loin, ce soir. Mais je t'ai dit quoi ? Hein ?
C'est notre journée de brêle... Non, on va profiter de la fin de la journée, peinard, mon cochon.
Demain, c'est mon deuxième anniversaire, celui que je me suis choisi, le 23 juillet, je sais quel cadeau je me ferai en pdf et j'ai impatience de découvrir la petite tasse en poterie que ma femme a acheté hier.
Je te laisse avec ma page du jour...
Et le rappel de la vidéo qui colore ces deux mois d'été...



Post srciptum, allez soyons fou, c'est la journée de brêle, j'ouvre le barley wine, très peu de bulles, caramel, fraise, framboises et une griserie assurée vu ses 11,9 degrés...



jeudi 21 juillet 2016

Bled...





Alors, ok, c'est pas la journée du randonneur de taré dont je vais te parler aujourd'hui.
Mais pour le bémol, je te rappelle que ma femme a le blob en plus d'être sujette à de la tachycardie et quant à moi, eh bien, j'ai des crevasses au pied comme jamais, en partie, dues, je pense, au lamentable état des sandales de marche avec lesquelles je navigue depuis le début du séjour, sandales qui vont aller à la poubelle avant que je prenne l'avion.
Bref, nous avons fait deux trucs de petits vieux : le tour du lac avec 14 euros chacun pour se faire amener en grosse gondole (avec des italiens, des espagnols et deux filles du Kazhakstan) et puis une toute petite balade dans la rue préservée de Radovljica.


Ouais.
Alors, bon, je me suis baigné depuis l'île du lac (pas longtemps, on ne pouvait rester que 40 minutes), 

on a mangé dans la soi-disant meilleure pizza de la région (mais moins bonne, m'est avis que celle de Koper ou d'hier – cela dit, je n'ai pas pris de truffes), on a pris le temps de faire un léger détour, guidé par ma pensée magique.
Tu veux que je te cause de ma pensée magique ?
C'est à cause d'hier, tu vois, je suis perturbé par cette idée d'être un auteur / conteur / toussa, et je me suis dit que si je trouvais un trèfle, eh bien, ça serait un signe.
Mon cochon, j'ai trouvé un des plus gros trèfles à quatre feuilles (en fait deux) d'ma vie en faisant un petit détour par un ancien hameau de meuniers (5 moulins)...



Je sais, normalement, c'est être resté au stade de l'enfance que d'avoir de la pensée magique, mais alors, tu vois, on est plusieurs milliards de coupables et je plaide moins coupable que tous ceux qui sont embarqués dans les schémas parfois trop étriqués de la pensée magique de leur religion. Moi, il ne s'agit que de fulgurances, teintées du moment X, peu importe où je suis. Je peux ressentir aussi bien dans la nature, dans une église ou dans un site païen, ce n'est pas l'objet.
Mais passons.
Je recommande le bain et la balade autour de Bled, je ne pourrais te parler du château (on a fait déjà deux châteaux, vois-tu... Deux) car ma femme est trop crevée avec son blob et sa tachycardie pour faire des trucs normaux.
Il est possible, même, avec un brin de forme physique (pas nécessaire d'être un nageur olympique) de se rendre à la nage sur l'île du lac. Si tu le fais, tu pourras pas visiter l'exposition kitsch de costumes anciens, ni l'église, mais ce n'est pas si grave, ce n'est pas ce qu'il y a de plus beau au monde d'après.
À Radovljica, on s'est arrêtés à une auberge parce que trois chats traînaient à côté, ils appartenaient à deux marchands qui faisaient des poteries. On a embarqué un petit truc qui devrait tenir dans la valise j'espère. Les courses que j'ai fait dans un magasin un peu avant ne m'ont pas permis d'acheter autant de produits locaux et bios que j'aurais voulu dans le petit magasin au premier angle de la rue typique de la ville.
On est assez contents d'avoir vu un écureuil presque noir sur le retour, on a un souvenir ému d'une magnifique maison au bord du lac avec de sublimes statues dans son jardin, j'ai apprécié de parler avec un espagnol sur la gondole (il avait fait un lycée français) même s'il te met la honte au niveau du nombre de langues qu'il parle (français, anglais et arabe)...
On a esquivé les embouteillages incroyables pour arriver au lac en partant tôt à chaque fois.
Et voilà, ma caille, c'est tout.
Je pourrais te causer de la San Servolo croate en american pale ale ou de Grim Reaper Slovène en india pale ale pour te dire qu'elles aident à vachement bien finir la journée.
Je pourrais te causer aussi de l'eau de vie de prune à midi ou de l'eau de vie d'épicéas que j'ai acheté dans la boutique de Radovljica, mais je ne saurais bien analyser tous les arômes et saveurs... Il ne faut pas oublier après tout que les alcools forts sont des genres tout comme les IPAs et qu'ensuite c'est parfois comme pour le whisky, un plaisir plus ou moins fort selon ton état d'humeur et ta réceptivité...
Allez, je te laisse avec la page du jour.



mercredi 20 juillet 2016

Le mec qui doit écrire des sketchs (et plus si affinités)

Le mec qui doit écrire des sketchs (et plus si affinités)

Tu veux que je te dise mon pote ?
Faudrait que je sois deux plus souvent. Ou que tu sois présent plus souvent dans ma tête tu vois ?
Enfin, je me comprends.
Va pas faire croire aux gens que tu es une voix.
Pourtant, t'en serais une, capable de t'exprimer, ça me le ferait bien. Ouais, c'est peut-être avec deux voix que j'improviserai les sketchs...
J'ai deux idées à la con qui trottent mais il n'y a pas que celle-là. J'ai vraiment envie d'écrire un truc très con sur un tour operator sur Carlos le gentil pédophile (oui, oui, c'est trash mais on peut rire de tout, j'en suis persuadé) et puis sur le mec qui fait tout payer au quidam de base, même le droit de pisser ou de respirer. Je me garde ça en tête, c'est devenu une évidence pendant quelques minutes de méditation dans l'église paroissiale St Jacques à Škofja Loka (Chkofïa pour la prononciation)...
Bon, j'ai parfois des épiphanies qu'est-ce que tu veux. J'arrivais pas à m'allonger sur le banc comme ma femme après la sublimissime pizza dégustée dans le village au restaurant Jesharna (Yès-H-arna) et les remarquables lasagnes végétariennes également.
J'ai des fulgurances à la con qui s'imposent. Ce voyage, tu vois, me dit que je me suis sans doute loupé par manque de confiance en moi mais qu'on s'en fout, il n'est jamais assez tard pour faire les choses en grand.
Je reviens à la journée... Belle balade dans Škofja Loka entre les hauteurs du village, le jardin du château, une petite exposition d'une artiste sur l'anthropocène (akasioma.org/survival.kit), la rivière avec ses baigneurs, les anciens bâtiments des Ursulines, les maisons médiévales relativement conservées, la jolie église avec un magnifique plafond, une sympathique vierge et un berger bien étonnant qui soulève sa robe pour montrer sa cuisse derrière un chien qui tient un fromage, la pizzeria excellente (avec un serveur très sympathique).
Jolie balade également dans le petit village de Kamna Gorica où nous logeons et qui vaut pour les petits canaux remplis d'eaux et son passé de village de forgeron perdu dans les collines qui précédent les montagnes.
En gros, ma couille, c'est tout.
Après ça ne serait que des images ou des impressions.
Du genre, internet est totalement foireux ici et on va pas se prendre la tête avec ça, plutôt que de râler, ça me fait marrer dans la pièce salon / cuisine presque la plus grande qu'on ait eu du séjour.
La méditation avec la révélation.
Se poser peinard sur le dessus de Škofja Loka, dans les jardins du château, après avoir touché des arbres plusieurs fois centenaires et lever la voix dans l'espace scénique devant l'amphithéâtre qui a dû accueillir pas mal de spectacles.
Juste profiter du temps présent, même de la fraîcheur du Lidl en faisant quelques courses après une journée très chaude (où on a frôlé sans doute les 35 degrés).
Profiter d'arriver un peu plus tôt que prévu à la location pour découvrir les charmes du petit village (et tant pis pour la mère du proprio qui n'était pas en vue alors que je voulais lui filer le trèfle à quatre feuilles que j'avais trouvé).
C'est court aujourd'hui, hein ? (Surtout que la connexion semble infiniment merdeuse et que je suis pas sûr de pouvoir poster ce soir). Mais c'est la vie, hein... Même en 2016, parfois, eh bien on ne peut pas avoir accès à la toile, c'est comme ça mon canard...
La page du jour, allez...

mardi 19 juillet 2016

Ljubljana...

Ljubljana...
Le nom à la con, hein, si on essaie de le prononcer à la française ?
Bon, ben voilà, on a fait notre journée dans la capitale par un doux soleil et une température avoisinant les 29 degrés.
Bon. Ok, On a pas tout fait de Ljubljana.
Le midi, par exemple, j'aurais aimé manger typique et là, tintin, parce qu'on était au château, qu'il était déjà presque deux heures, que les restaurants étaient un peu chers pour notre budget et résultat on s'en est tirés pour 17 euros bananes pour deux sandwiches, de la flotte et un cheese cake là où la veille ça avait été royal pour un euro de moins.
Mais comment te raconter Ljubljana et son château ?
Oh, c'est simple, vas-y. M'est avis que ça doit être totalement cool de faire la capitale en trois jours pour tout voir. Mais en une journée, eh bien, on a vu le principal : le château, une partie de parc de Tivoli, les bords de la Ljubljanica, le quartier de Metelkovo Mesto (une sorte de lieu hippie / grunge / libéré bourré de graffitis et chantre de la libération sexuelle), le brasserie Union (enfin juste la partie bar), les principaux ponts du centre-ville.
On a résisté, mais notre budget nous y aidait, à acheter un pot contenant deux truffes blanches à 115 euros.
Ma femme a pu goûté dans un café recommandé par Lonely Planet une glace à la mangue.
J'ai personnellement pu goûter deux IPA, une sur les bords de la rivière et une autre à la brasserie Union où j'ai préféré tenter les trucs qui envoyaient un peu plus niveau goût que la Pills de base et je me finis tranquillement sur la dernière dégustation de la journée : la warrior pale ale de chez Reservoir Dogs (une brasserie slovène) qui a un nez incroyable fr fruits jaunes et un peu de banane peut-être, mais moins d'amertume en durée que ses deux précédentes consœurs de la journée...
Alors ? Tu me demanderas, content toto ?
Oui. Content.
Il nous manque certainement un jour pour être totalement satisfait et une nuit pour voir ce qui se passe à partir de minuit dans le quartier de Metelkovo Mesto, mais ce n'est pas grave.
J'aurais aimé avoir deux heures de plus devant moi pour tout lire de l'histoire de la Slovénie dans la galerie qui lui était consacrée au musée, mais je peux tout trouver sur internet.
Dans le château, le plus remarquable a sans doute été l'exposition de photos du national geographic et l'exposition de marionnettes (et pourtant, j'ai un gros a priori sur les marionnette depuis tout petit qui s'est totalement résorbé cette année, certes)... La vue depuis le château vaut pour découvrir le site, une grande plaine entourée de montagnes. La ville elle-même, n'a rien de fantastique depuis la hauteur, les immeubles de la grande ère du socialisme ont mangé une partie de l'histoire.
J'ai encore fait plaisir à quelqu'un, un beau gosse avec sa belle nana en lui offrant un trèfle à quatre feuilles.
J'ai apprécié de voir des handicapés de type trisomiques être serveurs dans un bar.
J'ai esquivé le fou de service qui rôde dans la ville et les poivrots dans un parc.
J'ai apprécié les formes gracieuses des locaux qui ont des tendances plutôt saines et athlétiques.
J'ai passé une bonne journée.
J'aurais sans doute apprécié de faire le beer tour, mais au final avoir découvert par moi-même ces deux IPA était tout autant intéressant.
Et puis il y avait aussi la cathédrale Saint Nicolas qui était une pure claque niveau décoration d'intérieur et qui avait les plus belles portes (faite pour l'arrivée du pape dans les années 80) que j'ai vu de ma vie (enfin, m'est avis)...
On s'était dit ce matin qu'on retournerait à Ljubljana demain matin, mais je crois que les jours qui nous attendent vont être chargés en découverte de lacs et de montagnes et qu'il y a aussi un village médiéval au programme.
Tant pis.
Une journée, déjà, c'était pas si mal. Surtout qu'on ne se la joue pas noceurs tardifs.
Je te laisse avec le lien de la page du jour :

lundi 18 juillet 2016

Koper...







Bon mon vieux, c'est pas tant le magasin de bières découvert par hasard avec un vendeur excellent avec lequel le feeling est tout de suite passé.
C'est pas non plus être monté en haut du beffroi et avoir pris les cloches de midi presque dans la gueule au niveau du son.
C'est pas forcément pour moi le plus beau chemin de croix que j'ai vu de ma vie dans une église (j'ai adoré le style des peintures de la cathédrale de l'assomption à Koper)...
Ça pourrait être l'excellence de la pizza à la pancetta et aux truffes (si si si sans déconner) à midi, mais non plus.
On pourrait causer du monastère de Sainte Anne, très calme et reposant, en dépit du fait qu'ils se soient fait piquer presque toutes leurs reliques pendant la guerre (ils les avaient mises ailleurs pour les protéger des bombardements et ça n'a jamais été rendu)...
En fait, c'est un tout.
Ça n'a l'air de rien, mais voilà, j'ai vachement aimé Koper. Tout. Chaque magasin où je suis rentré. Le seul bémol était peut-être le duo de poivrots locaux qu'on croisait partout et qui sentait vraiment pas la fleur, mais même eux doivent faire partir du paysage.
Le plus bonus était sans doute qu'il y avait peu de touristes et que la ville était à visage humain en dépit de l'énorme porte-conteneur et de l'immensité des docks situés au faubourg de la ville...
Une bonne journée, je te dis.
J'ai fait une heureuse de la vendeuse du bar sur la station d'autoroute en lui offrant un trèfle à quatre feuilles. Un bonus, mon cochon, un bonus.
Ça va bientôt être l'heure de goûter une des bières achetées dans ce petit magasin de passionnés (pillé de pas mal de son stock par un week-end assez intense) et j'ai hâte de voir ça.
D'autres images ?
J'ai mis un euro au lieu de cinquante centimes pour un cierge dans la cathédrale de l'assomption parce que j'ai vraiment été scotché par le chemin de croix.
Moi et une famille de quatre individus d'une nationalité que je ne connais pas (difficile de percevoir parfois) qui faisons des vocalises pour tester l'écho du beffroi en descendant et le sourire d'un jeune couple et de la caissière en bas (ça mettait de l'animation).
Le greffier gris vachement sympa au pied de l'immeuble où on réside ce soir.
Se poser tranquillement à midi dans cette pizzeria choisie au hasard pour calmer la faim de ma femme et découvrir qu'elle était presque uniquement fréquentée par les locaux...
Le petit expresso commandé dans une taverne ce matin et le petit vieux qui siffle son petit blanc plus vite que je ne bois mon café.
Faire cette petite connerie d'album facebook :
Et la page du jour :

dimanche 17 juillet 2016

Istarko pivo

Glou glou esprit de l'aventure !
Nan mais tu vois, j'ai acheté deux bières artisanales et dans des types différents (blonde et ambrée pour la bura brew et classique et american pale ale pour la slovo), mais faut pas être couillon et sur ses grands chevaux, j'ai aussi voulu voir le niveau de goût moyen des gens du crû. Je suppose que l'Istarko pivo est une des bières soi-disant de base les plus consommées par ici.
Et je me prends à regretter de ne jamais avoir goûté de number one, la bière de là-bas, dis, en Nouvelle-Calédonie, parce qu'il paraît qu'elle est bonne dans son registre.
Mais je reviens à l'istarko : houblonnée, presque sans arrière goût de malt (ou du moins discret), une amertume citronnée qui dure en bouche, une odeur de fruit jaune et sans doute de citron et une attaque en bouche un peu comme les bières blanches.
Je ne suis pas sectaire sur la bière, mon gars. J'aime un peu tout du moment que ce n'est pas de la merde et je dois avouer qu'ici, eh ben, quand tu bois la bière de base de chez toi, c'est quand même autre chose qu'en France où c'est franchement pas la joie, pitin.
Hein ?
Si je ne vais te parler que de la bière ?
Non. C'est juste que planté dehors, avec les oiseaux qui chantent comme hier, le pauvre vieux chien aveugle et diabétique de la maison à côté de nous et la bière installée à côté de moi, j'ai choisi de focaliser sur la bouteille...
En face de moi ma femme explique en français à un chien croate qu'elle n'a rien pour lui et le chien continue à remuer de la queue, heureux d'être en présence d'êtres humains.
Bon, sinon, sans déconner, aujourd'hui on a visité Pula assez rapidement dans ses ruelles et en prenant notre temps dans nos deux arrêts payants : le château qui domine la ville avec son petit musée et puis les arènes.



Sur le château, vu la vue (ah ah ah) et le temps passé, je ne regrette pas les trois euros dépensés par personne. Je dois avouer avoir apprécié les trois expos : l'histoire de la résistance croate aux italiens fascistes puis aux nazis, une exposition de vieilles cartes postales datant principalement de l'âge du boom des cartes (1897 à 1918 – ah ah ah, tu n'étais pas au courant, hein?) et les enfants malades de la tuberculose ou scrofuleux (avec des photos très dures, cependant) du début du siècle.
Sur les arènes, j'ai quasiment préféré voir les techniciens démonter la scène du dernier spectacle, les deux pauvres gars déguisés en légionnaire qui essayer d'attendrir le chaland pour que ce dernier paye 20 couronnes pour poser sur une photo avec eux et l'expo sur les amphores et la production d'huile du temps des romains (hou, j'ai des activités trépidantes, n'est-ce pas?).
C'est un peu cher payé 7 euros par personne (une hausse de 150 % en dix ans) alors qu'on peut voir les arènes depuis l'extérieur des grilles, mais passons... pas de regret, parce que je me revois posé sur les marches de pierres, comptant le nombre de sièges installés dans l'arène elle-même pour le précédent spectacle et me dire, putain, là, on place 1600 personnes, le pied que ça doit être de jouer devant 1600 personnes et le peu de place que cela prend finalement...
Je te cache pas qu'on a profité de notre location pour revenir manger ici à midi et faire une sieste nécessaire (vu que ma femme a toujours le blob, ça passera, mais là, elle est crevée). L'après-midi, nous sommes allés sur la péninsule de Premantura (avec des routes très caillouteuses, tu payes 40 couronnes là où c'était 15 il y a dix ans) pour balader en compagnie sans doute de plusieurs milliers de personnes sur la péninsule qui vaut pour tous ses endroits où tenter de se baigner et pour la faune et la flore relativement préservées...
Je n'ai qu'un regret de l'après-midi, celui de ne pas avoir sauté d'une falaise après avoir regardé des gens le faire pendant au moins une demi-heure. C'était très drôle d'observer cela. J'ai perdu à pierre papier ciseaux avec ma femme qui ne voulait pas que je saute. Ceci dit, vu l'état de mon bras et la hernie au cou, c'était sans doute raisonnable. Parfois, ça fait chier encore, tu vois, de se dire qu'on est limité. Je le ressens normalement surtout dans le marathon théâtre où je ne peux pas faire l'homme fort. Mais bref, j'ai compensé l'incapacité avec l'empathie. Un gamin français d'une douzaine d'années qui faisait le bravache en sautant du plus haut point, mais sans faire un salto car il ne voulait pas aller au lycée en étant mort, m'a bien fait marrer.
Après un bain dans une crique remplie de cailloux, on a trouvé un autre endroit (après que j'ai trimballé ma femme dans des chemins piétonniers trop remplis de ronces) où il y avait enfin du sable et je me suis rebaigné.

Et là, révélation, mon vieux, faut travailler les muscles et la natation c'est ben peut-être ce qu'il me faudrait. Non pas que toutes les douleurs s'estompent (elles sont là après, mais peut-être en bien), mais au moins certains mouvements sont plus aisés et tu fais travailler ce qui doit l'être.
On va essayer en rentrant de briser le cercle vicieux du : je peux pas faire d'exercice à cause des bobos, les muscles fondent d'autant plus et contractent encore plus, donc j'ai plus mal.
Mais passons, on s'en fout.
T'es pas là pour m'entendre me plaindre, t'es là pour m'entendre te dire que oui, si j'avais gagné à pierre papier ciseaux, j'aurais sauté. Parce que c'est ça... quand il y a une décision à prendre où deux personnes ne sont pas d'accord, trancher les choses au hasard (ou à pierre papier ciseaux), c'est pas plus mal. On évite d'être frustré. Le destin a choisi.
Allez, je te laisse. L'istarko est finie (je l'avais commencée à midi) et j'attaque la bura brew en ambrée.

À demain, ma caille...
Ah si, et si je devais te laisser une seule image de cette journée, c'est depuis cette petite table, posée devant le studio de notre location, à observer le ciel et a remarquer deux nuages en forme d’œil avec une sorte de point entre les deux et puis un oiseau qui vole entre les deux yeux. Il y avait quelque chose de presque mystique dans mes quelques secondes d'observation, une mise en abîme, le ciel qui me regarde comme je pourrais regarder mon ciel intérieur et me dire, après avoir déclamé quelques vers du songe d'une nuit d'été dans une arène et dans un amphithéâtre : il n'y a que ça pour quoi je suis fait...  

Houps, l'image con (suggérée par ma femme)

Et puis enfin, la page du jour...